Ami d'enfance
Je retourne en arrière, les images défilent à toute allure dans ma tête. Je revois tout absolument tout : Les rires, les jeux, même les pleurs. Tout y passe. Au milieu de toutes ces images, il y a lui. Ce petit garçon souriant de toutes ses dents, légèrement potelé, mignon à croquer. Il joue, il rie aux éclats. Je reviens dans le passé, tous les visages effacés par le temps deviennent clairs…
« Laureline ? » Je tournai la tête vers ma mère, moi, minuscule petit bout de 6 ans. M'avait-on au moins appelé ? Comme je ne répondais pas, la grande femme brune et svelte s'avança vers moi, ne manquant pas de soupirer longuement au passage.
« Laureline, on va chercher Léo, mets tes chaussures ! » Là, ce fut à mon tour de soupirer. Je détestais marcher plus que tout. Mais je pensais à mon ami et sourit, me dirigeant vers ma mère. Léo était un garçon du même âge que moi, brun, les yeux en amandes et bien bâti, que ma mère, Bérénice, gardait. Il avait été difficile au début d'accepter cet enfant qui répétait sans cesse : « Nounou, Nounou ! », mais je m'était vite habituée à partager ma mère, et je m'en étais fait un ami. Tous les jeux qu'il inventait, toutes les bagarres, m'avaient entièrement séduites. J'avais grandi, nous avions grandi. Puis un jour, sans prévenir, sa mère avait déménagé. Comme ça, du jour au lendemain, pouf ! J'avais tapé du pied, pleuré, hurlé, et je m'étais roulée par terre, mais Léo n'était pas revenu. Puis, je crois que je l'avais oublié un moment, le temps de vivre d'autres choses et d'être heureuse, je crois. Mais progressivement, j'ai recommencé à penser à lui, à pleurer toutes les larmes de mon corps quand j'écoutais une musique qui me faisait penser a lui. Je souffrais. Plus je quittais cette enfance douce et joyeuse, et que je rentrai dans l'autre monde, un monde sombre et inconnu, plus je ressentais ce manque atroce qui me donnait l'impression d'un trou béant, d'un gouffre dans ma poitrine. Quand je serrai sa photo contre moi, sur laquelle il souriait, oui il souriait…Alors je m'étais mise à pleurer, à n'en avoir jamais assez de crier pour lui. Je retournais à l'entrée de son école, où nous allions tous les jours le chercher, je me rappelais tous les moments passé ensemble, versant à chaque fois des larmes, toujours des larmes.
J'aurai pu rechercher son numéro, une trace de lui, quelque chose, mais je n'avais pas le courage.
Mais en ce moment, alors que je tapais le nom de mon ami d'enfance sur facebook, je clique au hasard sur quelqu'un. Je les essaie tous, un seul m'accepte. Alors je regarde les photos, et je…je le reconnais. Il a toujours le même visage qu'avant, même à 14 ans.
Et c'est là que j'avais commencé mon histoire. Tout défile, toutes mes pensées traversent mon esprit à une telle vitesse que je n'aurais pas été étonné d'en souffrir. N'y tenant plus, j'éclate en sanglots. Toute la douleur de l'absence, le manque et la tristesse, tout explose. Je marche partout dans la maison, hurlant mes années passées, les larmes coulant comme il y avait longtemps qu'elles n'avaient pas coulées. Je ne sais plus ce que je ressens, je ne sais plus ce dont j'ai envie. Je crie son nom, c'est tout ce que je peux faire. Je manque de trébucher plusieurs fois, la vue brouillée par les sanglots. Durant des heures, je pleure, dans ma tête tout se mélange, je n'y comprends plus rien.
Je redescends, le cœur serré. J'ai peur. Peur qu'il ne m'aime plus, qu'il me rejette, qu'il s'en fiche complètement de moi. Après tout, peut être a-t-il tiré un trait sur cette histoire de gamins ? Je m'assois devant l'ordinateur, vais voir mes messages. La tension monte, l'angoisse aussi. Alors on commence à s'écrire des messages à n'en plus finir. Non, il ne m'a pas oubliée, et non il ne se fiche pas de moi. Je laisse échapper un rire nerveux quand il m'envoie un cœur. En réalité, j'aurai envie de sauter au plafond tellement que je suis heureuse. Un rêve que je réalise, un vide que je comble…Tout est fini, je n'ai plus mal. Il est là, et il m'aime encore, les larmes ne couleront plus. Je souris, et je m'endors, son rire résonnant dans mes oreilles…
On avait dit qu'on serait « Meilleurs amis pour toujours… »
Je t'aime Léo.
Histoire publiée le 06/05/2010 à 18h35.
Thèmes : Absence, Ami, Enfance, Oubli, Retrouver, Souvenirs
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Par smartiies le 06/05/2010 à 23h12
- Je t'aime.
j'aime beaucoup
bravo, bonne continuation.
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