Dimanche, à 3 heures du matin, il sera 2 heures
Depuis, 30 ans c’est ce qu’on entend une fois par an. L’occasion pour nous de revenir sur l’origine de ce changement d’heure et de ses conséquences.
Benjamin Franklin est le premier à penser à décaler l’heure afin d’économiser l’énergie en 1784. Mais lui pensait à se lever plus tôt, et non pas à décaler les horloges. Cette idée est oubliée jusqu’en 1907, et en 1916 le parlement britannique établit le British Standard Time, en avance d’une heure par rapport à l’heure du méridien de Greenwich. L’idée est reprise par plusieurs pays d’Europe après la guerre.
En France, nous avons changé d’heure entre 1916 et 1945, puis l’idée a été abandonnée et reprise en 1976. La décision a été prise en 1975, pour réduire les consommations d’énergies afin de faire face au choc pétrolier de 1974. Nous sommes plus ou moins sur le méridien de Greenwich. Nous devrions donc être à l’heure GMT en hiver et GMT + 1 heure en été. Or, en hiver nous sommes déjà à l’heure GMT + 1 heure. En été, nous avons donc 2 heures de décalage par rapport à l’heure solaire. On parle de "double décalage", permanent et saisonnier. La France se retrouve ainsi à la même heure que celle des pays de l’est de l’Europe.
Grâce au changement, les heures d’activités humaines correspondent mieux aux heures d’ensoleillement, et on utilise ainsi moins d’éclairage artificiel (qui représentait 11,9 % de l’utilisation totale d’électricité en France en 1999). On estime qu’on économise 1,2 à 1,3 TWh par an, ce qui correspond à une réduction d’environ 4 % de la consommation d’éclairage, et de 0,28% de la consommation totale d’électricité en France.
Apparemment, le changement d’heure est bénéfique pour l’économie. Pourtant, certaines personnes affirment le contraire. Les économies d’énergies faites le soir sur la lumière seraient compensées le matin en avril et octobre par le chauffage et la lumière. L’installation de plus en plus fréquente d’ampoules à basse consommation réduit également la consommation d’électricité, et par conséquent réduit l’écart de consommation entre été et hiver. De plus, les nouveaux loisirs comme le home-cinéma, l’ordinateur, les consoles de jeux vidéos, sont souvent utilisés le soir et consomment autant, qu’il fasse jour ou nuit. Le changement en lui-même est déjà une perte d’argent : il faut remettre les horloges publiques à l’heure, prévoir des horaires spéciaux dans les transports pour cette nuit-là.
Plusieurs secteurs du monde du travail souffrent du changement d’heure. Dans le domaine de l’agriculture, les vaches laitières sont moins productives après le changement d’horaire. Elles sont stressées, donnent du lait de moins bonne qualité et en moindre quantité pendant un certain temps. Dans le secteur de la construction, le travail est mise en place par les conditions météorologiques et l’heure solaire. L’été, la journée doit commencer plus tôt et se finit alors qu’il fait encore jour. De plus, après la pause déjeuner entre midi et 14 heures, on se trouve à midi heure solaire, au maximum de la luminosité et surtout de la chaleur. Enfin, les personnes qui travaillent avec le système des "trois-huits" vont commencer leur journée la nuit quand ils sont du matin, notamment en avril-mai, alors que sans le changement d’heure ils pourraient commencer quand il fait déjà jour. Cet argument est également applicable aux enfants qui prennent les transports scolaires dès 7 heures le matin.
Au niveau sanitaire, on trouve également des arguments contre le changement d’heure. En été, on gagne une heure le soir, donc on se couche une heure plus tard, on dort une heure de moins, ce qui est considéré par le monde médical comme une source de fatigue supplémentaire. Néanmoins, les soirées claires permettent de faire du sport plus facilement, chose bénéfique pour toutes les tranches d’âges. Par contre cette conclusion ne tient pas compte du fait que cette période correspond à une meilleure météo et aux vacances. De plus, le changement d’heure dérègle le rythme biologique. Pendant un certain temps, on va continuer à se coucher plus tard ou de se lever plus tôt, du fait de la clarté et de la chaleur persistante malgré le changement d’heure. Néanmoins ce paramètre change selon les personnes. Enfin, en été, le pic de circulation correspond à une heure où les rayons du soleil sont encore importants, entraînant ainsi une augmentation de la concentration en ozone.
Alors que faut-il faire ? Garder ce système, le modifier, ou le supprimer totalement ? Quoi qu’il en soit, dimanche, à 3h du matin, il sera 2h.
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