Cher ami
Fait à Orange, le 19 septembre 2005
Cher ami
Cela fait bien longtemps n'est-ce pas? Sur un papier blanc j'écris quelques mots qui te parviendront de mes mains. Toi mon ami de toujours, celui qui a vu mes plus belles journées se créer et les pires se faner...Tu dois savoir, cher ami, le respect que je t'ai toujours témoigné, comme le désir d'une confiance grandissante que je pourrais te porter. Mais si tu savais mon ami, l'amour que j'ai éprouvé pour toi. Je voudrais te raconter encore une chose, puisque cette lettre sera notre dernier lien, je voudrais te raconter cette journée là, cette fois là où tout a basculé, j'aimerais que tu me lises une dernière fois pour toute la confiance que je t'ai donnée, j'aimerais que tu crois à la véracité des choses que je vais te raconter.
Sur le journal d'hier se trouvait un article, c'est ce matin là cher ami que j'ai tout perdu, mais je n'y ai pas cru au début. Sur cet article se trouvait un procès, oh non! Crois-moi je n'y ai pas cru! Je t'ai fait confiance toute la journée! Parce que je t'aimais. Cela parlait d'un meurtre tu sais, on venait de tuer un homme qui était violeur, tueur aussi et traître. La femme qui l'avait tué, avait été condamnée à la perpétuité. Quand j'ai lu le nom, je n'y ai pas cru, jusqu'à la fin je t'aurais fait confiance et je t'aurais aimé, jusqu'à la fin de cette journée où j'étais allé ouvrir à ma porte et où ta femme s'est jetée dans mes bras.
Tu vois cher ami jusqu'où peut aller la confiance que je t'ai portée. J'aurais voulu te garder près de moi pour qu'on ne se sépare jamais, on était pareil tous les deux, ensemble on était pareil. La superstition parle d'un fil rouge qui lierait deux âmes sœurs par les petits doigt, je suis sûr qu'il y en avait un pour toi et moi. Moins solide que celui qui te liait avec ta femme, mais je suis sûr que si on pouvait voir ce fil rouge et que j'aurais tiré dessus c'est sur toi que je serais tombé. Essaye de comprendre, cher ami, toi qui ne comprends peut-être pas mes propos confus, essayes d'imaginer celui qui t'admire lisant ce petit bout de papier. Toi mon meilleur ami, essaye de comprendre ce qu'a pu ressentir l'homme qui t'appréciait le plus quand il a reçu dans ses bras la femme de celui qu'il a toujours aimé. Cette femme si belle que tu as épousé. Essayes de comprendre cher ami, ce que ça lui a fait de la voir en pleurs. Je me suis demandé ce que tu lui avais fait, mais j'étais même prêt à ne pas lui faire confiance. Jusqu'au bout j'aurais été prêt à te faire confiance, à TOI, mon cher ami.
Dans un mélange de colère pour la presse, j'avais brûlé cet article qui détruisait ta gloire. Au briquet, je l'avais allumé et j'avais regardé s'il brûlerait bien jusqu'au bout. J'ai ramassé les cendres de ce petit bout de papier découpé dans le journal et je les ai laissé s'envoler, le plus loin possible pour que personne, même pas moi ne puisse jamais les revoir.
C'était idiot, on le trouvait dans le journal. Mais je te faisais confiance, toi mon cher ami, je faisais confiance à celui qui avait éclairci ma vie. Tu ne pouvais pas être comme on le disait, je n'y croyais pas mais j'ai changé d'avis.
Dans l'article que j'avais lu, la femme n'avait jamais nié sa culpabilité. Jusqu'au bout elle avait dit être coupable, encore et encore et son avocat ne pouvait rien y faire. Tu vois, tous ces films où les bandits veulent sauver leur peau, ce ne sont que des films souvent. On dit que les femmes sont faibles. Moi je pense qu'elle était juste responsable et qu'elle assumait ses actes. Elle aurait voulu se défendre seule, dire tout ce qu'elle avait à dire en face des juges. Elle n'avait rien nié et aurait même mis à son avocat des bâtons dans les roues pour qu'il ne défende pas une cause perdue.
Je pensais qu'au procès elle avait menti, ou bien que dans cet article tout n'était que mensonges! Personne n'avait le droit de souiller la mémoire de cette victime, personne, je trouvais ça injuste. Mais la vérité c'est que l'amour en lui-même est injuste. J'avais brûlé l'article, je n'avais jamais lu la fin. Je ne voulais pas, pour moi il n'y avait que du mensonge là-dedans, rien n'était vrai, RIEN! Mais j'avais tort, et durant tout le long de notre amitié j'avais sans cesse tort. Je pensais sans cesse que ce petit article de fais divers allait te nuire et que tout le monde médirait sur toi. Mais en réalité, qui aurait vraiment fait attention à cet ensemble de mots. Ce bloc de lettres ne formant que quelques lignes. Le monde entier ne te connaissait pas. Le monde entier n'avait pas forcément le journal local de notre ville. Mais je ne sais toujours pas pourquoi j'aurais été capable de partir de ville en ville juste pour supprimer tous les articles de ce journal. Il faisait un soleil radieux ce jour là, j'ai pensé que tout était éphémère. Dans les films quand tout va mal il pleut. Peut-être que la réalité est tout autre. Quand tout va mal peut-être qu'il fait beau pour nous faire aller de l'avant. Je t'aimais si fort, si tu savais cher ami. Plus qu'un ami tu étais mon frère, et même si tu étais plus jeune, il m'arrivait tout de même de penser parfois que tu étais mon père.
Pourtant ce soir là, de cette journée particulière, est arrivée dans mes bras la femme que tu aimais, celle que je pensais la plus chanceuse de la terre. C'est fou la façon dont, en quelques minutes, un monde entier autour de nous peut s'effondrer. Ce jour là quand je suis allé ouvrir, c'était une des rares personnes à qui je pensais et une personne que je n'avais pas envie de voir, je ne voulais voir personne ce jour là.
Dis-moi, je t'en prie cher ami, dis-moi pourquoi encore aujourd'hui c'est dans mes bras qu'elle est venue se jeter? Je t'en prie dis-moi pourquoi tu lui as fait subir tout ça, toi mon traître que je déteste, toi mon cher ami.
Dis-moi pourquoi je l'ai cru après? Dis-moi juste si c'est vrai, si tout ce qu'elle m'a raconté n'était pas un mensonge, racontes-moi! Je t'en prie racontes-moi! Réponds-moi même si tu ne m'entends pas.
Ta femme était allée au procès, évidement puisque c'était ta femme, elle ne t'a pas fait confiance, elle a cru en celle qui avait commis un meurtre à cause de toi!
Je pensais que tu n'étais pas comme toutes ces personnes que l'on peut croire quand elles nous font les yeux doux. J'y ai cru, et j'ai perdu la confiance que j'avais en toi, toute la confiance que je t'avais offerte et que tu ne m'as jamais rendue, je l'ai perdue, je ne la vois plus, je ne la connais plus. Et tout autour de moi dans les yeux des gens qui passent cette confiance n'existe pas. Et dans les yeux de ta femme, une lueur de désespoir brille encore, cette lueur qui ne s'éteindra jamais et qui lui donne du charme.
Tu vois toutes ces amitiés sincères qui durent toute la vie et qui ne fanent jamais et qu'on nous montre volontiers dans les livres n'existent pas! Elles n'ont jamais existé. Toi mon traître, tu le sais.
Ta femme s'est assise à coté de moi ce soir là, elle a pris dans ses mains le café que je lui avait préparé et elle a essuyé ses larmes avec un mouchoir en papier qui était sur la table basse. Elle a mis deux minutes avant de sortir une seule phrase. Elle attendait calmement qu'elle ne pleure plus ou qu'elle ne bégaye plus pour parler, pour me raconter. Elle avait compris que j'étais au courant "Si tu savais toute la vérité que j'ai entendu sur lui en moins de deux heures": c'était ses premières paroles. Mais je voulais continuer à croire que tu n'y étais pour rien, que tu t'étais trouvé là par malheur, c'était ridicule, oui je le sais, mais c'est toujours comme ça quand on aime, non? Et moi je t'aimais, jusqu'au bout je t'ai protégé autant que mes bras puissent te porter, comme un poids lourd que l'on garde encore avec soi parce qu'on ne veux pas qu'il disparaisse, comme une douleur impardonnable et qui ne s'efface jamais je t'ai porté, toi mon fardeau. Mais je l'ai fait pour moi tout cela, je t'ai porté pour penser que je n'étais pas stupide, que je n'avais pas donné ma confiance au premier venu, je voulais y croire encore et encore, moi l'homme stupide, je voulais penser que notre amitié n'avait jamais été vouée à l'échec et que tu ne m'avais jamais mentis.
