Clavardages
Clavardages
Je navigue dans les eaux bienfaisantes de cordiales amitiés qui ne sont que mots, apportés par un ordinateur sans passion. Je n'attends qu'un son dédié par mes touches vienne pour nous réunir. Chacun de mes amis ou amies a son air à lui. Combien est douce à mon oreille la musique que l'un ou l'autre provoque quand il se connecte. Une sorte d'appel que me lance internet au nom de ceux qui espèrent, de loin, quelques mots me dire. Je m'assois, le cœur en fête, quelqu'un est là, même si l'anonymat est à peine dévoilé. « Tu es là ? » je réponds « Bonjour ».
Tout repose sur confiance et confidences. Au gré du temps, du degré de la solitude de chacun, des liens se tissent. Fragiles comme un nuage, solides comme une amitié, les liens résistent encore. À la prochaine devient à bientôt ou à demain. Le bonne nuit s'habille d'un peu de chaleur que l'on tape comme une nuisette de gros bisous.
Que vais-je imaginer, lorsque la boîte de conversation se ferme et l'écran se coupe ? Quand l'icône verte disparaît, lorsque vient le temps de me coucher, je vais poser ma tête sur l'oreiller en pensant : sans doute, un autre voit la petite icône s'allumer et lit « Tu es là »
Plongeant dans la rêverie, je navigue dans le brouillard de la nuit. Et alors ! Je m'en fiche si l'icône brille ailleurs ! J'espère simplement que la musique me rappellera bientôt devant l'ordi, cette merveille de technique qui sait si bien effacer la distance et le temps. Pour lui, 10, 20, 30, 50, 60 ans d'écart, 10 km ou 10 000, c'est une ligne de 8 bits dans sa mémoire. Pour moi c'est une éternité ou le bout du monde. Pour nous, les clavardeurs : une parenthèse avec une inconnue pleine de zéros, donc, elle ne compte pas.
Bénit soit le jour futur, où la boîte s'agrandira pour cadrer un internaute un peu intimidé devant une cam complice. Sans doute l'imagination y perdra, mais chacun sait que la réalité dépassant la fiction, on ne peut découvrir que des choses encore plus belles que celles que l'on a pu imaginer.
Y a-t-il un endroit mieux qu'ici pour dire combien les parlottes réchauffent le cœur. J'espère qu'elles réchauffent aussi tous les vôtres. Si c'est le cas, n'hésitons pas à en abuser, c'est une drogue douce qui délie la mémoire et l'écriture, entraîne à la confidence, repousse l'inquiétude et regonfle à bloc.
Je ne sais pas quand, à l'autre bout du faisceau quelqu'un lira ces mots, mais qu'il sache, qu'aujourd'hui ou un autre jour, ils auront toujours la même valeur. Ils ne représentent que 4 Ko sur le disque de cette foutue machine, mais pour nous c'est toujours un grand moment que personne ne nous prendra jamais : parle, parlons, parlez.
Histoire publiée le 04/08/2011 à 19h27.
Thèmes : Amitié, Clavier, Solitude
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (8 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par nadye le 16/08/2011 à 18h30
C'est presque vrai !
Par ecrit le 14/08/2011 à 09h42
Je vous remercie tous de vos gentils commentaires laissés sur mes 5 histoires.
Dès que je vais retrouver un peu de calme, j'en écrirai d'autres.
Par openlive le 10/08/2011 à 02h34
Ho bravo, c'est charmant, joliment bien dit tout ça
ça change beaucoup des autres histoires que j'ai pu lire jusqu'à maintenant.
Par voir le 06/08/2011 à 18h27
J'aime bien ta façon de le dire !
Par caten le 06/08/2011 à 16h47
un coeur qui ne sait plus comment battre tout seul
j'aime beaucoup
Par danse-et-eprouvette le 04/08/2011 à 21h05
Foutu temps qui passe.
C'est tellement vrai. Bravo, j'aime beaucoup.
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !