Chroniques. part II : Décade. 3
La nuit était douce. Silencieuse et bruyante à la fois, un de ces paradoxes propre à tout district un peu éloigné du centre ville.
Il n'y avait personne, dans les rues, à part Jim. Il était tranquillement assis sur un banc, regardant le ciel.
Il aimait sortir aux alentours de minuit. Il n'y avait personne, il était bien, pas de soleil, qui donnait mal à la tête, juste le silence, et les étoiles, voilée par la pollution.
Il s'en moquait de cette pollution. Il est né, et vivait, et mourrais certainement dedans, et s'en moquait. C'était la ville qu'il aimait, même s'il appréciait les vastes étendues désertiques de certains paysages sauvages, c'était autre chose.
Il ne cessait de penser à la marque sur son avant bras, et celle sur sa nuque.
Un Joker, et un papillon noir. Il avait l'impression qu'elles le brûlaient.
Tout était embrouillé depuis deux jours. Dans sa tête, rien ne collait. L'œuf, il se rappelait de l'œuf. Mais ne voulait pas y penser. Ça lui faisait peur. Il avait disparu. Ou alors avait-il éclos ?
Des frissons. Il ne pouvait, ne voulait pas penser à la nuit d'il y a deux jour. Non, c'était impensable. Il n'y faisait plus allusion, même dans sa pensée. Il oblitérait l'événement complètement. Ça ne s'était pas produit, ne se reproduirait jamais.
Des bruits de pas raisonnèrent dans la rue, le tirant de ses sombres pensées.
Il devait être maintenant minuit et demi, et il n'y avait généralement personne, à cette heure. Il se figea, ferma son visage, de sorte qu'il ne paraissait pas candide, ou semblait ne pas faire une proie facile, mais quand Kate déboula sur le boulevard, le regard de Jim s'illumina à nouveau.
Elle s'arrêta, hésita, le jaugea du regard, puis le reconnu, non sans froncer les sourcils un bref instant. Elle était belle, dans son blouson de cuir juste un peu trop grand pour elle, qui était passé par dessus un pull qui moulait ses formes selon la mode du moment. Un jean assez simple moulait ses cuisses parfaites et sans défauts.
Quelque chose en lui le tirailla, lui sommait d'agiter la main, pour qu'elle vienne sur se banc. Il ne savait pas trop ce qu'il faisait ou pourquoi quand il décida d'écouter cette petite voix.
Il agita donc la main, en l'interpellant, de sa voix calme et basse, sur la même longueur d'onde que la nuit elle même.
« Salut Kate ! Ça va ? Tard pour sortir… » Puis, comme il voyait ses yeux rougies, et la façon dont elle le regardait, il rajouta « Qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a un problème ? »
Comme elle errait sans but, elle s'est rapproché de Jim, pour s'asseoir sur un banc en face du sien juste de l'autre côté du chemin.
Elle s'affala, et souris faiblement.
« Jim, c'est ça ? Tu étais dans ma classe, cette année, non ? »
Comme si il n'était pas assez remarquable ! Il était aussi blond que ses cheveux à elle étaient noirs. Impossible de le manquer. Il les portait long, pour ne rien arranger.
Cette fille avait un certain culot, on pouvait le dire. À côté, on se sentait insignifiant, comme si on n'avait guère compté pour elle plus qu'un vulgaire crayon mordillé à la mine cassé.
« Ouaip. Heureux que tu t'en souviennes. » il avait adopté un ton un peu sarcastique. Il aimait bien ce ton. Pas elle. Mauvais départ. Claque mentale de la petite voix, quand Kate répondit.
« C'est bon, je n'étais pas bien cette année. C'est tout. » Elle marqua une pause, jouant avec un bouton de sa veste, le coude posé sur le genou, la main supportant la tête, le regard en coin, nonchalante, belle. Un grand silence se répandit. Elle sembla apprécier le silence nouveau pour elle qui venait d'arriver essoufflée, échevelée. Elle releva brusquement ses yeux noisettes pour le fixer, fronça de nouveau les sourcilles, hésita, puis détourna à nouveau les yeux en souriant. Un si merveilleux sourire.
Il ne pu s'empêcher de demander en souriant malgré lui.
« Quoi qu'est-ce qu'il y a ? J'ai quelque chose de coincé entre les dents ou quoi?»
« Non… » Elle hésita encore, son sourire s'effaça. « J'ai l'impression de t'avoir déjà vu. »
Il répondit aussitôt, faisant mine de réfléchir.
« Attends une seconde… oui, sans doute tout le début d'année, quand tu daignais encore aller en cours… et quelques fois, aussi, dans la rue, mais on se croisait, c'est tout. » il marqua une pause, puis vit son regard « ha, ce n'est pas ça ? Quand alors ?»
« Il y a Trois jours, dans ce parc, sur ce banc même, dans la soirée. »
Histoire publiée le 28/09/2008 à 23h35.
Thèmes : Amour, Chroniques, Décade, Fantastiques, Fantasy, Histoires, Mr S, Part II, Peur, Roman
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Par dadineangel le 02/10/2008 à 18h57
hum... vraiment très intéressant...
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