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A propos du monde actuel

6h30, le réveil sonne, j'ouvre les yeux et me voilà de retour dans ce monde auquel je n'ai pourtant pas le sentiment d'appartenir. Je dois encore faire face à une journée identique à la veille et au lendemain, une longue journée qui ne tiendra qu'à attendre impatiemment le soir où j'irais me coucher, rejoindre le monde des rêves, mon propre univers avec mes propres idéaux.
Alors à contre cœur je sors de mon lit. Je m'habille sans me regarder dans la glace, je ne peux pas me voir moi-même tellement le regard des autres me terrorise chaque jour.
Je suis étranger de ma famille et prisonnier de moi-même car je ne corresponds pas à ce que mes parents voudraient que je sois, et je suis malgré moi fatalement ce que je suis. J'ai pourtant longtemps prié le ciel de ne pas me faire homosexuel.
Il est terrible de ne pas être accepté tel que l'on est, mais il est d'autant plus douloureux de ne pas s'accepter soit même. Je dois affronter ma vraie nature jour après jour avec le rejet de ma famille. Elle qui a tout essayé pour me guérir de cette maladie, ce handicap que je dois subir, mais en vain. Maintenant mes propres géniteurs me détestent car je suis leur erreur, ils voient en moi l'échec qu'ils ont commis et je ne suis à mon tour pas près de les aimer car ils n'ont pas réussi à me changer, ils m'ont raté.

Je mets mon sac sur le dos et prends le chemin du lycée, laissant derrière moi l'horrible maison où j'ai grandi. Je marche à toute allure, essayant de doubler le temps pour qu'il me ramène vite au fond de mon lit,
c'est stupide mais c'est la course que je mène chaque jour.
Au dernier moment, à peine la sonnerie avait retenti, je pénètre dans le bâtiment et me joins à ma classe.
Je dis bonjour à trois de mes camarades, mais comme d'habitude personne ne me répond et ils s'en foutent bien de me voir pleurer.
L'indifférence ne les tuera pas, ils sont si parfaits et ils préfèrent évidemment ne pas s'interroger sur le malheur autour d'eux, c'est comme ça pourtant qu'ils contribuent au mien.
Les heures passent lentement et je suis toujours assis là, seul à regarder les adolescents modèles autour de moi, ceux qui ne se reprochent rien et qui se ressemblent.
Tous ensembles ils sont forts mais moi je ne fais pas parti d'eux, je suis trop différent. Je voudrais tant me joindre à ces gens, ils ne réfléchissent pas et ne mènent pas cette course tous les jours, seuls. Ils sont heureux et ne se posent pas de questions, je voudrais être indifférent, correspondre au model de la société, ne plus ressentir cette solitude.
Je suis réduit à admirer les gens qui causent mon mal être, je ne suis plus une personne à part entière. Je ne vis plus, je ne fais que rêver d'une vie que je n'aurais jamais car je ne fais pas parti de la catégorie de gens qui ont droit au bonheur.
Meme si je poussais toutes sortes de cris personne ne les écouterait, les gens sont aussi sourds qu'aveugles devant un être qu'ils font souffrir, ils rejetteront la faute sur les autres, mais ils sont tellement nombreux qu'en fin de compte aucun n'aura ma douleur sur la conscience.


