Dormir Avec Les Fantômes...
Marissa ouvrit les yeux. Encore groggy, elle se releva avec difficulté tout en regardant autour d'elle. La route était déserte. Tremblotante, elle marcha quelques centaines de mètres pour revenir au centre ville. Exténuée, elle s'assit sur un banc situé non loin du parc pour enfants où sa mère l'emmenait jouer le week-end quand elle était petite. Elle mit sa tête dans ses mains, puis se massa lentement les tempes pour faire passer cette horrible migraine qui l'empêchait de répondre à l'unique question qui la taraudait : que faisait-elle allongée en plein milieu de la route au petit matin ? Elle regarda ses vêtements comme pour chercher des repères. Elle portait une magnifique robe de soirée en satin blanc. Tout d'un coup, un semblant de mémoire lui revint. La veille, elle s'était faite belle pour aller à la soirée d'anniversaire de son petit ami, Juan. Ce dernier était un jeune Latino de 24 ans. Mécanicien, il venait d'un milieu social beaucoup moins aisé que le sien. Inconsciemment, elle l'avait d'ailleurs choisi car il était l'antithèse de ce que souhaitait son père et sa belle mère pour elle. Tous les prétextes étaient bons pour les exaspérer, même l'amour.
Malgré sa mémoire encore confuse, Marissa rentra tranquillement chez elle. Elle avait sûrement trop bu à cette fameuse soirée, pensa-t-elle. Après tout, ça n'était pas la première fois que l'alcool lui jouait de mauvais tours.
-Papa, c'est moi, cria Marissa en rentrant dans la maison.
Elle courra dans sa chambre pour se préparer avant d'aller en cours. Elle ouvrit la fenêtre, se pencha au rebord, ferma les yeux et prit une grande inspiration. La brise du matin lui fouettait légèrement le visage. La jeune femme adorait cette sensation. Ce rituel lui permettait de sentir sa mère auprès d'elle. Après quelques minutes, Marissa revint à la réalité et regarda sa pendule. Voyant qu'elle était en retard, elle se dépêcha de se changer. Alors qu'elle faisait son sac, son père ouvrit brusquement la porte. Il scruta chaque coin de la pièce comme pour vérifier s'il y avait quelqu'un. Marissa, voyant son visage inquiet, marmonna :
-Papa, je suis désolée si je suis rentrée si tard mais j'ai eu…comment dire ? J'ai eu un petit problème à la soirée de Juan et j'ai dû passer la nuit là bas.
L'homme ignora ses paroles, se contenta d'aller fermer la fenêtre grande ouverte et sortit de la pièce en jetant un dernier coup d'œil. Marissa ne s'inquiéta pas de cette réaction. Depuis la mort de sa mère, un fossé s'était creusé entre les deux êtres. La situation s'était dégradée davantage quand son père avait choisi d'épouser sa secrétaire, une femme froide et hautaine.
Après un bon quart d'heure de marche, Marissa arriva au lycée. Habituellement, elle s'y rendait en voiture mais quand elle l'avait cherché en sortant de chez elle, sa BMW n'était plus à son emplacement. Décidemment, ça n'était pas sa journée, se disait-elle. Mais peu importe, elle s'en fichait. Elle trouverait bien un volontaire pour la ramener chez elle. Riche, belle et populaire, Marissa savait user de ses charmes. Elle était grande et mince avec de longs cheveux lisses. Son visage fin et symétrique faisait penser à celui d'une poupée. D'une manière générale, les garçons l'admiraient, les filles la jalousaient et elle adorait cela, sûrement parce que chez elle, personne n'avait aucune attention à son égard. Etonnement, ce matin là, personne ne fit attention à elle. Pas un seul regard en sa direction, pas un seul « Bonjour ! », rien.
A peine entrée dans le hall, elle aperçut Julie, sa meilleure amie. Elle l'appela à plusieurs reprises mais celle-ci ne répondit pas. Agacée par ce manque de considération, elle alla se cacher derrière elle. Alors, qu'elle voulait lui tapoter le dos pour lui faire peur, sa main traversa le corps de son amie. Paniquée, la jeune femme eu un mouvement de recul. Hésitante, elle renouvela l'expérience et le même phénomène se produisit. De plus en plus inquiète par l'étrangeté de la situation, Marissa questionna son amie d'une voix fébrile :
-Julie tu m'entends ?
