Amour incertain
Ça faisait depuis près d'un an que j'aimais Tony, petit à petit, on s'est rapproché encore un peu plus et puis une histoire a commencé...J'étais la plus heureuse, personne ne pouvait enlever ce sourire accroché à mes lèvres. Jamais je n'avais ressenti ça pour quelqu'un il était génial, je croyais en l'amour. Même à 14ans et demi. Mes amies étaient heureuse pour moi, 1mois, 2mois, 3mois...Voilà, 5mois que j'étais avec lui, plus heureuse que jamais, moi qui n'avais jamais cru au prince charmant, là, j'y croyais vraiment. Ma mère n'était pas rassurée de ma relation avec lui. Il était tellement beau, tellement attentionné, tellement...Parfait à mes yeux... Au bout de 11mois, je lui ai offert mon corps, à lui, celui que j'aimais, Je lui ai donné ma virginité. Ma première fois avec lui... Le bonheur absolu. Puis j'ai appris qu'il avait un pari, qu'il l'avait gagné alors je lui ai demandé, par curiosité...Qui ne l'aurai pas fait? Il a eu du mal à m'expliquer que ce pari c'était moi. Sur le coup je me suis demandée...Quoi? Moi? Un pari? Comment? Ce n'est pas possible, ce n'est qu'une blague...Il est resté un an avec moi, un an qu'il me prenait pour une conne un an de sa vie qu'il a "gâché" pour un vulgaire pari. En un an, j'aurais quand même dû voir des choses, mes amis aussi non? Eh bien non! Il m'a dit qu'il ne pouvait pas être désolé parce que entre nous, selon lui, s'excuser c'est s'accuser. Que ce n'était pas de sa faute mais de la mienne, fallait pas l'aimer. Sur ce coup, il a eu raison, Deux mois que c'est fini et que je ne retrouve plus le goût à la vie, rien n'y fait, même s'il m'a prise pour une conne, que je l'ai été aussi, je l'aime toujours, je ne veux pas l'avouer mais je l'aime. C'est dur...Perte de la faim et une obsession pour cette lame qui m'appelle et me manipule comme lui l'a fait. Cette lame, une évacuation , un soulagement lorsqu'elle glisse le long de mon poignet. Je n'en peux plus, j'essaie de l'oublier, de m'ouvrir à autre chose mais rien n'y fait... C'est lui et personne d'autre dans mon cœur. Ma mère ne comprend pas...C'est vrai quoi, pour elle, la vie est belle, elle est mariée à mon père mais nous a avoué, à mes trois frères et moi, qu'elle avait une histoire avec un autre. Mon père le savait. Comment peut-il accepter ça? C'est horrible. Il l'aime, il ne veut pas la perdre mais elle, elle en aime deux. Inimaginable à mes yeux. Et cette mère, ose me dire de ne pas sortir avec Tony, qu'elle avait raison, qu'il valait mieux être seule que mal accompagnée et moi, sous l'emprise de la colère je lui réponds :
«Vaut mieux ne pas connaître sa mère plutôt que d'en avoir une mauvaise qui ne nous soutiens pas et qui ne jure que par son amant!».
J'y avais été fort, cette lame continuait de danser sur mon poignet ensanglanté et la faim ne m'appelait toujours pas...Boire de l'eau, avaler des médicaments, c'est tout ce que j'arrivais à faire.
