Chroniques. part I : Mr S. 5
La Bouche crispée, les yeux froids et calculateurs, les sourcils froncés, dans un acte de réflexion, Jim restait la main sur son clavier, prêt à écrire, mais indécis.
Décidément, il n'était pas d'humeur, cette nuit.
Repoussant le clavier, il posa la tête sur le dossier de son haut fauteuil.
Il n'arrivait pas à déterminer réellement la sensation qu'il éprouvait à l'égard de cette chose.
Après tout, il était peut-être réellement fou. Il n'osait jamais en parler autour de lui. Les gens ne comprenaient pas. Ne comprendraient jamais. Il avait aussi essayé de s'expliquer ça : un traumatisme ? L'imagination ? Une tâche sur la rétine ? Aucune n'était satisfaisante.
La seule chose de certaine, c'était qu'il avait peur. Mélangé à quelque chose d'autre. Un il ne savait quoi de… plus terrifiant encore.
Il tenta de chasser l'image de son esprit.
Mais à chaque fois qu'il tentait de faire le vide revenait en force le visage de Kate, une élève de sa classe pendant toute l'année passé.
Mais pourquoi elle ? Il n'avait jamais manifesté le moindre intérêt pour elle. Elle était belle, soit. C'était la plus belle fille du lycée. La plupart des garçons craquaient complètement pour elle, et elle possédait aussi un caractère bien trempée, assez intéressant. Mais pour un esprit pratique comme celui de Jim, il n'y avait aucun intérêt à tomber amoureux de cette fille. Elle n'était pas célibataire, et pas du tout son genre non plus. Mais au fond, quelle fille était de son genre ? Il avait beaucoup de succès lui aussi avec les filles. Plus même, que Steven, le petit ami de Kate.
Sauf qu'il avait pour morale de ne pas aller plus loin que le flirt avec une fille susceptible de tomber amoureux de lui. Et aucune fille ne lui plaisait assez pour en tomber amoureux. Pourtant, ce n'était pas un Homosexuel… il devait sans doute être trop fou, et condamné à la solitude. Il y en a pour qui aimer sans être aimé est une souffrance, et d'autre pour qui être aimé sans aimer est une souffrance bien plus grande encore.
Alors pourquoi d'un seul coup était-il obsédé par Kate ?
N'arrivant à rien, il décida d'éteindre son ordinateur, non sans au préalable souhaiter bonne nuit à ses contacts de messagerie instantané, puis se coucha, et, après une brève hésitation, éteignit la lumière.
Les ténèbres envahirent la pièce instantanément, puis l'obscurité devint oppressante, lourde, comme si elle avalait les dernier vestiges de lumière. Fermant les yeux, une tache parmi les tâches, pris une teinte bleu. Puis la tâche se précisa, en des milliers d'insectes plus gros et plus bleu. Ensuite, c'était le rassemblement. Ils se regroupaient, et dans une transformation soudaine dont les frontières entre l'indécis et le précis sont floues, il apparut.
L'œuf. Fendillé, craquelé, en de petites écailles qui portaient chacune une tache bleue différente. Et au milieu, la faille, et la tête. Ce visage… jamais on n'aurait pu le définir. Et puis, l'œuf se rapprochait, sautillait. Frémissait. S'approchait. Devenant de plus en plus gros, on pouvait maintenant apercevoir le sourire démentiel du visage à l'intérieur. Mais le regard… le regard était bien pire. Quand ce fut insoutenable, il ouvrit les yeux, dans le noir.
Mais l'œuf ne disparaissait pas. Le visage semblait être congestionné d'un rire démentiel.
Jim sentit ses cheveux se dresser sur sa tête. Ça, ça n'était pas normal.
Pris d'une panique démesuré, il cherchait par tout les moyen à faire disparaître l'œuf, se frottant les yeux, il cherchait à tâtons le bouton de sa lampe de chevet, le trouva, appuya. Mais toujours pas de lumière.
« Non, NON ! »
L'œuf, c'était une prison, qui protégeait sa tête de la chose. Il le savait, il en était persuadé. Persuadé aussi, viscéralement, que s'il laissait trop de temps à la chose coincé dedans, elle pourrait en sortir, et là, ce serait pire que la mort. Bien pire…
Tout ça n'était que des suppositions, mais elles venaient de son corps, et non de son imagination.
Tout son être se révulsait de peur. Se levant brusquement, il se jeta sur la porte de sa chambre, dans le noir, se fracassant le crâne au passage, et se jetât dans le couloir, l'entrée…
L'œuf se fendillait encore. Le visage paraissait presser la coquille.
Il fallait trouver…
Un rire explosa dans son crâne, quand la coquille vola en éclat.
Il eut juste la force d'hurler de tout son corps, de toute son âme, avant que les ténèbres ne l'engloutissent complètement...
(à suivre)
Histoire publiée le 07/09/2008 à 22h51.
Thèmes : Chroniques, Divorce, Fantasy, Histoires, Mr S, Roman, Souffrance, Tristesse
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Par dadineangel le 02/10/2008 à 18h46
mais qu'est ce que je fou moi???je suis encore à la ramasse!! attend j'arrive tu vas voir!! je commente!!na! et je dis génial!XD
Par diminou le 09/09/2008 à 18h57
OhOh
Personne pour commenter ? Moi j'suis là !
J'aime beaucoup, ça commence à se mettre en place, tout doucement, comme j'aime.
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