Pas de réponse.
-Est-ce que quelqu'un m'entend ici, hurla t'elle de toute ses forces en faisant de grands signes.
Toujours rien. Tout d'un coup, un groupe de garçons vinrent voir Julie.
-Julie, on vient d'apprendre la nouvelle, dit l'un des garçons d'une voix grave. Nous sommes sincèrement désolés. On sait à quel point Marissa et toi étiez proches.
La jeune amie éclata en sanglot dans les bras du garçon. Le cœur de Marissa se serra. Elle venait de comprendre, de tout comprendre. Pourquoi elle s'était réveillée en plein milieu de la route, pourquoi son père et ses amis n'avaient pas daigné la regarder, pourquoi la voiture n'était pas au parking. Elle était morte.
Affolée, Marissa courut vers la sortit. Dans la précipitation, elle bouscula une jeune fille blonde, plutôt maigrichonne.
-Tu pourrais faire attention, s'exclama cette dernière. C'est pas parce que tu es la star ici que tu dois tout te permettre.
Marissa qui s'apprêtait à repartir, se retourna :
-Tu me vois, demanda t-elle à la jeune inconnue.
-Bien sûr que je te vois, s'exclama la petite blonde. Je te vois même très bien, surtout quand tu me rentres dedans !
Marissa sourrit. Soulagée, elle commença à poser sa main sur le bras de la jeune femme pour voir si elle pouvait la toucher. Cette dernière, étonnée, fit un pas en arrière.
-Tu es malade ou quoi, dit-elle.
Marissa n'écoutait pas ses reproches et continuait à l'observer et à vouloir lui toucher le visage.
-Ah mais c'est pas possible ! Tu t'es droguée ?
Voyant qu'on la fixait bizarrement, l'inconnue soupira en regardant Marissa et préféra continuer son chemin pour ne pas se faire remarquer davantage.
-Attends, supplia le fantôme en la rattrapant. J'ai besoin de toi !
-Quoi encore ?
-Si je te dis que tu es la seule personne à pouvoir me voir et m'entendre, tu me répondrais quoi.
-Je te dirais que je suis peut être blonde mais je ne suis pas idiote, alors laisses-moi tranquille.
Constatant qu'elle n'arriverait pas à la convaincre par la parole, Marissa se mit à traverser avec une grande facilité les corps d'une bonne dizaine de personnes. L'inconnue écarquilla les yeux et se les frotta pour voir si elle ne rêvait pas.
-Tu me crois maintenant, rétorqua Marissa.
La jeune femme ne répondit pas. Oppressée par l'insistance de Marissa et l'irrationalité de la situation, elle s'enfuyit en courant du lycée, laissant notre fantôme seul au milieu du hall.
Marissa eu immédiatement l'idée d'aller regarder dans les registres du lycée. Après une infiltration plus que facile à l'administration, elle chercha pendant des heures, en vain, l'adresse de la jeune inconnue. Aucune élève lui ressemblant n'était enregistrée dans les données du lycée.
Son seul espoir d'expliquer sa présence prolongée sur Terre disparu, Marissa erra pendant plusieurs jours. Ne sachant quoi faire, elle alla se recueillir sur la tombe de sa mère. Les yeux pleins de larmes, elle s'écria :
-Oh maman, pourquoi ne m'aide tu pas ? Si tu savais le nombre de fois où j'ai souhaité en finir pour pouvoir te revoir ! Et maintenant que je suis morte, je ne suis même pas capable de te rejoindre!
Alors qu'elle n'arrivait plus à dissiper sa peine, une curieuse agitation dans le cimetière la ramena à sa condition. En effet, elle aperçut très rapidement des têtes familières par mis cet attroupement d'individus: son père, sa belle-mère, Juan, Julie et de nombreuses personnes de son lycée. Marissa s'apprêtait à assister à son propre enterrement.
Ils étaient tous là, avec leurs tenues de circonstance. Au milieu de cette funèbre expérience, le père de la jeune femme fondit en larmes en déposant une rose blanche sur son cercueil. Cette dernière s'effondra de douleurs en voyant l'homme qui l'avait tant ignoré lui avouer qu'il l'aimait pour la première et dernière fois. Si seulement il lui avait prononcé ces doux mots quand elle était encore en vie pensa t'elle, peut être qu'elle n'aurait pas mis tant de volonté à gâcher la sienne.
