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Avez-vous déjà... ?

Avez-vous déjà aimé quelqu'un ?
Comme cette question est niaise...

Je la repose. Avez-vous déjà aimé quelqu'un réellement, profondément, comme jamais avant ni après ?

Avez vous déjà aimé quelqu'un réellement, profondément, comme jamais avant ni après, sans être aimé par cette personne ?

Avez vous déjà aimé quelqu'un réellement, profondément, comme jamais avant ni après, sans être aimé par cette personne en vous demandant tous les jours ce que sera votre avenir sans lui, car il vous a déjà par trois fois dit "non" ?

L'avez-vous aimé officiellement pendant plus de 2 ans et demi, mais officieusement encore (juste) un (tout petit) demi de plus ?



Oui. Je dirai même plus: oui oui. Oui oui oui oui oui et oui.



Mais une autre question, encore plus cruelle, encore plus blessante, plus saignante, plus mortelle...

Est-ce que cette personne est restée pendant 4 ans dans votre classe, et vous raillait très souvent, se "foutait de votre gueule" pour faire rire ses ami(e)s qui n'étaient jamais loin ?



Même réponse.


J'ai souffert. Un souffrance qui ronge, qui déchire, qui détruit.

Je garderai toujours l'image de ses deux bras tendus vers l'autre direction, à gauche, de sa voix qui en pleine mue "Déviation poids lourds c'est par là", et des autres qui rient, rient derrière, accoudés au banc près de la Vie Scolaire.
Et mon coeur qui meurt, meurt, et mes jambes qui suivent la direction opposée, afin d'ammener mon coeur et mes yeux mourrir ailleurs.


Avez-vous déjà écrit une lettre d'amour ? Une vraie ? Une vraie qui avoue tout, sans détour, tout ce qui est sincère, qui vient d'où le corps souffre, qui vient du coeur.




Pour moi, vous conaissez la réponse.



Après deux ans sans nouvelle à part des "salut ça va ?" sur MSN sans réponses vraiment intéressantes, une fenêtre de conversation clignotte orangément. C'est lui qui vient me proposer de mettre la cam, comme d'habitude, le peu de fois qu'on se parle.
Il me reparle de la lettre. Je pense que c'est pour encore me faire souffrir.
Mais il me dit qu'avec le recul il trouve que j'ai fait preuve "d'enormément de courage". Mon coeur fond. Je ne ressens plus rien pour lui, heureusement, mais il fond quand-même.
Il dit qu'il aimerait la relire, d'ailleurs il me demande si il m'a dit un jour où il l'avait rangée. Je lui dit que c'est gentil de me dire ça, car le jour où je lui ai fait transmettre, j'avais peur qu'il se moque encore de moi, mais il fallait qu'il sache tout.
Je lui rapelle qu'il se moquait souvent de moi, c'est pour ça que j'avais peur. Il me dit qu'il avait beaucoup moins de courage que moi à cette époque. Qu'il a été con.
Je lui raconte l'épisode de la Déviation. Je le vois à travers la cam, il est gêné, il écrit, il efface, il écrit.
Il a honte, il me le dit, il s'insulte.
Puis, prise d'un élan de sentiments, d'envie d'écriture, et d'envie de tout dévoiler, je lui expose tout ce qui m'a blessé, j'essaye de le faire immaginer ce que j'ai pu ressentir, venant de la personne que j'aimais profondément.
Je lui avoue qu'à présent pour savoir à quel degrès je suis attirée par un garçon, je compare ce que je ressens pour celui-ci à présent, à ce que je ressentais, il y a quelques années, pour lui.




Il est gêné par cette tirade. Je crois qu'il me voit essuyer mes larmes. Il me dit que pour lui c'est une sorte d'honneur que je lui fait.
J'en rajoute une couche, emportée par mon exaltation romanesque, je lui dit que je ne suis pas prête de l'oublier, qu'il a été mon premier amour, premier amour déchu, et que j'aurai pour encore un bout de temps ce ressentiment, cette peine à être dévalorisée par la personne que j'aimais.
Il dit qu'il a honte, qu'il est désolé que je garde cette image de lui. Que ce qu'il a fait était ignoble, ridicule, qu'il est "un enculé".
Je le crois. Je le rassure en lui disant que je garde quand même les moments précieux où il était gentil, où l'on parlait, et puis notre premier slow. Il m'avait invitée. Je crois que mon coeur n'a jamais été plus heureux.
Il dit qu'il est honteux que je gardes une image aussi négative de ce que nous avons été. Qu'il ferait tout pour se rattraper.
Alors je lui dit qu'il m'a déjà réchauffé le coeur, et rassurée.
Puis il doit y aller, il tient à ce que l'on se fasse la bise la prochaine fois qu'on se verra. On ne se snobera pas comme à notre habitude.
Je suis d'accord.



Cette conversation va certainement changer un petit bout de ma vie.
Je voudrai aller faire un petit saut dans le passé, allez voir celle que je fus avant, celle qui aimait ce jeune garçon, et lui dire de prendre patience, car même si elle avait un physique ingrât comme tous les prépubères, elle changereait, et même si l'élu de son coeur la charriait, un jour il mûrrirait et regretterait.
Cela apaiserai sa peine, et sans doute serai-je autre aujourd'hui.

Histoire publiée le 13/01/2007 à 00h05.
Thèmes : Amour, Excuses, Honte, Humiliation, Moqueries, Peine, Regrets

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
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Dernière visite le 19/09/2008 à 21h39 Nauti Dernière visite le 19/09/2008 à 21h39 - Voir ses histoires
 

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