forteresse familiale
Près de la forteresse, vivait un monde, dont personne ne soupçonnait l’existence. Près de ce verger entouré d'arbustes bien emmitouflés derrière de hauts murs, vivait une famille, jusque là rien d'anormal. Mais en y regardant de plus près, cette famille travaillait du matin au soir, d'arrache pied pour obtenir un beau jardin. Le père tenait sa famille à la baguette. Sa femme, son garçon et sa petite fille ne pouvaient dire mot. Ils devaient obéir sous peine de corrections. Le père pendant ce temps se reposait sur sa longue chaise. Personne ne pouvait pénétrer dans ce lieu si paisible. Des hauts murs surmontés de barbelés, de caméras de surveillance. Ce lieu était une forteresse familiale. Cet homme avait l'allure d'un chef d'orchestre, armé de ses baguettes, de ses domestiques et des chiens de garde, il avait un moyen bien efficace de se faire comprendre. Quand le temps ne lui permettait pas de profiter du soleil, il restait à la fenêtre, à observer ses chers protégés sous la pluie. Tel un roi dominant sa maison. Dès lors que Monsieur était dans l'allée, tous devaient montrer où ils en étaient. Si par malheur le quota n'est pas rempli, un châtiment spécial les attendait. Le Malheureux devait suivre le Maître, à l'intérieur.
Si des plantes vertes étaient arrachées alors qu'elles ne devaient pas l'être alors là, un des domestiques empoignait par la peau du dos le malheureux et le tirait devant le Maitre. Les autres devaient cesser le travail, se mettre en rang. Et voir le supplicié à genoux, battus à coups de baguettes. Aucun cri n'était toléré, si l'on parvenait à en entendre, un infime son, tous les autres prenaient non plus des coups cette fois, mais ils étaient obligés de laper comme des chiens leur maigre nourriture pendant six jours consécutifs.
Si une plante, un arbre ne poussaient pas correctement, ils étaient envoyés chacun leur tour, que ce soit la petite fille, le garçon ou la femme, dans la maison. Ce qu'ils subissaient étaient une sorte de lavage gratuit. Ils étaient ligotés sur une chaise face à eux des chiens de garde, pendant une heure. Puis les gardes prenaient le relais. Impossible d'aller aux toilettes il fallait faire sur soi. Ce qui mettait les gardes en colère, puis venait l'heure de la douche froide. On leur plongeait la tête dans un bain glacé, plusieurs fois. Puis après ils étaient ficelés sur un tronc jusqu'au soir. Leur nourriture était toujours liquide ou sous forme de bouillie, toujours entourés de chiens à l'œil féroce prêt à mordre à chaque écart.
Si une crotte était visible sur la pelouse, il fallait nettoyer au plus vite, sinon, celle-ci se retrouvait dans le bol de bouillie, et il fallait absolument le rendre vide.
Si par bonheur, le Maitre était content de sa troupe, ils avaient le droit de se réunir pendant une heure devant le petit écran dans une pièce de la maison. Celle-ci était condamnée de l'intérieur, les fenêtres étaient murées, les poignets des meurtris étaient menottés pour éviter toute fuite. La télévision était reliée à la pièce centrale de la Maison. Elle diffusait toujours les mêmes images, de beaux jardins bien entretenus. Une pelouse parfaite, des haies droites, un verger rempli de légumes, propres. Le silence devait régnait.
La pièce dans laquelle se trouvaient de nombreuses caméras vidéo dernier cri, de nombreux ordinateurs calculant les moindre faits et gestes de sa petite famille, des rats de laboratoire. Cette pièce, pour y accéder, il fallait tout d'abord tendre le pouce droit, capteur digital, puis se munir d'un passe-droit, composer un code. Une porte s'ouvrait, il fallait éteindre l'alarme puis le sol s'ouvrait faisant apparaitre une colonie de souris, de rats, mulots, au centre était disposé un bac rempli de nourriture. En levant la tête, il y avait une plateforme d'ou étaient disposées des caméras. Pour accéder à la pièce suivante, il fallait surmonter sa peur, et plonger sa main dans le grain et actionner un bouton qui ouvrait la pièce suivante. Et là nous arrivions à la pièce maitresse du lieu du Maître. Le patriarche pouvait outrepasser la seconde pièce, il lui suffisait dès la première pièce de chantonner un rythme qui ne libérait pas les rongeurs.
