Histoire d'une rupture
J'aimerai te dire que sans toi tout va bien, te le dire en te regardant droit dans les yeux, te le dire sans mentir et sans faiblir. Mais rien ne sort, pas un son, pas même une larme, juste du vide. C'est pire, bien pire. Il survient quand tu n'as plus rien à penser, à attendre, à espérer. Et il demeure et tu t'y perds. C'est un gouffre sans fond. C'est tout un univers réuni en un seul et même esprit. Alors je patiente, silencieusement. Je ne sais pas pourquoi moi-même. Mais je reste là, debout devant toi, inerte.
J'aurai tellement de choses à te dire si je savais parler, si les mots me venaient. Mais tu t'en vas... J'ai peur, peur de te perdre une fois de plus, la fois de trop. Dans un souffle, je dis ton nom, tu ne te retournes pas. Je crie que je t'aime mais tu ne réagis pas! Je hurle que je ne suis rien sans toi mais tu n'es déjà plus là. Alors tout s'échappe, des choses incohérentes, des larmes brulantes, des phrases sans sens, tout ce qui me passe par la tête.
En pleurant, je vide mon coeur de ses maux à défaut de pouvoir le vider de son sang. Tout ressort, tout ce que je n'ai pas su te dire, tous ces pleurs que j'avais refoulé. Le sol se met à trembler sous mes pieds, tout devient flou. Je ne vois plus qu'une chose: ton image. Je veux en finir. J'avance sans savoir où je vais, ça n'a plus grande importance de toute manière. Ma raison de vivre est partie, la vie n'a plus rien à m'apporter, juste de la douleur.
Je veux mourir, ou juste cesser de vivre. Je voudrais savoir si ma mort te ferait mal, si tu souffrirais autant que moi je souffre ce soir. Mais je n'ose pas passer à l'acte. Je crains qu'après, tu gardes un mauvais souvenir de moi, celui d'une fille trop lâche et pathétique. je ne souhaite pas non plus que tu te sentes coupable d'un tel drame. Je sais ce que je veux, je ne sais pas si je peux.
Mais après tout, si tu es parti, c'est que je ne compte plus pour toi, que je n'ai plus ma place au sein de ton coeur, non? Les choses seraient si simples si elles étaient ainsi, un peu trop. On n'aurait pas à douter sans cesse. On finirait par s'ennuyer. Mais actuellement, ce n'est pas l'ennui qui me tue mais bien ton absence qui te fait si pesante. Je ne supporte plus. Je marche sans avancer. J'espère sans y croire. J'ai le coeur lourd, vraiment. Il est en ruines. J'ai comme l'impression de subir mille morts.
Les souvenirs m'assaillent mais je m'oblige tout de même à songer à toi car l'agonie est trop forte. Je dois m'achever! "Viens la mort! Prends moi, je suis toute à toi!" Je hurle ces quelques mots, encore et encore. Je cours, je titube, je vais partout et nul part. Tout me paraît étranger. J'ai si peur loin de toi. Mais je cours, jusqu'à l'épuisement, comme si ma survie en dépendait.
J'entends du bruit, des hurlements. Ils me semblent bien lointains. Je n'y prête pas attention. Et je cours, encore et toujours. Quelque chose me percute. Je tombe à la renverse. Je vois des phares, des têtes penchées sur moi. Tu es là toi aussi, tremblant, tu murmures des paroles que je ne saisis pas. Tu glisses ta main dans la mienne, en sang... Ma vision se trouble et puis plus rien, le néant. Je suis déjà trop loin. Mon âme s'évapore. Sous ton regard affolé, je suis morte...
Histoire publiée le 28/04/2010 à 14h40.
Thèmes : Amour, Espoir, Mort, Rupture, Sang
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Par andrea1 le 29/04/2010 à 22h51
Jusqu'à hier.
J'adore.
C'est superbe.
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