A la fin de la cérémonie, Marissa vit une silhouette se diriger vers elle. Elle reconnue tout de suite le corps menu de la jeune inconnue. A sa plus grande surprise, celle-ci tendit sa main à Marissa pour l'aider à se relever.
-Moi c'est Eve, dit la jeune femme. J'ai assisté à la cérémonie et je…je suis désolée de ne pas t'avoir cru. Tu es d'accord pour qu'on reprenne tout de zéro toutes les deux.
-Fantôme : nom masculin. Viens du grecque phantasma. Apparition d'un défunt sous l'aspect d'un être réel. Aussi appelé revenant.
-Génial, ça m'éclaire vachement, ironisa Marissa assise sur un des fauteuils de la bibliothèque.
-Attends, j'ai pas finis, coupa Eve. D'après la légende, le fantôme est un être qui à encore quelque chose à accomplir sur terre avant de pouvoir s'en aller.
-Je ne vois pas ce que j'aurais à accomplir !
-Tu te souviens de ce qui s'est passé…de comment tu es morte ?
-Nan tout est flou…Je sais que je me suis préparée pour aller à une soirée et… après c'est le trou noir. Je me souviens juste m'être réveillée au beau milieu de la route qui longe les bois, à l'entrée de la ville.
-Bien, s'exclama Eve. C'est déjà un début ! Elle est où exactement cette route ?
Eve posa sa main sur le béton.
- Regardes, dit-elle. Il y a des traces de pneus ici.
Marissa ne l'écoutait pas. Elle observait les lieux. Tout d'un coup, elle eu un flash.
Elle se revit monter dans la voiture. Au moment où elle s'apprêtait à démarrer, sa belle mère avait tapé au carreau :
-Marissa, ton père à une réunion importante ce soir ! Il a besoin de la voiture alors sort immédiatement de là!
-Et bien, tu diras à Papa qu'un peu de marche ne fait jamais de mal !
Elle avait démarré en trombe dans la petite allée qui bordait leur immense demeure. Au milieu du trajet, alors qu'elle voulait passer une vitesse, les commandes ne répondirent plus. Paniquée, elle avait essayé d'actionner le frein à main. Malheureusement, ce dernier était bloqué. A pleine allure, le véhicule s'était engouffré dans la forêt. Là, les fards s'étaient éteints. Ne voyant plus rien, elle avait perdu complètement le contrôle et la voiture avait foncé droit dans un arbre.
-Marissa, tu m'écoutes ou pas ?
La voix criarde d'Eve vint la sortir de ses pensées. Elle regarda son amie d'un air troublé et lui raconta ses souvenirs.
-Je ne comprends pas, Papa venait pourtant de faire réviser la voiture, conclus t'elle.
-Alors, il n'y a qu'une seule explication, répondit son amie.
-Quoi ?
-Ta voiture a été trafiquée !
-C'est pas possible, c'est mon petit ami qui s'en est lui-même chargé !
-Je refuse de croire que Juan est un meurtrier, répétait le fantôme depuis plus d'une heure.
-Qu'est ce que tu en sais Marissa ? Et puis je ne te dis pas qu'il t'a tué, seulement que c'est une possibilité à ne pas négliger.
-Non, ça n'est pas possible ! C'est la personne la plus proche de moi, la seule qui m'écoute vraiment ! Et si tu ne veux pas comprendre ça, alors il vaut mieux que tu ne m'aides plus à résoudre cette histoire.
-Très bien, si tu le prends comme ça ! Mais que tu le veuille ou non, tout le monde cache un secret Marissa.
Eve, agacée, s'éloigna d'un pas rapide et nerveux.
Seule dans le parc pour enfants, Marissa ne cessait de se poser des questions. Et si Eve disait vrai ? Si sa voiture avait belle et bien été trafiquée par Juan ? Après tout elle ne le connaissait pas depuis longtemps…Pour en avoir le cœur, elle décida de se rendre à son garage.
Pendant de longues heures, elle le regarda travailler tout en se remémorant leurs moments de complicité. Nan, ça n'était définitivement pas possible, se dit elle. Juan n'était pas son meurtrier. Elle allait partir quand elle aperçut sa belle mère qui arrivait par la rue d'en face en direction de la concession. Elle sursauta. Que pouvait bien faire sa belle-mère ici ? Elle avait une sainte horreur des voitures. La curiosité la poussa à rester.
