Des pleurs, un poignard
La pluie crépitait sur la longue allée des Mureys. Une porte claqua. Des sanglots étouffés résonnèrent. Puis un bruit de course. Des pleurs, toujours plus déchirants.
Epuisée, la jeune fille s'arrêta et s'assit sur un banc. Les étoiles brillaient dans un ciel d'encre. L'air était glacé. Alexia serra sa veste blanche contre elle. De grosses gouttes de pluie venaient s'écraser sur sa chevelure dorée et coulaient sur son visage parfait. Une larme caressa sa joue veloutée.
Son père... Encore. Cette nuit, il était allé trop loin, beaucoup trop loin. Cette nuit, elle avait eu le courage de s'enfuir. Pourtant, elle n'en était que plus accablée.
Il était rentré saoûl alors que la lune était déjà haute. Il riait, il criait. Sa mère, morte d'inquiétude, était venue l'accueillir. Soudain, son père avait éclaté d'un rire brutal et avait frappé son épouse d'un poing massif.
La jeune fille effrayée avait accouru, et découvert sa mère, allongée sur le carrelage. Elle saignait. Une flaque rouge grandissante l'entourait sinistrement. Du haut de l'escalier, elle vit l'homme qu'elle avait toujours considéré comme son père donner un coup de pied violent dans le corps de la blessée. La pauvre femme fut prise d'un dernière convulsion et se figea. Morte, sa fille le sut immédiatement. Un silence assourdissant fit vaciller la conscience d'Alexia. Sans réfléchir, elle dévala les marches et se précipita vers la porte.
"-Où vas-tu, ma chérie?" dit une voix caverneuse. Elle ne répondit pas. Lorsqu'une main lui saisit l'épaule, elle se dégagea vivement et accéléra. Claqua la porte... Celle de la maison, et celle de son passé.
Un vent glacial gifla son visage ruisselant de larmes. Elle aurait suscité la pitié de n'importe qui, de la brute la plus stupide de son lycée jusqu'à, peut-être, son père.
Mais pas de la fille qui se tenait juste derrière elle, un poignard à la main. Elle le leva et l'abattit de toutes ses forces sur la nuque d'Alexia. Le sang jaillit.
Impassible, je regardai la pauvre poupée mourir.
Dans un gargouillis d'agonie, elle s'immobilisa enfin, non sans m'avoir jeté un regard terrifié. Un sourire malsain tordit mes lèvres. Je n'avais jamais été aussi heureuse.
Mais il me restait une dernière tâche à accomplir. Toute aussi réjouissante.
Je saisis le cadavre et le traînai deux rues plus loin. Alors seulement, je déposai le corps devant la porte de l'élu de mon coeur. Après avoir pris le soin de détacher la tête de la défunte de son corps et l'avoir posée à côté, je disparus dans la nuit.
Sur le même banc où était morte ma rivale, je m'asseois. Je sors le poignard ayant servi à mon méfait, et je l'enfonce jusqu'à la garde dans ma poitrine.
Douleur fulgurante.
Petite pensée concernant la réaction de son petit ami lorsqu'il découvrirait le corps d'Alexia sur son perron.
Mort.
Histoire publiée le 23/12/2008 à 03h05.
Thèmes : Amour, Ennemie, Fugue, Haine, Jalousie, Meurtre, Mort, Suicide
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (7 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par thedemoizellflo le 09/02/2009 à 16h39
J'ai beau tout rêver, tu dépasses le rêve.
Egalement d'accord avec Milly ^^
L'histoire reste tout de même génial.
J'aime beaucoup.
Par before-the-end le 07/01/2009 à 10h24
Oui, d'accord avec Milly'
mais j'ai adoré quand même
c'est magnifique
Par milly54 le 24/12/2008 à 00h02
de retour :p
on a l'impression qu'il y a deux histoires dans ton récit, le père qui bat la mère et le meurtre.
surtout le moment où la rivales attaque ^^
Je pense que tu aurais du en faire deux récits différents, ca aurai permis de plus developper les deux récits.
mais dans l'ensemble j'aime beaucoup
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !