Chroniques d'une voleuse (chap IV)
Pour commencer, je ne sais pas ce que je fais là. Moi qui préfère marcher d'habitude, je ne sais pas ce qui m'a prise de prendre le métro. C'est gris, c'est sale et ça sent la transpiration à huit heures du matin. Il pleut aujourd'hui. Marre.
Encore quatre jours à passer en ville. Que dis-je : en enfer.
Je râle mais ce n'est pas de ma faute si je suis enfermée dans des égouts, appelés communément « appartement », depuis trois jours. Si la police me laissait faire mon travail sans s'en mêler, je n'en serais pas là. Ceci dit, s'il n'y avait pas les forces de l'ordre pour ajouter du piment à mon boulot, être voleuse n'aurait aucun attrait. Et puis de toute façon, je vais en ville tous les ans alors même si les contraintes de mes activités m'amènent souvent en ville pour un boulot ou un autre, je viens obligatoirement en enfer au moins une fois dans l'année.
La ville, c'est un amas de bloc de béton et de gens. Quant aux moyens de transport, je m'en méfie comme d'un gardien de musée. Et pourtant aujourd'hui je prends le métro. Une fois n'est pas coutume comme on dit. Heureusement. Etre entourée de gens me rend nerveuse. Quoique c'est assez tentateur : si je pique le porte-feuille de l'homme devant moi, qui s'en apercevra ? Personne. Non seulement parce que je suis une pro mais aussi parce que je ne vais pas le faire. J'ai ma fierté de voleuse et pas question de faire les poches.
En plus il y a un jeune qui me regarde avec insistance. Je n'aime pas ça. Peut-être qu'il ne m'observe que pour mon apparence mais ça me met d'autant plus mal à l'aise.
Je croise son regard.
« Et toi là ! »
Ca y est c'est parti. Il me cherche. Il vient de tomber sur un os. Je souris.
« Ouais toi ! D'où tu me regardes comme ça ?
_Ce n'est pas toi que je regarde, c'est ta bêtise.
_Quoi, quoi ? T'as dit quoi là ?
_Tu as l'air idiot mais quelque chose me dit que ce n'et pas qu'une apparence. »
Mouché, le petit jeune ! Scotché. Ca devait faire un moment qu'il ne s'était pas fait remettre à sa place.
« Hein ?
_Regarde-toi ! Ecoute-toi ! C'est quoi ce sac qui pendouille sur tes hanches ? Ah, pardon, c'est un pantalon, je n'avais pas vu. Et ce bout de tissu grisâtre qui dépasse, c'est ton slip ? Ce truc avec marqué « I'm too sexy » dessus. Et ton sweat-shirt ? C'est du XXL ? Mais mon pauvre, tu l'as emprunté à ton père ! Il est bien trop large pour toi, tu n'as pas de muscle à mettre dedans ! Ce sont des baskets à tes pieds ? Ces trucs informes qui ont visiblement connus des jours meilleurs vont bientôt rendre l'âme. »
Le pauvre gars ouvre et referme plusieurs fois la bouche, assommé par l'avalanche qui vient de lui tomber sur le coin de la tronche. Tout le métro nous écoute. J'avise la fille qui l'accompagne :
« Et ta copine ? Elle est tellement maquillée qu'on dirait qu'elle a du plâtre sur la figure ! C'est pour l'épater que tu m'a apostrophée ? Raté petit mec. Vous savez ce que vous êtes tous les deux ? Un concentré de bêtise et de vulgarité. »
Le métro s'arrête, je descends. Ma sortie est parfaite. Je sors de la station tout en me mordant l'intérieur des joues pour ne pas rire.
C'est dans une ruelle déserte que le fou-rire me gagne. Pliée en deux, je ne peux plus respirer tant mon corps est secoué de rires.
