In the end...
Par où commencer? Le début? beaucoup trop long, douloureux me revenant si souvent...
La suite? Mais quelle suite, commence ici la fin ...
Par ma fenêtre je l'observe tous les jours partir en courant; toujours pressée...surtout en retard ...
Des fois elle prend la voiture de ses parents pour y mettre tout le matériel qu'elle transporte, un matériel m'étant fort inconnu.
Je l'ai observé de jours en jours, cela va faire trente cinq ans maintenant, et comme tout bon être humain égoïste, je n'ai rien fait.
Ca fera trente cinq ans jours pour jours que je n'ai rien fait mais ce soir promis je me décide et je la rejoindrai.
La toute première fois que je l'ai vue, elle était blonde, en petite robe et tenant la main de ses parents avec un charmant sourire ornant son visage d'ange. Je n'eu le temps de voir cette petite fille ainsi que peu de temps; car une fois, en hiver je crois, je la vis cramponnée à sa mère hurlant et des larmes volant dans les airs.
Non son père n'était pas mort... Non comme tout humain (c'est à dire insensible) le dirait, ce n'était pas son animal de compagnie qui était mort. Mais bien pire, qui devint pire encore les années suivantes.
Des rumeurs? Pas vraiment, plutôt un grand point d'interrogation, voire même plusieurs...
La famille ne se réunissait plus à la maison. On entendait de plus en plus fréquemment des cris, des fracas d'objets brisés...Mais jamais je ne revis de ma fenêtre un vrai sourire de la petite...
Plus les mois passaient, plus je la voyais seule . Elle rentrait en courant, poursuivie par les gamins du quartier trouvant amusant de la tenir : lui tenir les bras pour la rouer de coups, lui tenir la tête pour qu'elle écoute leurs insultes ressemblant plus à des cris de démons assoifés d'une âme pure...
Les parents la défendaient comme ils le purent cependant les adultes s'en mêlèrent : <<Votre morveuse peut se démerder seule>>, <<cessez cette paranoïa madame ils ne font que jouer>>, <<on ne va quand même pas les empêcher de se défendre contre ce petit monstre>>...
Le "jeu", à ce que je vis n'était pas mutuel; la petite devait toujours ramasser ses lunettes écrabouillées par leurs pieds immondes, des larmes coulaient à flots sur son visage mais bien sûr ce n'était qu'un "jeu".
<<morveuse>>, <<vache folle>>, <<serpent à lunettes>>, <<manouche>>, <<fille à maman>>, et j'en passe, étaient les insultes que j'entendaient hurlées par ces petits mouflets incapables d'accepter sa différence.
Une amie vint un jour à la maison boire un café, elle me parla longuement de la petite. Elle faisait des tours de cours seule quand ils ne l'attrapaient pas pour la torturer ou elle passait tout son temps sous le préaut à faire des exercices pendant que les autres jouaient...<<Et sa récréation??!>> lui dis je. L'amie me répondit qu'elle n'en avait pas sur le ton de l'évidence. Comment à huit ans pouvait-on priver un enfant innocent de récréation?
Et cette planète s'appelle Terre, êtes vous sûr? Moi j'aurai dit Enfer... Enfin...
Le temps passait encore comme dans un sablier immense : le sable s'écoulait lentement toutefois la quantité des difficultés à résister devenait énorme .
Après mûre reflexion, la "famille" déménagea "ailleurs" et ce que je ne compris pas c'est que moi également je dû partir près de chez eux. Etrange mutation...
Je l'observais toujours alors la p'tite...
Ca semblait s'arranger, elle jouait avec ses chiens et pouvait respirer un peu plus l'air dénué d'insultes et de regards accusateurs.
En fait je me trompais : la situation se répéta encore.
Progressivement ou brutalement je ne sais, les deux à la fois je crois; je pus remarquer de nouveau l'exclusion, la revoir seule et pleurant les larmes de son jeune corps frêle de plus en plus en position foetale .
Aucun doute, ça n'allait pas, "ça" recommençait.
Je ne sus quoi exactement puisque je dus partir plusieurs mois pour... le travail...
A mon retour tout avait encore changé.
Elle semblait mignonne lorsque je la voyais de loin rentrer avec sa mère ou son père; néanmoins j'entendais toujours les disputes fréquentes éclater tout comme les objets heurter les murs ou le sol de la maison.
Une fois tout à coup, elle me frôla à la boîte aux lettres : j'entendais un son inconnu. Hum...
En fait c'était son baladeur qu'elle avait mis sur ses oreilles, c'est pour cela qu'elle ne répondit pas à mon <<bonjour mam'selle>> je pense. C'est à partir de ce moment, la voyant souvent partir dans les champs avec ses chiens de plus en plus tôt le matin et rentrer chez elle à des heures excessivement tardives, que je me rendis compte qu'une métamorphose avait lieu .
Le look était tout à fait différent, sombre, je n'ai pas dit noir !!
Six ans à observer un renfermement et une tristesse constants sur son visage pâle...