Et quand cette superbe femme qui fut la tienne me raconta le procès auquel elle avait assisté, je n'avais pas voulu la croire et puis finalement je m'étais résigné. C'était comme un combat avec moi-même, avec cette partie qui veut continuer à croire que tu étais parfait et cette autre partie qui était la réalité. Tu vois la manière dont on manipule les gens, et même quand la vérité éclate, le fait qu'ils soient encore sous cette manipulation ils n'y croient pas un seul instant, avant d'ouvrir les yeux d'un long sommeil. Mais si j'avais eu le choix et si j'avais découvert la réalité au lieu de penser que tu n'avais rien avoir avec cette affaire je t'aurais tué. Toi mon cher ami, sache aujourd'hui que si je l'avais su je t'aurais tué, de mes propres mains, je t'aurais étranglé. Tu aurais compris enfin qu'on ne se sert pas des gens comme ça sans raison, j'aurais pu te faire changer peut-être. Non remarque puisque tu aurais été mort. Si seulement j'avais su la vérité avant et si j'avais eu la force de le faire. Quand je t'ai vu en face de moi cher ami, je ne me doutais pas que ce serait pour la dernière fois. Je ne pensais pas que je ne voudrais plus jamais te revoir si je n'avais pas eu cette femme qui avait frappé à ma porte, celle qui fut la tienne souviens-toi, puisque ça ne remonte pas si loin. Souviens-toi encore de la façon dont tu te réchauffais auprès d'elle puisque tu ne la reverras plus jamais.
Puisque tu l'as trompée et que tu l'as sous-estimée, souviens-toi encore une fois cher ami de la manière dont tu l'as frappée, de la façon dont elle est tombée plusieurs fois sous le coup de ta colère. Souviens-toi une dernière fois. Puisque tu ne t'en souviendras plus jamais.
Il faut que je te raconte ce que ta femme m'a raconté. Quand elle est arrivée au procès elle pensait elle aussi que tu n'y étais pour rien et que la coupable s'était trompée. Comme moi, parce qu'elle aussi elle t'aimait. Même si tu n'as jamais été digne de sa confiance ou de son amour, elle t'aimait. Plus qu'un frère moi aussi je t'aimais, mais ça je te l'ai déjà dit. Dans cette salle où se déroulait le procès il y avait une odeur de transpiration. De salle mal aérée. Du moins c'est ce qu'elle dit. La femme qui été coupable est rentrée par une petite porte et s'est assise, elle n'était pas très loin de ta femme. Mais ça elle ne le savait pas. Elle ne l'a su qu'après quand la femme que tu as épousé est allée à la barre. La femme que tu as aimée a donc compris qui était la femme que tu as épousée. Parce que tu n'a jamais aimé celle qui dort chez moi maintenant. N'est-ce pas? Parce que tu n'as jamais voulut l'aimer. Quand j'y pense, quel gâchis. Moi qui t'enviais, oui je t'enviais, mais je ne disais rien, je me disais que c'était normal. Que les personnes formidables devaient vivre avec d'autres personnes formidables. Mais tu étais tout sauf une personne formidable, et je suis sûr que même en enfer tu ne serais même pas une personne formidable. Ta femme m'as raconté que quand la coupable était allée à la barre elle avait dit que tu l'avais violée, frappée et tué sa famille, par amour. Je l'avais déjà appris dans le journal. Et contrairement à moi, celle qui t'as aimé l'a cru immédiatement. Parce qu'au fond elle savait que tu en aimais une autre, mais qu'elle n'avait rien dit. Et quand elle est allé au procès elle avait encore l'espoir que tu étais innocent. Tu vois c'est étonnant comment quelques minutes, ou quelques secondes peuvent faire changer d'avis. Moi aussi ce ne sont que quelques paroles venant de celle qui t'a aimé qui m'ont fait changer d'avis. Je me souviens toujours: je me suis levé, indigné quand elle m'a dit qu'elle savait que la femme qui avait tiré avait raison. J'ai laissé partir ma colère en lui disant qu'elle n'avait pas le droit de douter de toi puisqu'elle t'avait épousé. Mais je ne savais pas, je n'avais jamais su que tu levais la main sur elle, comme je croyais te connaître je n'y aurais jamais cru. Mais voilà, j'ai perdu, parce que sur ses épaules, et un peu partout sur son corps se trouvaient des bleus. Quand elle me les a montrés je suis tombé sur le canapé après m'être levé si violement et j'ai mis une main devant ma bouche. Toi mon cher ami tu aurais fait ça? Je n'y croyais pas tu sais. Je ne voulais pas y croire. Il ne t'était jamais arrivé une seule fois devant moi de te montrer violent, et voilà que devant ton meilleur ami se montrait la femme plus puissante que ton meilleur ami lui-même parce qu'elle a tenue face à la bataille, le prouvant en montrant ses blessures de guerre. Celles que tu lui avais faites. Qui l'aurait cru? Qui aurait pu en te connaissant si bien? À part moi, qui était le premier à ne pas vouloir y croire.
