Chroniques. part II : Décade. 6
Jim se sentait bien et à l'abri, chez lui, tandis que l'orage retentissait au dehors.
Il était... content. Et en même temps, terrifié.
Malgré la question de Kate, l'autre soir, il avait réussi, après l'avoir détournée, à sympathiser avec elle. Elle avait ri. Elle avait avoué un peu de sa vie, qu'elle n'avait plus personne sur qui compter, avait passé sous silence les derniers déboires de son histoire avec Steven, qu'elle aimait toujours. Petit pincement de jalousie.
Il comprenait fortement pourquoi Steven et presque l'ensemble du quartier était tombé amoureux de cette fille.
Il arrêta sa musique. Impossible d'écouter quoi que ce soit avec cet orage.
La sonnerie retentit, fortement, longuement, stridente, étouffé par moments par les coups de tonnerre. Neuf heure et quart.
Il glissa de sa chaise, longea le mur du couloir, s'écarta le plus loin possible au niveau de la tache plus pâle à l'endroit où il avait frotté pour faire disparaître les traces de sang, et coupa la sonnerie qui s'éternisait en décrochant l'interphone.
« quoi ? ça va pas de sonner aut... »
« JIM ! JIM CORREY ! » C'était une voix désespérée, une vois de femme, hurlant comme si elle avait quelques chaos à ses trousses.
Et il la reconnue.
« Kate ? Kate ? Qu'est-ce qu'il se passe ? »
« AIDE MOI, JIM, AIDE MOI ! »
Il pressa l'ouverture des portes et fonça dans la cage d'escalier, non sans avoir pris ses clefs au préalable, bien qu'il n'eut pas fermées la porte d'entrée.
Quand il attend l'entrée de l'immeuble, il la vit encore dehors, les yeux écarquillés d'horreur et le visage bouleversé, trempée, les cheveux dégoulinant, et pourtant toujours si belle, même avec un T-shirt trop large et un jean un peu trop usé.
Il se précipita, comme elle tombait, écrasée sur le carreau de la porte vitrée.
« Kate ! KATE ! Qu'est-ce qu'il y a ? ça va ? »
Elle l'agrippa, tandis qu'il la ramenait à l'intérieur. Elle sentait bon. Mais le parfum de la terreur étouffait tout.
« Steven… le cadavre... les flics... grillés... GRILLES ! »
Elle lâchait prise.
« Kate ! Reste avec moi ! Tout va bien ! Là, tu es en sécurité, maintenant ! Quel cadavre ? Quels flics ?»
Tout en lui posant des questions qui ne semblaient pas la toucher, il la souleva, la porta comme une princesse, et pris l'ascenseur pour monter jusque chez lui. Elle grelotait tout en se serrant contre lui. Elle paraissait fragile, quelqu'un qu'on devait protéger à tout prix. Il se força à oublier ces pensées égoïstes. Kate allait très mal.
Il ouvrit en grand sa porte d'un coup d'épaule, et la déposa sur le canapé.
« Ne bouge pas. » précisa-t-il inutilement.
Il se précipita dans sa salle de bain, pour aller chercher sèche-cheveux, petit chauffage électrique et trois quatre serviettes. Au passage, il augmenta le thermostat général du chauffage de l'appartement et referma la porte.
Quand il revint, elle s'était relevée, le visage décomposé.
Elle cria le nom de son ancien petit ami dans une crise d'hystérie, puis s'effondra à nouveau, tandis que Jim lui frotta le corps avec les serviettes. Longtemps, elle pleura longtemps, elle s'accrocha à lui, et il tenta de la réconforté le mieux qu'il put. Les brides d'explications qu'il reçut lui permis de savoir que Steven était le cadavre de la ruelle du boulanger, et que l'inspecteur Daniel et ses hommes avait été carbonisé par la foudre juste devant chez elle. Une vague allusion à un rire dans sa tête lui fit froid dans le dos. Elle finit par s'endormir, accroché à lui. Elle était si belle, comme ça. Endormie, elle ressemblait à un ange. Un ange qu'il devait protéger, contre n'importe qui ou n'importe quoi. Qu'on lui brûle les ailes à elle, c'était impardonnable. Il coupa le chauffage, lui amena une chaude couette et un oreiller qu'il installa respectivement sur elle et sous sa tête, puis voulu aller dans sa chambre, mais il n'arrivait pas à se résoudre de la quitter, pour peu qu'elle se réveille dans une nouvelle crise et qu'elle se retrouve toute seule, il valait mieux dormir à côté d'elle.
Ce rire… il se retourna vers le grand miroir qui prenait une place conséquente à côté de sa télévision. Il y avait comme un air de déjà vu dans ce rire. Il espérait fortement qu'il ne devenait pas fou.
Le papillon noir derrière sa nuque devint brûlant, son visage dans la glace se transforma de façon infime, pâlit. Ses cheveux ondulés se bouclèrent, devinrent rouge, le sourire que sont reflet amorça n'était pas le sien, la voix qui parla était plus grave, plus froide.
« Fou ? Ne m'insulte pas, s'il te plaît, ou tu risque de le devenir. »
La souffrance lui vrilla le crâne, et il s'écroula instantanément, perdant connaissance.
Histoire publiée le 01/10/2008 à 23h23.
Thèmes : Amour, Chroniques, Décade, Fantastiques, Fantasy, Histoires, Mr S, Part II, Peur, Roman
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Par dadineangel le 02/10/2008 à 18h45
wouin!il pleut chez moi aussi...des grelons! géniale suite! bizz
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