Toutefois je fut dans l'obligation de déménager de nouveau pour...le taff comme ils disent ici.
Un an sans nouvelles. Des fois je rêvais d'elle; je la sauvais des flammes mais elle disparassait en riant lorsque j'atteignait sa main.
A l'époque des grandes grippes, un cauchemar constant se répétait : Elle était là. Se tenant devant moi, elle me regardait et lorsque ses larmes coulaient de ses yeux bruns, du sang coulait de ses tempes. Hurlant et appelant à l'aide je continuais ma route et la jetai à terre quand elle s'agrippait à moi. A chaque montée de fièvre, qui étaient fréquentes, je revoyais ce cauchemar incessant et effrayant qui m'interrogeait sur ce que la petite devenait.
Soudainement, par un jour ensoleillé de juin, un ronflement de camion m'arracha de ma sieste et me tira jusqu'à mes volets à demi clos pour voir, à mon plus grand étonnement...Elle... Elle déménageait encore...Courageuse la petite, qui avait bien grandi d'ailleurs !! Elle les portait les meubles, quel courage !
Pourtant les sourires qu'elle pouvait lancer autour d'elle n'étaient pas vraiment sincères...Ses yeux si expressifs m'ayant vu comme une vieille commère du quartier derrière mes volets me disaient tout à fait le contraire.
L'hiver passa et je vus que la petite était grande maintenant. Je dirai...en fait je ne dirai rien, elle était adolescente voilà tout ce que l'on doit savoir.
Un soir, je la vis en chemise de nuit au premier étage sur le rebord de sa fenêtre observant les flocons de neige mélancoliquement, une cigarette à la main. Une cigarette !! m'insurgeai je intérieurement. Catastrophe, pourquoi se réfugiait elle dans cette cochonnerie qui vous bouffe de l'intérieur?!! Elle avait l'air de s'en foutre, autre chose ou quelqu'un d'autre la bouffait de l'intérieur.
<<Les éclats de voix ne cesseront donc jamais>> grognai je une nuit, où ce fut si violent que cela m'en extirpa de mon sommeil et forcémment "ça" venait de chez Elle.
Une époque me fit profiter de sa métamorphose : je n'arrivai plus à dormir que cinq heure par nuit, "l'insomnie du stress" que m'a dit le toubib...Hum sûrement...Alors au lieu de dormir et prendre mes comprimets, je l'observais encore et...toujours.
Vêtue de souvent de noir, je la voyais courir pour aller au lycée ou emprunter la voiture de ses parents pour y mettre tout le matériel qu'elle transporte, un matériel m'étant fort inconnu.Toujours pressée ou plutôt en retard...Mais jamais heureuse, jamais...
Cependant je voyais sa beauté éclore : elle n'avait plus de lunettes, ce qui lui avait donné un moment un léger sourire, ses cheveux mi longs embellissaient sa superbe nuque...Non loin de là des idées pédophiles toutefois j'enviais sa beauté, sa jeunesse qu'elle payait au prix fort par tant de tristesse.
Pourquoi n'ai je jamais été à sa rencontre?...
Une surprise m'étonna une fois, je la vis de nouveau porter des robes qui lui allait fort bien et la rendait vraiment ravissante mais à mon grand désespoir, les jeunes lui aboyaient dessus <<sorcière>>, <<x-men>>, <<monstre>>...
Néanmoins je ne la voyais plus pleurer.
Pour préciser, les x-men sont des personnes dotées de pouvoirs ou dons n'ayant pas toujours une apparence humaine, par conséquent différent de "nous"...
La saison des amourettes était aussi à son essor.
Je la vis avec des tas des garçons qui ne la méritaient pas toujours soit par leur comportement, soit par leur physique ingrat ou lors les deux.
Toujours remplie de cadeaux jusqu'au cou pour eux et leurs amis, je la voyais rarement revenir chez elle avec quelque chose.
Les amours aussi s'empiraient, ils se moquaient tous d'elle, en profitait comme il n'est pas permis d'imaginer; elle qui s'attachait si vite, elle qui aimait trop, elle qui ne souriait plus...
Puis je m'apperçus qu'elle sortait seule quand les autres étaient à la fête. Qu'elle s'habituait à cette solitude, la préférant à voir les ...comment avait-elle écrit cela? Ah oui <<les spermatoizoïdes sur pattes la tromper et les hypocrites lui servant de fréquentations>> .
Je sais cela car un jour elle fit tomber de sa moto noire et très bien entretenue une lettre que je ne me permis pas de lui rendre je ne sais pour quelle raison mais je pus mieux la connaitre, ne serait ce qu'un peu.
Elle y parlait de sa famille, n'ayant plus que ses parents à qui se raccrocher, ses animaux les seuls à la délivrer de cet enfer.
Oui elle y avait eu une pensée comme moi : non pas la terre mais l'enfer...
