L'Italie sans gouvernement ...
Demission du chef du gouvernement italien ...
Le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, a présenté hier soir sa démission au chef de l'Etat Giorgio Napolitano après l'échec essuyé par sa majorité au Sénat sur la politique étrangère, ouvrant une grave crise politique dans la Péninsule.
L'Union de la gauche dirigée par Prodi avait remporté de justesse les dernières législatives en avril 2006, mettant fin à cinq ans de pouvoir de Silvio Berlusconi.
Le chef de l'Etat a annoncé qu'il "réservait sa décision" sur la démission du chef de gouvernement nommé le 16 mai dernier et entamerait dès aujourd'hui des consultations politiques.
A l'issue de ces entretiens, le président peut décider de maintenir sa confiance au chef du gouvernement sortant, choisir une autre personnalité de la majorité, opter pour un gouvernement technique ou dissoudre le Parlement et donc provoquer de nouvelles élections.
Le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi a été mis en minorité hier lors d'un vote sur la politique étrangère, qui présente deux pommes de discorde avec la gauche radicale, l'engagement de 2.000 soldats italiens en Afghanistan et le feu vert contesté de l'élargissement d'une base américaine à Vicenza (nord).
La majorité requise au Sénat pour adopter la motion de soutien aux orientations de politique étrangère était de 160 voix mais le gouvernement n'en a obtenu que 158 tandis que 136 sénateurs ont voté contre.
"Démission, démission", ont aussitôt crié les élus de droite.
Le gouvernement de Romano Prodi ne dispose que d'une voix de majorité au Sénat et doit compter sur les voix des sept sénateurs à vie dont le vote est fluctuant.
L'abstention de deux sénateurs à vie et de deux communistes est responsable de cet échec, selon les sénateurs de gauche.
Il s'agit du plus gros revers pour le gouvernement de Romano Prodi depuis qu'il est arrivé au pouvoir après le scrutin du printemps 2006 et la défaite de Berlusconi.
C'est la troisième fois que l'ancien président de la commission européenne est contraint de présenter sa démission après 1997, où le parlement lui avait revoté la confiance, et 1998, où il avait dû céder la place à son allié de gauche Massimo D'Alema.
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