Ain't no sunshine...
C'était à chaque fois pareil. Elle me laissait là, chancelant, le coeur au bord des lèvres, l'impression que je me liquéfiais sur place. Je n'avais aucune chance avec elle. Elle me regardait de son air si particulier, m'envoyait un baiser du bout des doigts et ouvrait la porte pour disparaitre dans le soleil. Et moi je restais à chaque fois, incapable de bouger un muscle, tétanisé, brisé. J'attendais qu'elle revienne, car elle revenait toujours, pour me torturer de son sourire, me planter sa tendresse dans le coeur, et m'étouffer sous son amour. Je n'ai jamais eu une seule chance de m'en sortir avec elle. La première fois que je l'ai vue, elle se balladait dans ma rue, indifférente aux regards des hommes, marchant, fière et droite, comme si la rue lui appartenait, comme si tout n'avait été fait que pour elle. Je suis tombé sous le charme de sa beauté sombre, de son sourire mystérieux et de ses yeux implacables. Lorsqu'enfin j'osais l'aborder... je crus qu'elle allait éclater de rire et m'envoyer siffler la haut sur la colline. Il n'en fut rien. Elle fit de moi sa chose en un claquement de doigt.
Je n'ai même pas essayé de m'enfuir. elle m'avait ensorcelé. Au début nous ne nous voyions que de temps en temps. Elle venait quand elle voulait. Si je n'étais pas chez moi elle me laissait un mot sur la porte "tu n'étais pas là. On se verra une autre fois. Peut-être". Elle ne revenait que quelques mois plus tard, la cruelle. Elle dirigeait ma vie. Tout tournait autour d'elle. Plus rien ne comptait qu'elle. Elle avait envahi ma vie. Je n'essayais même pas de lutter. Je n'en avais ni la force ni l'envie. Je me coupais de mes amis pour pouvoir la'ttendre chez moi, espérant chaque soir la voir arriver. Je travaillais comme un forcené pour pouvoir finir plus vite et l'attendre. Ma vie n'était plus qu'une longue attente d'elle. Mais lorsqu'elle arrivait enfin... Cette attente s'effaçait de ma mémoire et ne comptait plus que sa présence, sa divine présence. S'ensuivait des heures extraordinaires ou elle emplissait tout mon espace. Elle m'asservissait, elle me poussait, me dominait puis sans prévenir se faisait douce et petite, menue entre mes mains, fragile, petite fille à consoler et à protéger. Et au matin... Elle se levait, me regardait, me souriait et s'en allait, sans un mot.
ça dure depuis des mois et des mois... Et je ne m'en lasse pas.
Histoire publiée le 07/11/2006 à 10h09.
Thèmes : Amour, Désespoir, Désir
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Par artificialflower le 08/12/2006 à 21h57
give you the gun..blew me away
excellent
Par lawla077 le 08/11/2006 à 19h59
tres bien decrite
Par laetin le 07/11/2006 à 16h01
j'ai cessé d'exister le jour où tu lui as souri!
Tres jolie histoire
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