Cher monsieur X,
Pfff, je m'ennuie. Je suis toute seule en étude. Mes amies sont parties. Bref, je suis toute seule. Petite description de la salle : il n'y a que trois sièges non pris, trois tables remplies, un gros imbécile devant moi avec sa voix qui te donne envie de foutre une gifle, les trois-quarts des lumières qui ne marchent pas, je dois forcer sur mes yeux pour t'écrire. La porte est grande ouverte, il fait très froid, je vais mettre mon manteau. Je me cale bien, mes mains sont congelées ; tu ne peux pas imaginer la force considérable de mon bras pour t'écrire des choses qui ne t'arriveront jamais à destination. Alors je vais parler de tout et de rien.
Il fait beau de la fenêtre où je regarde : pas de nuage, un bleu infini, pas de vent. Mais ça n'empêche qu'il fait froid. Faut dire que l'on est en plein hiver.
Il y a deux filles devant moi, tu as trop l'impression que c'est des lesbiennes, l'une sur l'autre, mais bon je m'en fous.
En fait, je m'en fous de tout, sauf d'une chose : mon stylo. Il peut peut être ne pas marcher énormément, mais sans ce stylo, mon écriture n'est rien. J'adore le bruit que fait le stylo plume quand il se pose sur le papier dans un silence absolu. Là, il y avait le CPE qui passait nous voir, c'est pour cela que j'ai fait un gros point.
Je disais que, sans l'écriture, mes lettres, les stylos, je ne suis rien. Tout le monde est quelque chose dans la vie pour quelque chose dont on ne se passe pas... Moi, c'est écrire, cela demande juste du papier, un stylo et un temps d'égarement. C'était exactement le moment propice.
Il est 14:01, quinze minutes pour écrire encore. J'ai l'impression que ces quinze minutes ne me suffisent pas pour écrire tout ce que je ressens en ce moment même. Et d'ailleurs, je n'ai pas assez de papier ni assez de mots pour les expliquer exactement. Il fait trop froid, je languis l'été. Au moins, tu ne mets pas des grosses doudounes te donnant l'air d'un bonhomme de neige vivant.
Là, je vois Sophie qui essaye de parler. Elle a perdu sa voix et elle met un temps fou pour parler (rires). Je vois aussi deux bestioles qui s'amusent à casser un portable, c'est passionnant : deux punaises que tu as envie d'écraser au sol.
Pour moi, écrire, c'est comme respirer. Je ne peux pas me passer d'écrire des choses qui me traversent la tête. C'est bien quand on est seule, on peut écrire en toute liberté sur un nuage. Ma plume ne se lasse jamais d'écrire quelque chose venant de ma composition imaginative. On peut dire que mon imagination descend de ce nuage en fines gouttes d'encre. Pfff, je ne vais pas tarder à y aller. Cela me tue de devoir quitter cette feuille de papier pour affronter le monde réel si froid et si honteux. Je voudrais rester sur ce nuage chaud et fier.
J'essaye de compter ces satanés carreaux par terre mais je n'y arrive pas. Peut être parce que personne n'a songé à les compter et à marquer leur nombre en toutes lettres. La vie est faite de choix difficiles surtout celui de te quitter...
Histoire publiée le 17/12/2010 à 10h52.
Thèmes : Ecriture, Hiver, Lettre, Solitude, Vie
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Par pititerockeuse le 18/12/2010 à 15h47
Firefly !
Bien, je ne pense pas en faire une suite, je voulais justement créer cet effet de "rester sur sa faim" en fait ^^ Mais je rajouterai sûrement des lettres de ce genre mais cela dépendra de ce qu'il y a à l'intérieur

Et oui, j'ai réellement écrit cette lettre en étude, j'étais en seconde pour être exacte
Par petitcaleo le 18/12/2010 à 11h37
L'espoir d'un rêve égoiste...
Je pense que tu as réellement écrit cette lettre en étude, non ?
En tout cas, ça ressemble beaucoup à des idées mise en vrac, et ça donne (comme le disait Anarchiste) un côté vivant très agréable..
Par anarchiste le 17/12/2010 à 22h51
J'aime bien le style, pas très littéraire mais le récit est très vivant

Je suis un peu resté sur ma faim, une suite de prévu peut-être?
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