La petite fille était à peine âgée de neuf ans, son frère d'un an de plus. La mère avait épousé ce jardin qu'elle trouvait charmant, puis avait rencontré son mari, agent immobilier, ils étaient tombés amoureux, et peu après naissaient leurs enfants. La situation s'est aggravée lorsque la famille eut les jeunes chiots à l'époque. L'un des deux enfants jouait avec l'un d'eux quand l'un s'est mis à convulser fortement et à recracher un liquide blanc neigeux. La mère qui passait par là l'a emmené chez le vétérinaire, qui lui n'a rien pu faire. Ils ont décidé de cacher cet événement au père. C'est à partir de là que la personnalité du jeune père s'est transformée. Cet amoureux de la nature, et tout particulièrement des chiens est entré dans une colère folle, a engagé des hommes de main et des chiens de garde. Et c'est là qu'a commencé pour la petite famille le cauchemar. Les interdictions pleuvaient, plus moyen de sortir de la maison, de se laver seul, de faire ses besoins. Le jeune chiot fut retrouvé par la petite fille décapité. La tête dans un tiroir.
Pour se laver, il fallait être en présence du patriarche, et de ses hommes. L'eau chaude fut coupée. Les vêtements avaient disparus, le nécessaire de confort aussi. Se retrouver nu en présence de plusieurs individus mâles, n'est guère chose facile. L'alcool coulait à flots. Souvent, la femme et le garçon subissait des sévices sexuels le tout filmé par des caméras de surveillance. La petite fille était épargnée, mais l'un des domestiques la trouvait irrésistible, mais le Maitre remettait à la place tout de suite celui-ci. Personne excepté le Maitre pouvait sortir de ce cocon. Il ravitaillait ainsi ses gardes et lui même ainsi que ces bestioles de laboratoire. Ils dormaient sur des paillasses, parfois des feuilles de journal trainaient, leur servant de couverture. Tandis que le Maitre lui avait tout le confort à sa disposition. L'intérieur, sauf la pièce forteresse avec les ordinateurs, était sale, en désordre.Le maitre se faisait livrer, ou achetait ses courses à l'extérieur. Personne ne se doutait de cet homme, à l'apparence soignée. Aucun bruit suspect ne sortait de sa forteresse. Il avait réussi à faire oublier sa famille. Celle-ci était selon ses dires partie vivre ailleurs. Un soi disant divorce.
La petite fille eut une idée qui lui traversa l'esprit par une belle après-midi ensoleillée, alors qu'elle ratissait la terre, elle voulait à tout prix s'échapper. Mais comment pouvait-elle ? Il n'y avait aucune issue. Elle savait qu'elle n'avait plus beaucoup de temps pour agir, l'un des gardes lui faisait des avances. Mais elle n'avait que neuf ans. Elle savait que si elle ne faisait rien, il y passerait de toute façon. Cet homme voulait lui mettre la main dessus, elle ne comprenait pas pourquoi elle avait été épargnée. Elle. Pourquoi son père l'avait écartée ? Que lui réservait-il comme supplice ? Elle n'avait pas le droit de parler avec son frère ou sa mère, le devoir, toujours celui de travailler, de subir en silence les moqueries et autres sentences. Elle voulait se venger. Son corps amaigri par la faim, les tortures, les séances forcées, elle avait encore toute sa tête, son père et ses Chiens ne pouvaient lui voler son âme, ses pensées. Ses mains étaient pleines de terre, elle tenait debout difficilement, mais il ne fallait pas plier, jamais. Sa mère travaillait en face d'elle sur son échelle à décrocher les fruits. Son frère lui semblait triste, ses vêtements n'étaient que haillons, tout comme elle d'ailleurs ou sa mère. Elle devait se venger, mais comment se débarrasser, une seconde, de ces têtes pivotantes, et d'Eux...
Un plan... Il fallait un PLAN...
A suivre....
Histoire publiée le 27/12/2009 à 22h07.
Thèmes : Bourreaux, Discipline, Maître, Pensées, Punitions, S'échapper, Tortures, Travail
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Par schweppesagrum le 06/01/2010 à 17h56
Adam's Song
J'aime beaucoup et j'attends de connaitre la suite
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