Analyse logique de la haine.
G. m'a dit que je lui avais manqué. Il m'a manqué un peu aussi. MAIS, il reste toujours plusieurs zones d'ombres à éclaircir avant qu'une réconciliation définitive soit décidée.
Tout de même, je ne sais pas trop pourquoi, mais je ne peux pas m'empêcher d'être tentée de le blesser encore plus violemment et plus cruellement qu'avant si jamais il me demandait encore de l'aimer. Disons qu'il n'y a qu'un pas entre une haine violente, destructrice et cruelle et une réconciliation prudente, méfiante et une amitié qui n'aura probablement pas le temps de se reconstruire puisqu'il part (du moins de ce que je sais) au Canada fin janvier.
Il y a quelque chose qui s'est cassé lorsqu'il m'a reproché de ne pas l'aimer comme je t'aime ou lorsqu'il m'a demandé "par curiosité", si j'aurai aimé sortir avec lui.
Eh bien, finalement, cette haine et cette colère doivent surement être dues à deux choses : la première, le besoin impérieux et inconditionnel de protéger l'amour que je te porte envers et contre tout ce qui pourrait le salir ou le blesser, de près ou de loin. La seconde, ce serait à cause de la détresse que provoque ta colère contre moi. Cette colère qui me fait protéger d'autant plus désespérément l'amour que je te porte parce que je suis en train de prendre conscience qu'il est la seule chose qui me lie désormais à toi et que si elle venait à disparaître, il ne me resterait plus rien de toi.
Dans chaque désespoir, il y a des strates. La dernière, la pire, c'est quand on a réussi à s'auto-convaincre que tout va bien. Seulement, notre subconscient nous rappelle à l'ordre en nous faisant agir de manière désespérée. Par exemple, on devient atrocement cruel avec ceux que l'on aurait pu aimer. Et plus on les aime, plus on les déteste parce qu'on reporte la haine qu'on a envers nous-mêmes sur l'objet de nôtre affection.
Dans la dernière strate, la pire, la phase de désespoir profond, on est si vide qu'on est incapable de pleurer. Incapable de faire autre chose que de figer un sourire sur son visage et de le garder. Mais en passant devant un miroir, on éprouve du mépris envers soi-même face à ce sourire qu'on ne peut s'empêcher de ressentir comme inapproprié.
Alors, on devient effroyablement cruel.
Parfois, une lueur de bon sens ou de pitié nous fait tout simplement couper les ponts avec ceux qu'on aime, pour éviter de les faire souffrir. Car, plus le désespoir est grand, plus la douleur du désespoir est grande, et plus cela fait mal, moins on ne peut s'empêcher d'être cruel et violent. La violence et la cruauté font autant de mal à la personne qui est violente et cruelle qu'à la personne avec qui on est cruel. Personne n'est cruel ou méchant par plaisir ou intentionnellement. Seulement, la violence et la cruauté sont les seuls moyens qu'on trouve pour extérioriser une douleur que ne cesse de s'accroître sans jamais diminuée et qui va en augmentant avec nôtre cruauté. C'est un cercle vicieux ou la violence peut prendre le pas sur tout le reste.
La violence et la haine submergeront tout. Cette violence et cette haine uniquement dus à un océan de larmes, une mer de douleur et de désespoir infini.
Bien sur, chaque personne violente et ou cruelle est lucide. C'est bien ça le pire. Elle est lucide. Elle sait parfaitement qu'elle détruit ce qu'elle aime, qu'elle agit de manière désespérée, et elle se détestera et elle détestera l'autre parce qu'il sera cause de la haine qu'elle se porte.
Pourquoi agit-elle ainsi alors, puisqu'elle est lucide?
Eh bien, tout simplement parce qu'elle ne sait pas comment faire autrement. Elle ne sait pas quoi faire de la douleur et de la peine qui la ronge. Il n'y a pas de mode d'emploi pour cela. Personne ne l'a jamais appris à personne. Les gens moins intelligents que les autres ou qui se refusent à toute cette violence gardent en eux un désespoir grandissant. Seulement, ils finissent par saturer et deviennent fous.
La douleur peut effectivement rendre fou.
La violence pour répondre à la violence peut-elle être efficace? Non. Pas la violence bête, brute et irraisonnée.
Pas plus qu'une bonté ou une gentillesse aveugle. Les deux peuvent faire des dégâts monstrueux.
Le mieux, quand on est confronté à ce genre de cas, c'est d'être assez cruel avec la personne pour lui faire comprendre définitivement que la cruauté et la violence détruisent, mais pas trop cruel. Il faut tempérer un acte de cruauté par un acte de gentillesse.
Au lieu de dire à une personne violente et qui souffre au plus profond d'elle-même qu'elle est si ou ça, on peut essayer de la comprendre, de l'obliger à voir qu'elle blesse et se blesse car en général, elle le niera toujours. Juger une personne blessée et qui a blessé à son tour est stupide. On ne fait qu'empirer les choses si le jugement est superficiel et ne cherche pas à comprendre la cause.
En effet, juger ne suffit pas. Décider qu'il y a un coupable et une victime est, le plus souvent, un jugement erroné. Les deux sont des victimes car les deux souffrent.
Même la méchanceté dite "gratuite" ne l'est qu'en apparence. Il y a toujours une origine, une raison pour expliquer un acte de violence ou de méchanceté. Seulement, on ne la trouve pas toujours.
Il y a trois catégories principales de personnes :
Ceux qui combattent leur désespoir par la violence,
Ceux qui deviennent fou et qui se noie dans leur désespoir,
Et ceux qui n'agissent pas.
Après, il y a des sous-catégories, mais elles sont trop nombreuses pour être citer. Et puis il y a celle des gens courageux. Ceux qui combattent contre eux-mêmes. Ceux qui savent ce qui risque de se produire s'ils choisissent d'être violent, ceux qui savent qu'ils ne doivent pas rester inactifs et qui vont s'auto-analyser et qui vont, grâce à cette auto-analyse, se sauver en partie. En partie seulement parce qu'il restera quand même à se réconcilier avec soi après avoir vaincu le mauvais. Quand on se bat contre soi-même, il faut un temps de réconciliation avant que les choses rentrent dans l'ordre et que la personne retrouve un peu de calme et de joie.
Voilà, ceci était une analyse logique du sentiment de haine.
Histoire publiée le 19/01/2010 à 21h58.
Thèmes : Déraison, Haine, Raison
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Par andrea1 le 20/01/2010 à 18h52
Jusqu'à hier.
Très belle analyse...
Par bast52 le 20/01/2010 à 12h39
C'est du Gucci, c'est du goût de chiotte
J'aime beaucoup
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