Dernier Départ
Je crois qu'il vient le moment où je dois le faire. Le raconter, cet instant, celui qui a changé ma vie. Raconter cet instant qui l'a ramenée au néant. Quand toi tu es parti, toi mon ami, mon amant, mon Amour.
Quand je suis rentrée chez nous, ce soir là, il y avait un message sur le répondeur. Ce message, celui que je n'oublierais jamais. Tu disais simplement que tu rentrerai tard. C'est la dernière fois que j'ai entendu ta voix. J'ai écouté puis effacé distraitement ce message, en désespérant qu'on puisse passer une seule soirée de la semaine ensemble.
Je suis montée prendre un bain, pour me détendre de cette longue journée – enfin longue semaine. Nos travails comptaient beaucoup, pour l'un comme pour l'autre, et on n'était d'ailleurs pas toujours sur la même longueur d'onde à ce sujet. Ils comptaient peut-être trop.
Je somnolais dans l'eau chaude, et pleine de mousse quand soudain le téléphone sonna. La maison était calme, il n'y avait pas un bruit, j'étais parfaitement relaxée, mais quand le téléphone a sonné de ce son si strident, quelque chose m'a alertée. Comme un mauvais pressentiment. Comme si le rêve dans lequel je baignais venait d'être brisé à jamais. Le temps que je descende au salon, le téléphone ne sonnait plus. Je me suis assise sur le sofa, me disant qu'on m'avait dérangée pour rien, quand la sonnerie retentit encore.
J'ai décroché, me disant que peut-être c'était toi. Espérant que c'était toi. Mais quand mon interlocuteur me répondit par un lourd silence à un « allo » plein de sourire, je sentis mon cœur s'alourdir. Je me répétais, et enfin quelqu'un m'a parlé. Au fur et à mesure que l'inconnu disait les mots, les larmes coulaient sur mon visage, et je me sentais me détruire à petit feu.
C'était un homme, un de tes collègues je crois. En fait, je ne me rappelle plus très bien de ce qu'il m'a dit. Vous étiez en voiture ensemble, et une autre a débarqué de nulle part.
Et cela t'a tué.
Je n'ai pas attendu qui finisse sa phrase, je l'écoutais à peine. J'ai lâché le combiné, et je me suis laissée glisser sur le sol. J'avais l'impression que mon cœur c'était arrêté de battre, alors qu'il s'était accéléré. Je croyais m'autodétruire tellement la douleur était présente.
Je ne pouvais pas y croire, ça ne pouvait être vrai ! C'était juste un cauchemar. Alors j'ai fermé les yeux. Je ne sais pas combien de temps je suis restée assise, en pleurant les yeux fermés. J'avais fini par m'endormir, et c'est seulement quand Sarah, ma meilleure amie, est venue me voir que je me suis réveillée. Je ne sais pas comment elle avait été mise au courant, mais elle savait ; malgré tout je lui ai raconté.
J'étais vide. Vide de toute émotion, je ne ressentais plus que de la douleur, de la peine, et sans doute aussi de la rage. J'ai gardé ces sentiments ancrés en moi pendant des semaines, des mois si ce n'est plus. Je ne voyais plus personne, je restais chez nous, à me rappeler ton visage, ton sourire. A me détruire tout doucement sans m'en rendre compte. Je n'ai aucune idée de la manière dont j'ai surmonté ta mort ; les autres disaient que le temps ferait les choses, et même si je n'y croyais pas, c'est peut-être vrai en fin de compte. La douleur s'efface, même si la peine réapparaît parfois. Le temps fait oublier la colère, et se rappeler seulement les bons moments. Cela fait des années, et pourtant j'aime toujours autant me rappeler ton sourire espiègle, et tes yeux couleur chocolat.
J'ai refait ma vie, certes, mais je ne t'oublierai pas. Tu m'as appris à ne jamais remettre les choses au lendemain, tu m'as appris à vivre, à aimer. Et si je vis heureuse aujourd'hui, c'est grâce à toi.
Histoire publiée le 18/11/2006 à 12h08.
Thèmes : Amour, Départ, Mort, Nouveau
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Par laetin le 19/11/2006 à 11h04
j'ai cessé d'exister le jour où tu lui as souri!
tres beau !!!!!!!!!!!!
Par lazagnette le 18/11/2006 à 17h29
écrire c'est hurler en silence...!!.
Belle histoire... !
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