Et c'est sur ce lit d'hôpital que j'écris ce texte, un bloc-note, un crayon à papier et j'écris mon histoire, le médecin vient de m'annoncer que j'avais une anorexie mental. Une maladie qui fait mal dont on peut sortir que si on en a la volonté. Toujours sur mon lit d'hôpital mais quelques jours après, je continu d'écrire, j'ai vu une psychologue, je lui ai tout raconté. En fait, je ne lui ai rien dit pour être franche, je lui ai juste donné ce bloc-note, je n'avais pas la force de lui dire en face. Elle posa ce bloc sur la table de chevet installé à côté de mon lit puis me saisit les poignet de ses mains froides sans dire un mot. Je la laisse les retourner pour voir ce désastre, elle vit des cicatrices, des coupures non cicatrisées, elle était choquée par ce qu'elle venait de voir mais en aucun cas ne le laissait paraître. Comme moi et mon mal-être. Tony me manque, il envahi mes pensées, il a envahi ma vie. Personne ne peut le comprendre. C'est insupportable ce sentiment, je n'en peux plus. Cette femme, assise en face de moi, brisa ce silence en me demandant si j'avais arrêté ou si je comptais arrêter. Je lui ai répliqué :
« Saigner c'est ma drogue, c'est un peu comme la morgue. Me battre? Pour quoi faire? J'en ai fini avec ma vie...Ma vie c'est Tony, Il n'est plus là pour moi, il s'est tourné vers une autre, je n'arrive pas à le supporter, aujourd'hui, il n'y a que cette lame qui compte pour moi»
Sur cette dernière phrase prononcée, elle nota quelques mots pour ainsi former une phrase. La psychologue se lève, range cette chaise et me fait un signe d'au revoir. Je reçois la visite de quelqu'un. Mon meilleur ami, Jonathan. Lui seul comprend ce que je vis ou du moins, m'écoute. Il sait que Tony compte plus que tout, il m'annonce qu'au final, il ne l'avait pas pris comme un vulgaire pari, au début s'en était un mais peut à peut, il s'est soit-disant attaché. Comment peut-il avoir dit ça, sachant qu'il m'avait dit qu'il ne m'aimait plus? Je n'y comprendrais jamais rien. Après cette visite qui me remonte légèrement le moral, je me laisse mourir sur ce lit. C'est au lendemain que je vois cette psychologue, elle me pose une nouvelle question :
« Tu es fan d'un groupe de musique? Ou il y a un groupe que tu aimerais rencontrer?»
C'est alors que je lui répond positivement :
«Oui, Tokio Hotel, C'est un groupe de pop/rock Allemand, je n'ai jamais eu l'occasion de les voir en concert, ma mère n'a jamais voulu.»
Elle me répliqua que si je me battais, si je vains l'anorexie, je pourrais aller les voir et même leur parler. C'est vrai qu'ils m'ont aidé dans les moments difficiles mais ils ne le savent pas. Je ne crois pas vraiment en ce qu'elle vient de me dire. Elle me le promet mais, il y a beaucoup de promesse en l'air...Dois-je lui faire confiance? Je prends ce risque. Je me bats non pour Tony mais pour ce groupe qui m'a aidé. Pourquoi pas dans cette période? Elle sort de cette séance le sourire au lèvres. Au bout de quelques jours, je n'arrive pas à manger malgré que j'y donne du mien. Le docteur dit que c'est normal. Il vont me faire les infusions que j'arrachais auparavant.
J'ai Aujourd'hui seize ans et demie et je tiens toujours à Tony. J'ai passé près d'un an dans cet hôpital et je suis toujours aussi fan de mon groupe. Quelques amis on continués de venir me voir, d'autres ont fait passer des messages et quelques uns n'ont plus donné de nouvelles. Je suis oubliée de beaucoup de personnes. J'ai l'impression d'avoir tout raté en ayant eu cette relation avec celui que j'aime toujours autant. Je n'y arriverai donc jamais. L'oublier, la chose la plus dure au monde. Il y eu une période où les gens ne pouvaient pas me rendre visites, c'était pour mon bien, pour que je guérisse. Je sors de cette hôpital aujourd'hui. Je suis heureuse. La psychologue me jure que sa promesse va être faite. Je retrouve mes frères et mon père qui sont venus me chercher, ils sont heureux de me revoir, je ne m'y attendais pas. Maman n'est pas là. Au final, ils ont divorcés, elle a prit en compte ce que je lui avait dit. Je retrouve ma chambre, mon téléphone et mes posters. Je me dis que bientôt je les verrai en vrai. Ce n'est qu'un mois plus tard que ma psychologue m'annonce qu'on va à leur concert, que je peux les rencontrer...Je suis toute excitée à cette idée, j'y vais avec elle. Pendant que j'agonisais sur le lit d'hôpital, ils ont sorti un album et quatre dvd. Mes frères et mon père les ont achetés pour moi. Je reprends goût à la vie. Le concert était génial, je les ai rencontrés, ça m'a fait bizarre, ils m'ont serré dans leurs bras. Catherine, ma psychologue leur a résumé mon histoire, que je vis pour eux. Je ne pouvais pas le leur dire moi-même, j'étais trop anxieuse et puis, je ne parle pas allemand. Ce quatuor est impressionné. J'ai revu les amis qui ne m'ont pas oublié, j'ai aussi revu Tony. Il ne m'a pas oublié...Il me dit qu'il n'avait pas le droit de me voir, mon médecin et Catherine lui ont interdit pour que je ne retombe pas dans l'anorexie. Il prend la parole :
« Je sais que je t'ai fait mal mais Jonathan a du te le dire, je ne jouais plus à ce stupide pari. J'ai de vrais sentiments pour toi. Je ne sais plus quoi faire, j'ai détruis ta vie, je ne sais plus pourquoi je t'avais dit qu'il ne fallait pas m'aimer, moi je t'aimais et je t'aime toujours».
Dans cette phrase, j'ai reconnu de la sincérité, ça faisait près d'un an que je n'avais pas entendu le son de sa voix, que je ne l'avais pas vu et je savais s'il était sincère ou non. C'est sur ces quelques mots que je décidais de lui répondre :
«Écoute Tony, je n'ai jamais été aussi heureuse que quand on était ensemble. Tu as su me redonner le sourire, je t'ai donné plein de choses...Notamment ma vie. Tu as mis ma vie en danger. Ce n'est pas toi qui m'a sauvé, Ma psychologue et Tokio Hotel sont les raisons pour lesquelles je suis encore en vie. Mais, je n'ai jamais cessé de t'aimer. Pas une seconde. Je ne sais pas pourquoi je fais ça mais...Je...»
N'arrivant pas à finir ma phrase, je rapproche mes lèvres des siennes pour les sceller. Il me jure de ne plus me faire souffrir et je me jure de ne plus écouter cette lame. Je n'ai pas revu ma mère, je poursuis mes études et continue d'écouter ce groupe dont je ne peux me passer...Tony est ma vie, j'ai bientôt dix-sept ans et je viens de faire mon test de grossesse. Il est positif...Je suis enceinte. Je le garderai, je n'avorterai pour rien au monde, question de principe. Je décide de transmettre la nouvelle à Tony, il est sous le choc mais il est tout de même heureux. Il va être papa. Par contre, c'est plus dur pour l'annoncer aux parents. Je le dis d'abord à mes frères, ils sont contents et se disputent pour être le parrains. Quant à mon père et les parents de Tony, ils ont plutôt bien réagi. Ma mère l'a su par l'intermédiaire d'un de mes frères, elle trouve cet événement prématuré et incertain. Aujourd'hui, j'ai appris que j'étais enceinte, je vis mon histoire avec Tony et ma mère me tourne le dos. Elle n'a jamais voulu écouter mon histoire. Et c'est pour cela que je clôture cette lettre en te disant :
«J'espère que tu as bien lu tous ces mots, un par un pour comprendre un peu mon histoire, je ne te comprendrai donc jamais, ne reviens pas, ce n'est pas la peine. D'avoir lu cette lettre me suffit largement. Bon vent».
Histoire publiée le 09/11/2008 à 18h24.
Thèmes : Amant, Anorexie, Enceinte, Hospital, Mère, Rupture
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Par anael37 le 04/12/2009 à 22h04
Personne ne comprend personne.
très émouvant tout ça sa me rapelle moi car il y'a un an j'ai tenté de me suicider...
Histoire très compliqué tout ça pour te dire que ton histoire ma touché du fond du coeur!!!
Par princessem le 09/11/2009 à 18h40
Fragile
j'ai fait 6 hospitalisations pour dépression dont une de 1 an alors si tu as besoin de parler: princesse_maiden@hotmail.f r ou facebook manon sart courage!! +5
Par rifiia le 18/03/2009 à 22h11
Vraiment belle histoire, elle se finit en bien, enfin pour toi et ton copain =)
Par renida le 11/12/2008 à 15h38
Le temps apaise les plaies mais ne les guérit pas.
c'est tres touchant ton histoire je te souhaite tout le bonheur du monde soeurette .Que Allah te protégeet te garde pour ton bébé.
Par andrea1 le 06/12/2008 à 20h38
Jusqu'à hier.
J'adore, j'adore & j'adore...
C'est merveilleusement bien écrit.
J'ai pleuré en te lisant, c'est tellement émouvant...
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