Brother Complex
Je ne sais plus trop si je l'aime. Et pourtant, je suis sûre de n'être jamais tombée amoureuse, c'est étrange...
Je déteste l'amour. Ces mots et ces poèmes sirupeux, ces chansons débiles et répétitives, ces films noyés de sentiments hypocrites et de rebondissements bedonnants, les milliers de victimes décérébrés (surtout parmi les filles) de ce sentiment idiot, le merchandising énorme fait autour et qui existe uniquement pour vous ruiner, hein, mais après vous serez amoureux et peut-être heureux! Tout ça me donne envie de vomir!
Mais la n'est pas le sujet. Je ne désire pas parler d'amour mais de ce que je ressens pour lui...
Je ne crois pas au prince charmant. Mais lui, s'est montré meilleur que le plus charmant des princes. Nos parents se sont mariés quand j'avais 5 ans. J'ai grandi avec lui, et le temps a effacé de ma mémoire tous ces formulaires administratifs qui avaient découlé de ce fabuleux mariage.
Au fil du temps, notre relation a gagné en intensité. Elle était unique, fusionnelle. Je n'étais moi-même qu'à ses cotés, je lui ai toujours tout raconté et jamais il ne m'a jugée. Il m'a consolé quand je pleurais. Il est parfait parce qu'il correspond à l'être que j'ai toujours attendu, né de bien des fantasmes. Ensemble nous ne formons plus qu'un, séparés nous ne sommes plus rien.
Il m'a fallu un certain temps pour m'apercevoir que je me coupais volontairement des autres pour ne rester qu'auprès de lui. Comment aurais-je pu m'intéresser à d'autres garçons alors que je l'avais? Avec lui, j'ai la sensation d'exister vraiment Alors, il a fallu un jour, une occasion spéciale, pour que je prenne mon courage à deux mains et que je lui avoue mon amour, ce mot si usité qu'il en devient vide de sens, ce mantra si détesté car pour moi synonyme de culpabilité.
Il m'a regardée, et j'ai pu lire de la tristesse dans ses yeux. Il m'a répondu que cela ne servait à rien de demander une chose qu'il savait déjà.
"Dans une autre vie...on aurait sûrement pu être ensemble", il a ajouté avec un petit sourire triste.
J'ai senti une grosse boule monter à ma gorge, et je lui ai crié qu'il était impossible qu'on soit réuni dans une autre vie. Que je ne trouverai jamais quelqu'un comme lui.
Toutes ces imbécillités que j'avais entendues des millions de fois et dont mon tour étaient venues de les répéter. L'expression de son visage était douloureuse quand il m'a dit:
"Tu sais bien que tu te trouveras quelqu'un".
J'ai eu l'impression de voir un rêve s'enfuir. Je n'étais peut-être pas la seule à ressentir ça, mais...Dieu m'avait refusé le plus grand des bonheurs.
Plusieurs jours de suite, le climat est resté glacial entre nous. Et puis tout est redevenu comme avant, à croire que notre relation était vraiment inébranlable. Il y avait des non-dits, mais au moins la situation était claire. Et malgré nos regrets exprimés, nos sentiments ont pris une nouvelle tournure. Quand nous étions tous les deux, tous seuls, nous jouions, comme des enfants, savourant avec plaisir l'interdit suspendu au dessus de nos têtes comme un orage menaçant. Mais sans jamais dépassé une certaine limite. Car une fois franchi un cap, une fois l'irréparable commis, nous n'aurions pu nous regarder dans les yeux et se dire: "Oui, cela en valait la peine". Mais il y avait une chose que j'avais oubliée; une chose importante que je n'avais pas prise en compte.
Nous n'étions pas seul. Et il ne faisait sans nul doute que notre complicité ne plaisait pas à nos parents. Nous nous s'isolions bien trop pour cela. J'ai entendu certaines remarques désobligeantes de ma mère et de mon père. Chaque fois qu'elle l'a pu, elle m'a retenu à la maison pendant que lui sortait. Et je restais la journée, comme un furie, à attendre impatiemment son retour. Je ne pouvais pas supporter qu'il puisse s'amuser sans moi, qu'il ait une vie sans moi. Mais les intrusions parentales se sont fait de plus en plus nombreuses. Plus aucune liberté .Nous nous cachions pour continuer à être ensemble. Mais cela ne suffisait pas. Rien n'a suffit.
Certains sentiments, même les plus puissants, s'effacent avec le temps si on ne les éteints pas, ou si ils ont piétinés par un pied rageur. Au fil du temps, notre amour, puisqu'il était impossible, à commencer à doucement s'estomper comme des plumes portées au gré du vent. Mais nous nous aimions toujours. Comment expliquer cela? Il n'y avait plus d'amour mais il y en avait quand même. Disons plutôt que nous nous étions résignés à ne pas être ensemble tout en profitant des moments que nous passions ensemble.
Et puis l'orage a fini par tomber. Mon père et ma mère nous ont appris qu'ils en avaient assez de notre relation, qu'elle ne menait à rien de bon et que nous faisions que sortir. Ma mère ajouta même: "Mais tu es toujours collé à lui, ou sont tes amis?" Avant même que j'ai pu répliquer, ou nous défendre, il accepta.
Ce fut tout. C'était tout. Pour lui, leur décision était parfaitement légitime parce que ce que nous faisions était mal. C'était la juste punition.
Je n'ai rien eu d'autre à faire que de subir, car mes parents avaient les moyens de me priver de ma liberté, et, étant cléments, leur châtiment ne s'abattit que sur moi. J'étais prisonnière d'un château et mon prince, plus charmant que les autres, n'avait même pas le droit de me délivrer.
Nous ne sortîmes plus ensemble. Il rentrait à l'heure qu'il voulait, faisait ce qu'il voulait, et s'est mis à vivre, tout simplement. A vivre sans moi, à se faire des amis, et même à plaire à d'autres filles. Repliée sur moi-même, seule et abandonnée comme un chien au bord de l'autoroute pendant les vacances, mon état a empiré tandis que le sien rayonnait. Il m'a dit qu'il voulait m'aider, mais qu'il ne savait pas comment faire.
J'en ai assez d'être seule. J'ai peur d'être seule et pourtant je le suis toujours, depuis qu'il n'est plus à mes côtés. Je m'éteins, car plus rien ne m'égaye.
Alors, j'ai décidé d'écrire une lettre, une lettre à moi même, pour que je puisse me rappeler qu'avant il y avait quelque chose. Et je la conclut, cette lettre, mais pas de la manière dont je l'aurais voulue. Lui, je commence à le "désaimer"(je ne sais pas si ce mot existe). Mais la place qu'il occupait dans mon esprit s'est non seulement restreinte, mais elle s'est également refroidie. Bientôt, il ne restera qu'un glaçon...
Parce qu'il était unique pour moi et qu'unique il le sera dans le coeur d'une autre...
Parce qu'il était mon frère...
Histoire publiée le 03/02/2007 à 21h48.
Thèmes : Amour, Frère, Inceste, Soeur
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (2 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par arachnida le 18/05/2007 à 21h58
Ecrire est ma seule raison d'exister
c'est une belle histoire mais...pourquoi tu as mis le thème inceste sur cette histoire ? à part que j'ai mal compris...
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !