A quoi ça sert?
Elle est collante, elle est envahissante, avec tout le monde. Surtout avec ceux qu'elle aime. Elle "harcèle" presque. Elle en effraie certains. "Elle est adorable, il n'y a pas de souci, mais c'est vrai qu'elle me fait un peu peur." Que répondre à ça? "C'est une maniaque!" Que répondre à ça?
Que répondre à tous ces gens qui ne comprennent pas? La vérité? Surement pas. Ils ne la comprendraient pas. Alors, elle la garde pour elle et pour les gens qui savent, déjà.
Elle a peur d'être abandonnée. C'est une peur maladive, étouffante, envahissante, désespérante, oppressante. Alors elle s'accroche à tout. A eux, à elles, aux gens qu'elle aime. Mais beaucoup s'agacent et l'abandonnent. C'est dur, elle ne sait pas faire les choses à moitié. Elle est envahissante, exaspérante, beaucoup trop expansive.
Elle le sait bien. Mais il y a cette peur irraisonnée qui la tient. C'est effrayant, cette chose. Cette peur qui l'envahit. Elle effraye "les autres". Et Il. Bien sûr. Elle a peur d'être oubliée. Elle n'agit pas comme il faut. Elle ne dit pas ce qu'il faut. Elle n'a pas assez de recul. De toute façon, tous. Tous. Ils finissent toujours tous par partir. Ils promettent de toujours rester, puis ils partent. Tous. Ils finissent toujours par le faire.
Alors, plus elle a aimé et plus c'est dur. D'abord, le choc. Une envie tenace, insidieuse, glacée et implacable. Une envie de mourir. L'exécution passée, c'est le calme. Le néant vaste et noir. Mais elle ne meurt pas. La mort n'en veut même pas. Médicaments. 25 jours de maux de tête. Les articulations qui se raidissent, des membres douloureux. C'est une forme de Spasmophilie à ce qu'on dit. Des nausées, des maux de tête de plus en plus violents. Un désespoir si profond qu'il n'y parait même plus. Mais elle vit quand même. Mais elle rit quand même.
Ces maux de tête, c'est bizarre. En plus, les mots et les lettres se mélangent. C'est incroyable, sur une seule interrogation de vocabulaire allemand, le nombre de lettres inversées. Les doigts qui se figent sur les cordes du violon. C'est effrayant. Les étourdissements, quand le monde devient blanc l'espace d'une seconde. Quand le monde tourne.
Hémorragie? Tumeur? Fatigue. Il faut aller voir un neurologue. Un rendez-vous? "Avez-vous pris le rendez-vous?"
Pas encore. On repousse la date, on l'éloigne, mais ça ne s'arrête pas. "Peut-être que ça ira mieux demain!", mais ça ne s'arrête pas. Les maux de tête sont de pire en pire. La douleur, dans les jambes, aussi. Les chevilles qui ne tiennent pas bien droites. Elle ne compte même plus les fois où ses souliers dérapent. Après tout, elle a toujours réussi à se rattraper.
Mais c'est effrayant, ces doigts qui se figent, cette douleur lancinante, cet abandon total. Elle est lucide. Elle le voit bien, que ce n'est pas normal. Elle a des amis, des parents gentils, un frère, une sœur, un toit, à manger, du chauffage, des activités extrascolaires, des sorties au cinéma.
Elle discute avec sa conscience :
_Et si c'était grave?
_Mais non, ça ne l'est pas.
_ Ah.
C'est vrai, si c'était grave? Elle serait soulagée. Elle est si fatiguée. Elle est si lasse d'être tombée. Elle est fatiguée de pleurer. Fatiguée de déranger, fatiguée d'effrayer. Fatiguée de n'exister qu'en superficialité.
Elle sait ce qui cloche, alors? Ce serait si simple de pouvoir se détacher d'elle-même. Ce serait si simple. Mais il y a la peur. Pour au final être abandonnée quand même.
Alors, à quoi ça sert?
Elle discute avec sa conscience :
_ Et si c'était grave?
_Mais non, ça ne l'est pas.
_Ah.
_ Ce qui est grave, ce qui inquiète, ce n'est pas ça.
_Ah? C'est quoi alors?
_ C'est ton refus silencieux. Ton refus de vivre.
Peine, amour, solitude. Passion, abandon. Peur. Mais c'est effrayant, quand même, ces doigts qui se figent sur les cordes du violon. C'est effrayant. C'est troublant. Ce silencieux refus de vivre.
Ce refus de vivre.
Histoire publiée le 02/12/2009 à 20h21.
Thèmes : Amour, Peine, Solitude, Suicide
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Par blooody-rose le 11/12/2009 à 17h56
Enfin presque.
Merveilleusement triste
Par chapitre-parade le 11/12/2009 à 08h41
Il était une fois . .
Woh' j'aime tous ces paragraphes, à peine on en a fini un, qu'on veut savoir ce qui passe, je trouve la fin, vraiment très ... classe. Jolie histoire superbement bien écrite
Par gothique-jess le 05/12/2009 à 21h12
L'amour c'est comme un rêve,ça ne fait que grandir
Magnifique Histoire 5*
Bisous ma Dadine
Par andrea1 le 05/12/2009 à 19h49
Jusqu'à hier.
Magnifique! J'adore, j'adore...
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