Bain pourpre
Je serre les dents pour ne pas crier. Peu à peu, la douleur s'estompe. Je me remets à respirer normalement. Je regarde les marques de mon courage. Ça y est !J'ai enfin trouvé la force pour le faire. Enfin je me sens mieux. Après la douleur, arrive le ravissement. Je suis émerveillée devant la magnifique couleur qui s'échappe de mon œuvre. Après quelques secondes de contemplation, je me décide à passer à la vitesse supérieure.
« J'ai pas toute la vie tout de même ! » Me dis je pour moi même.
Je sourie, mon humour noir est là, fidèle au poste, comme toujours, il est bien le seul !
Quand je pense à cela, quelques visages défilent devant mes yeux : D'abord un jeune homme.
Magnifiquement beau, souriant, attirant, qui ferait se damner la nonne la plus fervente ou la lesbienne la plus convaincu !
Mais, malgré sa gueule d'ange, ce jeune homme et ses belles paroles me donne la nausée.
Lorsque je commence à l'imagines entrain de susurrer ses mots doux à ma « meilleure amie », je me ressaisi et me reconcentre sur mon travail .
Le magnifique rouge s'est maintenant répandu un peu partout .
« Qu'importe ! Si je nettoies maintenant , ça sera encore pire ! »
Je décide donc de reprendre là on j'en étais.
Je me lève, je fais quelques pas, mais les effets secondaires de mon action me font retomber à ma place.
Pourtant, je continue de sourire. C'est bon signe ! Je suis en bonne voie !
A présent, et au prix de beaucoup d'effort , je plonge mon œuvre dans l'eau bouillante.
Une fois encore, la douleur m'envahit, immédiatement remplacé par une délicieuse chaleur qui se repends dans tout mon corps.
En me rendant compte que j'ai oubliée d'enlever ma stupide bague de fiançailles, je lève précipitamment ma main.
Aussitôt, une pluie rouge s'abat sur une des lettres posé sur le rebord du lavabo. Je la prends pour constater les dégâts. Ils sont minimes. Les gouttes n'ont salie que les mots les plus douloureux : sincères excuses, nombreux licenciement… Je la remets à sa place.
Ma tête commence à tourner. Les images qui y défilent ne sont plus très cohérentes : L'enterrement de mon meilleur ami, le corps de celle qu'il aimait ( ma petite sœur) se balançant au bout d'une corde ; la haine dans les yeux de mes amis les plus précieux et encore une fois le visage de cet homme que j'aime tellement.
Je pose ma tête, devenue énormément lourde, tout comme chaque partie de mon corps, sur mon épaule endolorie.
Et je ferme les yeux. Encore une fois je sourie. Je me sens si bien. Depuis la première fois depuis 1 an, je me sens soulagée, libérée, sereine.
Les yeux clos, je ressent mieux chaque sensation, chaque parcelle de ma vie qui s'échappe goutte à goutte de moi.
Petit à petit, je ne sens plus rien, ne pense plus à rien.
Je sens les dernières gouttes de sang qui quittent lentement mon corps. Elles prennent leur temps. Elles se font attendre, comme si elle voulaient emporter mon sourire avec elles.
Mais je m'accroche, je sourie, jusqu'au bout.
Je sent enfin ma dernière goutte de sang emportée avec elle mon dernier soupçon de vie.
Mais je sourie, je ne regrette pas mon œuvre, mon tableau, mon suicide.
Histoire publiée le 04/03/2007 à 22h34.
Thèmes : Mort, Sourire, Suicide
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Par meghem le 26/03/2007 à 23h54
And... life's go on
c'est trop beau, j'adore
Par milly54 le 06/03/2007 à 12h24
Baiser froid sur lèvres froides à l'images de ton
bravo^^
Par plumedencre le 05/03/2007 à 23h38
C'est très beau...
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