Encore
Encore…
Taches rouges et coulures écarlates sur fond blanc…
Ca m'est encore arrivé. J'ai de nouveau craché du sang. Machinalement, je porte la main à ma gorge. J'ai mal, si mal… Pourquoi cette satanée blessure ne se referme-t-elle pas ? Est-ce que ça ne fait pas assez longtemps maintenant ? Après tout, cela s'est passé il y a trois ans. Je me souviens de tout comme si la scène était gravée dans ma mémoire en lignes de feu.
C'était lors d'un voyage scolaire. J'étais logée avec trois autres filles dans une famille qui ne nous portait aucun intérêt. En fait, de famille, il n'y avait qu'une femme qui ne parlait jamais avec nous et se contentait de préparer les repas avant de disparaître on ne savait où. C'est probablement à cause de la négligence de cette femme que cet incident est arrivé. Des trois filles qui logeaient avec moi, aucune n'avait la moindre sympathie envers moi, à l'instar du reste de ma classe. Néanmoins, il y avait une différence entre l'hostilité que me portait les autres élèves et la haine que deux de ces filles me vouaient. Toujours est-il que vers la fin du séjour, nous devions nous rendre sur une île et pique-niquer au bord de la mer.
Ce jour-là, le réveil fut difficile, je me levais après les autres et sortis de la salle d'eau en dernière. Mon repas était le dernier à traîner sur la table, je le fourrais en vitesse dans mon sac et rejoignis les autres dans la voiture. La matinée se déroula sans encombre, les autres élèves m'évitaient et j'eus la paix jusqu'à midi. Là, les trois filles avec qui je logeais vinrent s'asseoir avec moi. Ne trouvant aucune excuse pour leur échapper, je ne protestais pas et ouvris mon paquet de chips d'un geste rageur. Nos repas étaient toujours les mêmes :un paquet de chips, deux sandwiches, une boisson et une barre chocolatée. Les sandwiches se résumaient à une couche de fromage douteux orange coincée entre deux tranches de pain de mie. Je ne prenais même plus la peine de les ouvrir pour vérifier le contenu. Pour sentir le moins possible le goût du fromage, j'avalais toujours quasiment sans mâcher. Là encore, j'appliquais cette méthode mais, à la deuxième bouchée, j'eus l'impression que des milliers d'aiguilles explosaient dans ma gorge, rayant mon œsophage. J'ouvris mon sandwich d'un geste vif. Des bouts de verre ! De minuscules bouts de verre parsemaient le fromage. La douleur était insupportable, le goût salé et cuivré du sang envahissait ma bouche, écœurant. Je me levais d'un bond et courus derrière un des nombreux murets qui nous entouraient. Là, je me forçais à vomir, terrifiée à l'idée d'avoir une blessure béante dans la gorge. Quand mon estomac n'eut plus rien d'autre à rendre que de la bile, je m'essuyais la bouche et retournais à ma place. Je ne fis aucun commentaire et bus l'intégralité de ma bouteille d'eau pour tenter de chasser le goût du sang. Puis, avec une lenteur calculée, je scrutais les trois filles. Laquelle ? Laquelle avait eu la merveilleuse idée de me… Tuer ? Parce que si ce n'était peut-être pas le but, c'était la conséquence qu'il y avait failli avoir, je ne me faisais aucune illusion. J'étais parfaitement consciente d'être en sursis. La blessure saignait-elle encore ? Etait-ce plus grave que ce à quoi je pensais ? L'absence de réponse me terrifiait mais il était hors de question que je fasse part de l'incident à quiconque. Le reste de la journée passa sans que j'en eus conscience, et le reste du voyage aussi.
Jamais je ne portais plainte et l'incident ne fut évoqué dans aucune conversation entre les élèves. Apparemment, mes tortionnaires ne se vantèrent jamais de leur forfait. A vrai dire, une seule personne fut mise au courant : mon médecin. Il me confirma ce que je craignais, à savoir que j'aurai pu mourir ce jour-là. Je lui imposais de garder le silence sur cet incident, refusant de suivre son conseil de passer des radios car il aurait fallu pour cela que je mette mes parents au courant, ce qui était hors de question.
A présent, il arrive que la douleur revienne, lancinante, insupportable. Dans ces moments-là, je me mets à tousser, tousser à en rouvrir ma blessure, tousser à en cracher du sang. Et je me souviens. Je me souviens que des filles ont failli me tuer simplement parce qu'elles ne m'aimaient pas. Je me souviens que j'ai failli mourir pour une raison que j'ignore.
Histoire publiée le 02/07/2008 à 13h53.
Thèmes : Blessure, Haine, Incompréhension, Peur, Voyage
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Par mandou-land le 07/09/2008 à 17h02
pourquoi l'amour nous rend-il étrange?
RAH BORDEL JE SUIS ENRAGEE!!!!!! TIMAGINES MEME PAS!!!!!
QUEST CE QUE LETRE HUMAIN PEUT ETRE CON!!!!!!
DAILLEURS IL LEST TOUT LE TEMPS!!!!
JE LE HAIS JE LE HAIS!!!
JE DEVRAIS LES EXTERMINER LES GENS COMME CA!!! ZONT RIEN A FOUTRE SUR CETTE PLANETE!!!
ET MERDEEEEE!!!!
Par ptiitexetoile le 18/08/2008 à 14h22
Crée & Gère Ta Brute ! Http://Broco.LaBrute.Fr/ =D
j'suis en train de tenir ma gorge là t'imagine pas...
Les humains ont-ils un tel ennui qu'ils jouent de la vie des autres ?
L'ignorance est inssuportable dans la soif de savoir... savoir pourquoi l'on est encore en vie, savoir pourquoi la mort n'est aps passée loin...
Par petit-ange17 le 13/07/2008 à 17h55
"La vie est une succession d'erreurs ... "
Idem, jai pas pu lacher lecran des N´oeil ...

Tres bien ecrit, bravo !!!
Par gomette le 12/07/2008 à 22h50
et merde, ça prend aux tripes ton truc... j'ai pas pu lacher l'écran des yeux, d'ailleurs c'est choupette qui va être contente, je l'ai plantée sur msn...
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