Enfin 5h, l'heure de quitter le lycée et enfin me retrouver seul. Je n'ai pas envie de rentrer chez mes parents, comme tous les soirs je retarde le plus possible ce moment, pour directement aller dormir et tout oublier. Alors je marche, je sillonne
les rues au hasard sans savoir où aller. Après trois heures d'errance je me résous à m'assoir sur un trottoir, les pieds dans le caniveau.
Soudain il se met à pleuvoir alors je regarde les détritus défiler avec le courant entre mes pieds, et des rats se mettent à remuer, à grouiller sous le trottoir. On peut sentir les vibrations et s'imaginer combien ils peuvent bien être à vivre là
dessous, tous cachés, menant leur vie en communauté. Finalement je ne suis pas le seul à être rejeté.
La nuit commence à prendre place, il est temps de rentrer. Je me dirige vers la maison de mes parents, le pas lent. J'ouvre la porte et monte à l'étage me coucher, sans prendre la peine de saluer ma mère ni mon père, qui eux même préfèrent oublier que j'existe.
Au fond de mes draps, je commence à réfléchir, c'est inhabituel, en principe je tombe dans un sommeil profond sans me poser de questions, là c'est différent.
Pourquoi ma différence m'empêche-elle d'être heureux ? J'ai laissé toutes ces années la société m'inculquer que le bonheur n'était pas pour moi. Alors je me suis conformé à celle-ci, la laissant m'enlever tout sentiment de vie. Maintenant je vais continuer
à croire en elle et elle continuera son œuvre. Je me suiciderai, on dira que je me suis donné la mort, mais c'est en vérité la société qui m'aura tué.

Histoire publiée le 22/09/2007 à 19h00.
Thèmes : Adolescence, Homosexualité, Peine, Rejet, Société, Tristesse

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
Dernière visite le 01/03/2012 à 13h33

Dernière visite le 01/03/2012 à 13h33 Tsunade47 Dernière visite le 01/03/2012 à 13h33 - Voir ses histoires
 

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Commentaires

Avatar de tsunade47

Par tsunade47 le 26/03/2009 à 20h53
veux des coms sur mes dessins T_T !!!!!!!!!!!!!!!!

Merci mon ptit crod ^^

mais ce n'est en rien autobiographique hein.

Avatar de tenshin

Par tenshin le 21/08/2008 à 01h57

Magnifique.

Deplus il est vrai que le tôt de suicide chez les homo est beaucoup plus élevé et presque que personne ne considère cela comme un meurtre, alors que pousser une personne au suicide c'est un meurtre selon la loi.

maudite socièté injuste.èé

Avatar de ayashi-shan

Par ayashi-shan le 21/05/2008 à 09h22

Très belle façons d'écrire j'adore.

Et puis c'est tellement vrai. Que l'on assume ou pas il y aura toujours cette société d'idéaux déchut qui nous tueras.
Mais n'oublie pas on a tous le droit au bonheur et se n'ai pas parce que l'on ne rentre pas d'un une casse définie par un monde imparfait que l'on doit se sentir coupable. Nous somme ce que nous somme un point c'est tout ^.^.

Avatar de el0diie

Par el0diie le 22/02/2008 à 19h20
:)

=) je trouve le texte beau, sincère et réel... malheureusement.

Je trouve sa désolant que certaines personnes vive mal leur homosexualité... pour moi, se ne sont pas des gens différents.

on né comme on est, et on emmerde les autres

Avatar de fereyd

Par fereyd le 30/01/2008 à 18h45

j'ai beaucoup aimé.
et pis je vois que je suis pas le seul dans ce cas

Avatar de upermuk

Par upermuk le 06/11/2007 à 22h55
Houwouwou gragnagna !

Whap pas mal, pas mal. Bien tapé !

Avatar de o-0reveuzz0-o

Par o-0reveuzz0-o le 01/11/2007 à 21h54

c'est trop magnifique...

Avatar de milly54

Par milly54 le 30/09/2007 à 19h47
de retour :p

magnifique...

Avatar de antigon3

Par antigon3 le 30/09/2007 à 17h42
{inj3tiOn d'un3 dOs3 d'utOpi3...}

waouh!!! mais c'est magnifiquement émouvant comme histoire! et les mots, les mots si justement écrits pour dénoncer l'injustice de cette société immorale!!
encore bravo!
de tout coeur avec toi!
Antigon3...

Avatar de crod

Par crod le 30/09/2007 à 16h59
J'ai même déjà dépassé les 6..

ohhhh c'est magnifique et triste, bourré d'émotions, j'aime beaucoup beaucoup !

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