-Juan ! Y'a quelqu'un qui te demande, cria un garagiste.
Juan arrêta son travail, leva la tête et quand il reconnut la femme, lui fit signe d'aller le rejoindre dans un des bureaux. Marissa les suivit à l'intérieur. A peine rentré, Juan fit les cents pats dans la pièce. Bouillonnant de colère, il hurla :
-Ca ne devait pas se passer comme ça ! Ca ne devait pas être elle qui devait mourir. Tu peux m'expliquer ce qui s'est passé ?
-Je sais, mon plan n'a pas très bien marché, répondit la femme avec une grande légèreté. J'ai dit à Marissa de ne pas monter dans la voiture mais elle ne m'a pas écouté. De toute façon, cette petite ivrogne ne m'écoutait jamais !
Le jeune latino la prit par la gorge et rétorqua d'un air menaçant :
-Ne parles plus jamais d'elle comme ça ou sinon…
La femme se débattit et il finit par la lâcher au bout de quelques secondes.
-C'est pas la peine de te venger sur moi, dit-elle en remettant ses cheveux en ordre. Je te rappelle que c'est toi qui as trafiqué la voiture ! Et puis, de toute façon, j'ai un nouveau plan pour rectifier le tir. Si tu m'aides à nouveau, j'augmenterais ta récompense. Tiens voila déjà une avance !
Elle lui tendit un chèque.
-Je crois que tu ne m'as pas très bien compris. Je viens de perdre la seule personne qui comptait pour moi ! Alors ton pognon j'en veux plus ! Je ne veux plus rien avoir à faire avec toi !
-Et si je racontais tout à la police. Je suis sûre qu'ils seraient très contents de savoir les trafiques que tu fais pour éponger tes dettes.
-Je crois qu'ils seraient encore plus ravis d'apprendre que l'accident de Marissa Nicols a été orchestré par sa belle mère.
L'homme prit le chèque et le déchira.
-Allez, casses toi de mon garage, ordonna t'il.
La femme s'exécuta. Marissa qui venait d'assister à la scène resta sans voix. Elle n'avait même pas la force de pleurer tellement son cœur était brisée. Sentant qu'elle suffoquait à rester là, elle sortit en courant de la concession.
Cela faisait plus d'une heure qu'Eve avait retrouvé Marissa en train de pleurer près du parc pour enfants.
-Comment j'ai pu être aussi idiote, répétait elle entre deux sanglots.
-Moi ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi tu es encore là ?
-Dis tout de suite que je te dérange, s'exclama Marissa.
-C'est pas ça ! C'est juste que logiquement après avoir élucidé ce qui t'es arrivé, tu devrais pouvoir t'en aller.
-Bah faut croire que nan! Ma teigne de belle mère à parler d'un plan de secours !
-Un plan de secours ?
-Apparemment, ça ne devait pas être moi la victime.
-Ils ont dit à qui il voulait s'en prendre ?
-Je ne sais pas et sincèrement je m'en fiche un peu ! Je te rappelle que je viens d'apprendre que mon petit ami m'a tué.
-Marissa, tu n'es pas le centre de l'univers, s'indigna Eve. On doit découvrir qui était la cible de ta belle mère ! Une personne est peut être en danger !
Soudain, Marissa se rappela l'insistance de sa belle mère pour la faire sortir de la voiture et la phrase qu'elle avait prononcé : « Ton père a une réunion importante et il a besoin de la VOITURE ! ». Ces mots résonnèrent dans sa tête et elle s'exclama :
-Oh mon dieu ! Papa !
Sans même donner une explication à son amie, elle l'attrapa par le bras et l'entraîna dans sa course.
En entrant dans le salon, Les deux jeunes femmes découvrirent avec horreur la belle mère de Marissa pointant un pistolet sur la tête de son mari.
-Fais quelque chose, hurla Marissa à son amie. Je t'en pris ! Empêches là de faire du mal à mon père.
-Je suis désolée, je ne peux pas, s'excusa Eve.
-Comment ça tu ne peux pas ? Mais enfin, aides moi ! Vas chercher la police !
-Je suis désolée, répéta la jeune fille. Mon voyage s'arrête là. Ne t'inquiètes pas, je sens que pour toi, tout va bien se passer. Tiens prends ça, tu comprendras, dit Eve en lui donnant un bout de papier.
Marissa ne comprenait plus rien. A sa plus grande surprise, la jeune fille disparut. Partager entre la panique et l'incompréhension, elle essaya d'attraper le revolver, mais rien à faire, son corps traversait toutes les matières. Impuissante, Marissa ne pouvait qu'attendre et regarder le tragique destin qui menaçait son père.
-Pourquoi fais tu ça, demanda l'homme à la criminelle.
-Pourquoi ? Et bien pour la simple et bonne raison qu'il y a deux semaines, j'ai réceptionné une lettre de ton notaire qui disait que tu me déshéritais au profit de ta peste de fille.
-Toute ma richesse me vient de mon ex-femme, tu le sais bien! C'était normal que je veuille léguer ça à ma petite Marissa. Je pensais que tu le comprendrais.
-Comprendre quoi ? Que je me suis forcée à vivre pendant des années avec un homme sans cœur pour rien du tout !
La femme rapprocha encore davantage l'arme de sa victime et elle poursuivit son discours :
-Tu vois Arthur, tu as raison, j'ai tout compris. J'ai compris que si je me débarrassais de toi et de ta « fifille » chérie, je serais la seule personne à pouvoir légalement profiter de ton immense fortune.
-Oh mon dieu ! C'est toi qui as tué Marissa ? Mais tu es un monstre!Tu ne profiteras pas de cet argent, Christine ! La police va tout découvrir !
-Ah mais, ne t'inquiètes pas pour ça mon chéri ! J'ai tout prévu, dit-elle en sortant une lettre de sa poche. Tu vois ça, c'est ta lettre d'adieu. Tout est expliqué dedans. Ton unique fille venait de mourir dans un terrible accident et tu ne le supportait pas alors tu as préféré aller la rejoindre. C'est dramatique n'est-ce pas ?
L'homme jeta un regard affolé à sa femme comprenant qu'il vivait ses derniers instants.
Marissa toujours aussi désemparée cherchait en vain un moyen d'éviter le drame. En voyant, l'indexe de sa belle mère commencer à appuyer sur la gâchette, elle ferma ses yeux et hurla de toute ses forces. Le coup de feu partit quand même. Marissa ouvrit lentement ses paupières de peur de ce qu'elle allait découvrir. Cependant, ce n'est pas son père qu'elle vit étendu au sol mais Christine. Elle se retourna et vit Juan, une arme à la main. C'est lui qui venait de tirer.
Quelques heures plus tard, la police était devant la grande demeure des Nicols. Juan s'était rendu à la police et avait immédiatement avoué toute la vérité à propos de l'accident. Il avait expliqué qu'il aimait Marissa et qu'il ne pensait pas qu'elle montrait dans la voiture. Le père de Marissa, lui, était encore choqué mais indemne.
Même si elle avait sauvé son père, la jeune femme se posait une dernière question : qui était réellement Eve ? Soudain, elle se rappela du bout de papier qu'elle lui avait donné avant la fusillade. Elle sortit celui-ci de sa poche. Cela ressemblait à un vieil article de la presse nationale. Il portait le titre suivant : UNE JEUNE LYCEENNE DE 18ANS ASSASSINEE. Elle regarda la photo qui illustrait l'article et reconnue immédiatement le visage fin et les cheveux blonds d'Eve. Marissa compris alors pourquoi Eve pouvait la voir: elles étaient toutes les deux des fantômes.
Tout d'un coup, Marissa fut aveuglée par une puissante lumière. Une grande et belle femme sortit de celle-ci et l'invita d'un signe de la main à la rejoindre. Marissa reconnue immédiatement sa défunte mère. Sereine, elle marcha en direction du faisceau de lumière.
Au loin, Eve observait en pleurant. Ce spectacle, elle l'avait vu de nombreuse fois mais cela lui donnait toujours autant de peine et d'espoir en même temps. Elle espérait qu'un jour elle connaîtrait ce bonheur. Mais, à ne pouvoir résoudre le mystère qui entourait sa propre mort, elle s'était résignée à élucider celles des autres.
fin.
Histoire publiée le 27/02/2007 à 21h57.
Thèmes : Amour, Fantômes, Mysthère
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Par ria36 le 01/03/2007 à 14h47
...!!!
c'est très beau
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