Elle.
Elle est assise. Elle pleure, elle te pleure.
Elle pense que tes sourires disparaîtront avec les larmes.
Elle espère que ses cris étoufferont ta voix.
Elle rêve que tes mots s'effacent avec le temps.
Elle croit, mais ne croit pas.
Elle sait que ton visage la hantera à chaque seconde de sa vie.
Et toi, tu souris, tu ris, tu vis. Penses-tu seulement à ses gémissements ?
Te rends-tu compte de ce que tu fais ?
Elle a déchiré vos photos, brûlé vos lettres, arraché vos cadeaux.
Oui, tu sais, ce collier.
Ce seul souvenir qu'il lui reste de toi. Vos initiales entrelacées dans un demi coeur.
L'autre partie, tu l'as déjà abandonné. Tu as abandonné son coeur.
Ce pendentif rouillera surement sous ses larmes avant qu'elle n'ait le courage de le détruire.
Peut-être qu'à cet instant tu te rendras compte du mal que ça fait.
Et elle va au bout de cette crique. Celle où tu lui as pris sa main pour la première fois.
Elle ne s'était pas rendu compte que les vagues faisaient un tel bruit. Que la roche était si dure.
Il y a toujours cet arbre. Celui où tu as gravé un mot en anglais.
Ou peut-être était-ce en allemand ?
Et il y a ces petites fleurs... Roses... Bleues... Jaunes...
Tu lui en avais mis dans les cheveux, et des petites pétales parsemaient ses vêtements.
Et ça la faisait rire. Elle ne veut plus s'en souvenir.
Elle voudrait te voir arriver. Lui dire que ce n'était qu'un mauvais rêve.
Mais tu ne viens pas. Tu ne viendras pas.
Ses larmes tombent sur les pierres. Peut-être réussira-t-elle à s'y noyer ?
Tu lui avais dit que vous deux c'était impossible.
Que tu ne l'aimais plus.
Mais elle, elle, elle t'aimait. Elle t'aime toujours.
Elle aime ton rire. Ta voix. Tes yeux.
Tes yeux qui ont la couleur de ces rochers. Un gris presque blanc.
Brillant comme un diamant.
Et, comme un diamant, ton regard savait être dur, tranchant.
Froid.
Étais-tu conscient, quand tu l'as regardé pour la dernière fois, que ce regard devait la détruire ?
Et personne n'avait su tarir ce flot de larmes.
Et ses amis s'étaient dérobés.
Et elle était seule.
Seule avec ton souvenir. Qui s'effaçait à chaque battement de son coeur meurtri.
Faut-il qu'il s'arrête pour que tu existes encore ?
Elle, elle aimait la vie. Elle, elle t'aimait toi.
Et elle, elle t'a perdu. Et elle, elle a perdu la vie.
Histoire publiée le 15/04/2011 à 14h29.
Thèmes : Abandon, Solitude, Tristesse
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Par broken-inside le 07/05/2011 à 12h27
0uah... C'est magnifique.
Par ziiidoune le 28/04/2011 à 17h32
J'ai essayé de rester éveillée dans un monde où il
C'est émouvant...
Par danse-et-eprouvette le 18/04/2011 à 19h02
Foutu temps qui passe.
Ça m'a donné des frissons ...
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