Ce soir là quand elle me les montra ses larmes ne coulaient plus, comme la femme qui avait été jugée elle se sentait tout aussi coupable qu'elle. Elle avait pensé que c'était de sa faute si tu l'avais frappée. Mais ce n'était pas de sa faute n'est-ce pas? Toi mon meilleur ami, toi l'ivrogne. Tu étais le premier à le savoir, ce n'était pas de sa faute si tu l'avais frappé. Non c'était TA faute. Uniquement ta faute, mais tu ne lui a jamais dit et c'était à contrecoeur qu'elle m'a montré qui tu étais vraiment. Parce qu'elle se sentait coupable de toutes les mains que tu as levé sur elle. Et c'est devant ces taches violacées et devant les mots de ta femme que j'ai plié. Que j'ai compris qui tu étais. Si seulement j'avais pu être assez fort pour ne pas rester là pendant dix minutes sur ce canapé. Incapable de dire un mot, parce que je venais de comprendre. Si seulement je ne t'avais jamais fait confiance. Tu vois maintenant je me dis que si je ne t'avais jamais fait confiance j'aurais pu croire à tout ça, je n'aurais peut-être même pas vu l'article de journal, je ne l'aurais pas découpé et brûlé en sachant que derrière se trouvait un article intéressant sur le dernier match de foot. J'aurais lu ce journal, en me réjouissant de la victoire de mon équipe favorite et je serais allé me faire un café. Sur ma porte d'entrée je n'aurais jamais entendu une femme, aussi belle soit-elle, frapper pour se jeter dans mes bras. Non jamais. Et ça n'aurait pas été plus mal. Je ne me serrais jamais sentit trahit et moi aussi je ne me serais jamais sentis plus coupable que le coupable lui-même. Ce coupable là, c'était toi. Mais je me dis que tu as eu de la chance toi parce que tu n'es pas obligé de sentir ce poids sur tes épaules. Le poids de la colère, de la haine mélangé à celui de la trahison et de la culpabilité. J'ai été coupable moi aussi. Coupable de t'avoir fait confiance à toi, mon cher ami. Et tout cet amour que je te portais où est-il passé maintenant? Est-ce que je le retrouverai un jour? Est-ce que tu peux répondre à ces questions?
Le héros de mon histoire c'était toi. Et ça l'est encore aujourd'hui. Mais ce n'est plus la même gloire. Aujourd'hui le coupable est mort, aujourd'hui le héros a expiré. Et c'est devant ta tombe que je vais poser cette fichue lettre. Celle que j'aurais voulu que tu lises mais que tu ne liras jamais. Alors pourquoi je l'ai fait? Pour essayer de te faire comprendre toute la haine que j'éprouve. Pour que tu puisses lire une lettre en enfer. Même si tu ne l'auras jamais touchée, que ton fantôme s'il existe, si tu as réussi à être maudit, la lise enfin, et comprenne qu'il n'est plus le bienvenu ici.
Je n'aurais jamais cru cher ami, que l'histoire finale que tu n'as pas pu entendre je te la donnerais dans une lettre que je déposerais sur ta tombe. Toi le principal concerné, toi qui fut mon meilleur ami, je n'aurais jamais cru que la place d'or que tu avais dans mon cœur et qui t'étais réservée, finisse par devenir noir et se transforme dans la haine que tu mérites.
Je te dépose maintenant cette lettre, cher ami, sur une tombe que je ne reverrais jamais, mais tu m'auras au moins appris à me méfier de tout ce qui m'entoure. Je te hais maintenant, toi qui fus le plus grand, dans un mélange de haine et d'amour, je te promets de te détester.
Tu vois à quel point on peut en arriver à croire qu'on aimait tellement une personne et à finir par la haïr. Je ne sais pas si je trouve juste le fait qu'elle t'ai tué, ou si j'aurais préféré le faire moi-même, mais une chose est sûre maintenant, celle qui t'as tué ne méritait pas de vivre enfermé mais plutôt de mourir pour abréger ses souffrances. Par contre toi qui méritait de croupir en prison tu te retrouve tué et tu ne souffres plus. C'est injuste tout ça au fond. Et que devient celle qui t'aime alors que tu ne mérites pas l'amour qu'elle te porte? Te déteste-t-elle maintenant cher ami celle qui t'aimais autant que moi? Cher ami…
Celui dont tu n'as jamais mérité l'amitié
Avec toute la colère que je te porte
Ton dévoué haïsseur
Patrick
Histoire publiée le 27/04/2007 à 11h56.
Thèmes : Amitié, Trahison
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Par shamiru le 12/07/2007 à 23h05
veut devenir peter pan
merci pink cat
Par pink-cat le 23/06/2007 à 23h07
c'était très beau, long mais bien ecri
j'ai trop aimé, c'est tout joli, cela m'a bien attrapé jusqu'à la fin!
bonne continuation..!!!!!
Par shamiru le 12/06/2007 à 21h16
veut devenir peter pan
Wow, merci pour vos commentaires, je suis toute touchéé
Par hidden-soul le 30/04/2007 à 00h51
Un papillon est né...
j'ai craint que ce ne soit trop long à lire..mais ce ne fut pas le cas..je suis restée accrochée a chaque mot, chaque phrase..c'est magnifique..ça a l'air tellement vrai..ça dégage tellement d'émotions..j'adore..
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