Falling
Je ne pensais pas pouvoir faire... Vide.
L'atmosphère, l'air étouffant dû à un trop plein... de néant.
Ne plus savoir quoi faire, entourée de cette brume de sentiments. Je suis désorientée à ne plus pouvoir respirer, à ne plus le vouloir. Et je me vide peu à peu de mon existence, de mes souvenirs, du malheur comme du bonheur que j'ai pu ressentir, et qui m'indiffèrent à présent. Plus rien n'a d'importance, dans cette transe qui m'enlève lentement, à l'aide de cette douce brise, mon humanité, ma sensibilité. Et maintenant, je peux oublier. T'oublier. Vous oublier. Peut-être. Je ne sais encore si je suis prête à tout abandonner pour cette animosité, cette déchéance qui menace chacune de mes veines, chacun de mes membres de sa noirceur pernicieuse. Cette aura qui plane sur ma tête, un œil non averti la confondrait avec son contraire. A dire vrai, beaucoup ferait cette erreur. Cette couronne est tout aussi lumineuse que la dernière ; elles n'ont cependant pas la même signification, elles ne me destinent pas au même terme.
Peu à peu un son strident entrave mon ouïe, m'empêchant d'entendre les battements de mon cœur, qui ne sera plus dans quelques instants. Cette mélodie rassurante de la vie, à laquelle je n'aurai plus le droit. Dans l'univers qui me tend les bras, tout ne sera plus que silence et tourments, souffrances et solitude. Un délire éternel et froid, atténuant probablement la chaleur accablante et ses assauts en fusion. Disparition. Aussi nonchalamment que le bruit effroyable, sur mes yeux se couche un léger voile. Son opacité est inquiétante, terriblement angoissante, cependant d'une autre manière, il se fait l'instrument d'une fin salutaire. Voilà donc la cécité qui me permettra de ne pas me voir sombrer, ni d'entrapercevoir les lambeaux de chair exploser... Mais de ne pas être également le témoin de la mort de cet organe, qui s'éclipsera comme mon âme. La douleur à l'idée de cet abandon ne ressemble en rien à celles que mon corps a pu déjà ressentir par le passé. Lequel ? Je ne suis plus certaine de ce que j'affirme... Pourtant, il me semble encore t'apercevoir au détour d'une pensée. Pourquoi n'es-tu pas parti ? Quelle raison te fait demeurer ici ?
A l'intérieur de mon enveloppe charnelle, à l'abri du mal qui m'enlace inexorablement, et m'entraîne vers le fond de notre terre. Les Enfers. Ne reste pas. Envole-toi, détache ta générosité de mon être ruisselant de pêchés. Les conséquences de cet acte que je dois endurer vont bientôt débuter. Quel crime, quel délit vais-je commettre pour mériter cet exil éternel? Tout devient flou par cette folie qui me gagne, et me sépare de tous mes espoirs. Le dernier pas est franchi. Je ne peux plus reculer. La clarté qui me baignait est perdue à jamais. Je n'ai aucun regret car telle était ma destinée. Quitte à te laisser, et m'en aller là où tu ne peux me suivre. Quitte à être damnée, et ne plus pouvoir t'admirer.
La passion est encore présente, ça et là sur ma peau. Tant de tendresse que je risque de perdre dans mon envol vers le sol. Et de nouveau je suffoque à cette remémoration. Tout doit rapidement se terminer.
A ces mots, je chancelais. Personne n'aurait pu empêcher le sort de m'emporter. Mes ailes meurtries, quant à elles, étaient recroquevillées. Le mécanisme qui me condamnerait venait d'être enclenché. Le vent me berçait, ralentissant mon contact avec cette doucereuse calamité. Et toi, pour la dernière fois dans mon esprit, tu apparaissais. Tu semblais si triste, si affligé. Merci pour ta compassion. Merci pour ta bonté. Merci pour ta clarté qui illuminait la voie que je devais suivre, dans cette chute.
Histoire publiée le 21/05/2010 à 13h50.
Thèmes : Chute, Espoir, Fin
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Par dead-rose le 14/06/2010 à 11h59
Moi aussi <3
Par ranouille le 23/05/2010 à 13h46
Les butterflies se sont envolé...
J'aime beaucoup beaucoup =)
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