Ce n'est qu'une heure plus tard que je me calme enfin. Rire m'a fait du bien, je me sens calme et détendue. Des conditions optimales pour un peu de shopping dans des magasins de fringues chics et chères.
Je n'aime pas l'ambiance qui y règne. Les vendeuses et les clientes s'épient du coin de l'œil, enregistrant leurs défauts et leurs charmes mutuels. L'essentiel est d'entrer comme si l'on était chez soi. Ca attire le respect.
Autre chose que je n'aime pas : les miroirs. Il y en a partout dans la salle. Je comprends qu'il y en ait dans les cabines d'essayage, c'est normal. Mais ailleurs ?
A chaque fois mon reflet me happe. Je me vois dans presque toutes les psychés : mince et pâle. Un fantôme.
Bien qu'ils ne sachent pas à quoi je ressemble, mes amis les policiers m'ont donné ce surnom de Fantôme. A vrai dire ils ne sont pas loin de la vérité si j'en juge par mon apparence. Une chemise de soie grise, un pantalon de lin gris, des ballerines et un sac à main assortis, sans parler des mes yeux. Seuls ma peau et mes cheveux échappent à cette couleur que je m'impose comme un uniforme. Ma peau est excessivement pâle à force de rester enfermée toute la journée chez moi. Quant à mes cheveux, ils sont naturellement blancs comme neige. Et ce depuis ma plus petite enfance.
Un de mes amis avait le teint mat et la chevelure noir corbeau. Un pur contraste né du hasard qui nous amusait beaucoup.
L'euphorie que m'a procurée mon fou-rire est retombée. Penser à mon meilleur ami m'a refroidie. Il est temps de rentrer à l'appartement pendant que la déprime me guette.
Il était génial, on s'entendait à merveille. Mais ça fait 5 ans et trois jours qu'il est mort.
…
Foutue pluie.
Elle ne s'arrêtera donc jamais ?
Histoire publiée le 25/08/2006 à 14h55.
Thèmes : Apparence, Gris, Ville, Voleuse
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Par lilnao13 le 14/04/2007 à 20h14
meilleure compétence? faire semblant.
tro top, l'humeur noire dès le début puis la crise, l'humeur au beau, et hop on retombe comme au début. Le truc top c'est quand elle "slap" le 'pti jeune'. C'est tellement bien raconté qu'on a l'impression qu'une douche bien glacée ou le ciel qui lui tomberai sur la tête ou sa petite amie qui deviendrai complètement violette ne lui ferai pas plus d'effet!
Superbe comme toujours.
Par lawla077 le 22/09/2006 à 21h31
j'adore je vais lire la suite
Par misscupi22 le 21/09/2006 à 22h18
Trop de chocolat ne tue pas le chocolat.
Bon vu que la fonction Edier (pour les modotes) est arrivée je me suis permise de corriger cette petite faute
Par misscupi22 le 01/09/2006 à 15h42
Trop de chocolat ne tue pas le chocolat.
Pas grave ça arrive
Par mimi240 le 27/08/2006 à 15h48
Ma soeur,je t'aime de tout mon coeur
trop bien ton histoire kiss
Par bizzibou le 26/08/2006 à 23h25
[BiG LoSeR <3]
Wah
moi aussi j'aime bcp cette histoire..par contre j'avoue ne même pas avoir remarquer cette erreur..
Par cissoup70 le 26/08/2006 à 22h42
Let the sun shine
Lol jme disait aussi
Lol
Héhé continue comme ça, j'aime cette histoire
Par uriko le 26/08/2006 à 14h29
Et si c'était ça, la vie ?
Ah merci. Je corrigerai sur mes manuscrits. (J'ai trop la honte de m'être trompée comme ça...) -_-°
Par misscupi22 le 25/08/2006 à 22h14
Trop de chocolat ne tue pas le chocolat.
Une tite erreur: c'est 5 ans et 3 jours (si l'on en croit le 1er chap), pas 1 an et 3 jours!
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