Histoire de sexe
Petite mise en contexte:
J'ai écrit cette histoire avec une amie au secondaire. Personnellement, je trouve que la fin est assez ordinaire (c'est censé être une nouvelle, donc la fin devrait être percutante). Cependant, mon enseignant a tellement apprécié cette nouvelle que nous nous sommes mérités un 98%. À vous de juger si ça le valait...
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<Histoire de sexe>
Marcell était tranquillement assis(e) dans son fauteuil, chez lui ou elle. Il était très tard et la nuit était tombée depuis longtemps en cette soirée verglaçante. Il ou elle se questionnait sur son identité: "Je vis à Bras d'Apic depuis toujours, dans la solitude depuis la mort de maman puisque, outre mon chien Claude, il n'y a personne d'autre que moi qui habite cet endroit minable. Je n'ai toujours pas trouvé ce que je suis: un homme ou une femme ? Je ne sais plus où j'en suis !" Marcell pleura en silence, passa sa main dans ses cheveux en coupe champignon et se gratta le nez. Il ou elle était un hermaphrodite, mais ce soir-là, c'était son côté féminin qui prédominait. Il ou elle aurait préféré être un homme en ce moment, pour cacher ses sentiments. Mais il ou elle ne choisissait pas ce qu'il ou elle était.
Donc, ce soir-là, Marcell était "elle". En se préparant une tasse de thé, Marcell entendit quelqu'un frapper à la porte. Elle se regratta le nez, surprise. "Qui peut bien me rendre visite dans ce trou perdu, à une heure pareille, en plus !" se dit-elle. Elle ouvrit la porte. Un homme se trouvait devant elle.
- Ahhh ! Mon Dieu ! cria l'homme.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Marcell de sa voix aigue, tout en grattant son nez à nouveau, cette fois vigoureusement.
- Je n'ai jamais vu un homme avec des seins pis une voix de tapette !
Marcell se mit à pleurer.
- Désolé ! Désolé ! Est-ce que je peux entrer ? demanda l'homme. Je suis en panne, là-bas...
- Oui, oui, entrez ! répondit Marcell, toujours en larmes.
L'homme posa son énorme arrière-train sur une chaise, qui faillit céder sous son poids. Marcell assécha ses pleurs et contempla l'étranger. "Je n'ai jamais vu un homme aussi beau. Une chance que je suis une femme, ce soir !" se dit Marcell, émerveillée.
- Je suis désolé de vous déranger, monsieur... euh, madame... euh, en tout cas... mon très cher vous, excusez-moi d'arriver chez vous à l'improviste, à cette heure de la nuit, mais je voudrais appeler une remorqueuse.
- Le téléphone est là, l'adresse de ma maison est écrite sur l'annuaire juste à côté. Faites comme chez vous.
- Merci.
Après avoir téléphoné, l'homme dit:
- Le remorqueur va mettre du temps à venir, il est pas mal loin d'ici.
- Pas de problème, vous n'avez qu'à rester ici en attendant.
- Merci euh... merci.
- Je suis Marcell, deux "l", sans "e".
- Moi c'est Gérard Bernard. Euh... Marcell, excusez-moi de vous poser cette question indiscrète, mais... êtes-vous un homme ou une femme ?
En entendant ces mots, Marcell se remit à pleurer.
- Bou hou hou..
- Excusez-moi, Marcell ! Je n'ai pas voulu vous vexer !
Marcell stoppa ses pleurs, se gratta le nez et dit:
- Ne vous en faites pas, Gérard. C'est que je suis un hermaphrodite. Je possède les deux sexes, c'est de naissance. Mais ce soir, c'est mon côté féminin qui est présent. C'est pourquoi je suis si sensible, si sentimentale.
- Vous voulez dire que vous êtes un homme de temps en temps, une femme le reste du temps ?
- Oui. Et c'est difficile de vivre ainsi. Je ne sais pas qui je suis.
- Je comprends, Marcell. Toute mon adolescence, je me suis demandé si j'étais hétérosexuel ou homosexuel. En plus, j'ai toujours été gros. J'étais trop complexé pour approcher qui que ce soit. Mais, en vieillissant, j'ai fini par comprendre que je suis bisexuel.
Cette révélation fit briller une lumière dans le cerveau de Marcell. Elle était contente. Dans sa tête, un raisonnement se faisait. Si Gérard était bisexuel, cela signifiait qu'il aimait les deux sexes. Et s'il aimait les deux sexes, cela voulait dire qu'un relation était possible entre eux... Après tout, malgré son énorme taille, Gérard n'était pas laid, et il semblait sympathique. Marcell jubilait. Elle savait maintenant qu'il y avait un espoir qu'elle ne finisse pas sa vie seule. La remorqueuse arriva et sortit Marcell de ses pensées. Gérard et elle se dirent au revoir et Gérard remercia chaleureusement Marcell de l'avoir accueilli. Avant de se mettre au lit, Marcell but son thé, qui était devenu tiède, et se dit que le destin devait sûrement croiser leurs routes à nouveau. Sinon, elle ferait en sorte de le revoir.
Le lendemain, Marcell était "lui". Il se leva vers dix heures, prit sa douche, déjeuna et décida d'aller faire son épicerie à Saint-Cyrille avant d'aller travailler. En revenant, il se mit à penser à sa rencontre de la veille avec Gérard Bernard, l'homme bisexuel. Il se demanda alors si, en tant qu'homme, il était homosexuel ou hétérosexuel. La réponse lui apparut comme une malédiction: " Non ! Je suis homosexuel !" La vérité, trop frappante, lui fit oublier qu'il devait aller travailler à l'université de Bras d'Apic, où il était concierge. Il rentra chez lui.
Deux jours plus tard, Marcell se réveilla en étant "elle". Elle se rendit compte qu'elle allait manquer de papier hygiénique. Elle alla donc à Saint-Cyrille à nouveau. Rendue à l'épicerie, elle prit son emballage de rouleaux de papier hygiénique et marcha jusqu'à la caisse pour payer. À ce moment, elle vit sa sœur entrer.
- Hé, Claudia ! Ça fait longtemps que nous nous sommes vues ! dit Marcell.
- Et toi, ça fait longtemps que tu t'es fait la barbe !
Marcell parla de sa rencontre avec Gérard à Claudia. Il y avait quelques années que Claudia, qui était petite et avait de longs cheveux bruns, s'était mariée. Elle dit à Marcell:
- Si tu le revois, n'hésite pas. Fonce !
Marcell rentra chez elle, troublée. Elle avait des doutes sur ses sentiments.
En arrivant à la maison, elle fut surprise de voir un véhicule stationné dans l'entrée. "Mais qui est-ce ?" se demanda-t-elle. Elle était certaine que l'automobile lui était familière, mais elle ne savait pas pourquoi. Marcell prit son papier hygiénique, se dirigea vers la porte d'entrée et l'ouvrit. Gérard était assis sur une chaise et lui souriait.
- Salut chéri(e) ! Tu t'es ennuyé(e) de moi ?
Marcell resta interloquée.
- Marcell, continua Gérard, je te le demande officiellement: veux-tu m'épouser ?
- Non, je le veux...
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Je vous l'avais dit... la fin est vraiment plate !
Histoire publiée le 14/08/2007 à 15h15.
Thèmes : Amour, Etrange, Hermaphrodite, Nouvelle
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Par zazoo92 le 20/08/2007 à 21h36
yper zoli
Par tuquerouge le 15/08/2007 à 01h25
*I'm a fuking nolife*
"non je le veux..."
On se demande bien pourquoi!
en tout cas elle m'a bien fait rire ton histoire...!
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