Cependant beaucoup d'éléments m'échappaient, des noms inconnus, des faits que seule elle pouvait comprendre je pense. Une page de journal intime me permettant de ressentir sa souffrance plus que de la connaitre ne fait.
Je crus comprendre des vols, des abus sexuels, de l'alcool qu'elle décidait d'arrêter, des poèmes rangés au fond d'une malle, de la nuit qu'elle préférait au jour, de l'eau à la terre et de ses bras saignant à chaque larme qui voulait couler.
Comment ça?Elle aurait mutilé son adorable silhouette!! Mais pourquoi ne l'ai je pas approchée?...
En fait je l'ai approchée... Plutôt suivie.
Un jour, l'air de rien je la vis partir (toujours seule) dans un état pire que d'habitude et me décidai à la suivre de loin.
Elle me fit parcourir des endroits sombres, des champs mais de magnifiques lieux connus de personne sauf d'elle : rien n'était saccagé. Les jeunes saccagent souvent aujourd' hui pour montrer qu'ils existent et revendiquent leur existence, mais elle tout ce qu'elle saccageait s'était son corps...
Se posant sur un tronc d'arbre sec, la jeune fille s'étendit aux rayons du soleil une petite demi heure et c'est là que je vis ses bras marqués par les coupures plus ou moins récentes...Après elle se mit à écrire et écrire longuement dans un cahier aux reliures de cuir.
Je m'accusai d'avoir été atteint par la folie pour suivre une fille qui aime la nature, la musique et l'écriture !!
Non, toutefois je restais en arrière de ce chêne et l'observais malgré les crampes dans mon dos et mes jambes.
Soudainement elle laissa ses affaires et partit.
Mince ! Où?? Me dépenchant de suivre la belle je la vis sur les rembardes d'un pont marchant telle une équilibriste sur son fil néanmoins devant un public invisible.
Ce qui me parut étranger fut le moment où elle se tourna face à l'horizon. Dans mon observation, on m'interrompit. Un renard poursuivait sa proie, un laperau il me semble, faisaient un remu ménage affreux et j'eus peur de me faire repérer.
Lorsque je retournai la tête pour voir si son regard se dirigeai vers moi, je vis en effroi son corps plonger lentement dans le vide. Trou noir . Je ne sais ce qui se passa mais durant une vingtaine de secondes après avoir entendu son corps percuter l'eau, je dus rester dans un tel état de torpeur que j'en oubliai ce qui se déroula sous mes yeux durant ce laps si court de temps.
En un tel état d'affolement, je me précipitai vers le pont afin d'intervenir sur son sort, toutefois me prenant les pieds dans des racines cachées par l'herbe et les feuilles je trébuchai et m'assomai contre une pierre. Mon état d'alerte était tel que même si j'eus très mal par la suite, sur le coup je ne pensais qu'à appeler au secours.
Je sortis de ma poche mon téléphone portable et hurlait à mon interlocuteur qu'il fallait les pompiers tout de suite. <<Tentative de suicide>> , j'ai du le répéter au moins trente fois.
Quand les secours arrivèrent j'eus l'audace d'aller jusqu'au pont : son corps flottait inerte sur l'étendue bleue verdâtre liquide.
On m'écarta et je dus retourner chez moi. Ce ne fut que trois heures après l'accident que j'eus le réflexe de mettre une poche de glace sur ma blessure qui avait un peu saigné...Un rapport avec le cauchemar me percuta l'esprit : sa tristesse et détresse, ma tempe ayant un peu saigné. Serai je médium?? Je me dis que la contusion m'avait fait perdre la tête et qu'après deux ou trois jours de repos tout irait mieux, cependant je me trompais...encore.
Je cauchemardais de plus belle, ce même cauchemar avec des détails en plus : elle me parlait <<je ne suis que le fantôme de tes peurs, j' existe pour si peu de personnes que je suis déjà anéantie par mon sort qui prend le pas sur le peu d'espoir qui me restait>>
Les nuits furent donc courtes et je guettait à ma satanée fenêtre son retour, si jamais il y eut retour.
Il fut bien prompt. Plus tôt que je ne l'avais cru, en fait j'y croyais peu. Ses parents faisaient tant, leur maximum, mais sa détresse était trop grande...
Et le temps passait, passait et continuait de serpenter tel le corps d'un reptile n'ayant jamais de fin pour se mordre la queue et tout résoudre.
Alors je guettais : sentinelle la nuit et zombie le jour.
Si aimante mais si triste, pourquoi n'ai je rien fait? Pourquoi n'ont ils rien fait, eux qui étaient plus proches !!!
J'eus de la chance à nouveau, par un temps d'orage, la petite euh la jeune femme (je rêvasse encore à ses sourires, les vrais, pas ceux qu'elle sortait à tout venant et quand elle tournait la tête tombaient comme un coup de foudre sur une batisse) fit tomber deux ou trois feuilles de son carnet intime et je pus en lire quelques mots qui me boulversèrent :
<<je suis de plus en plus seule et cela ne peut plus durer ainsi, plus rien ne s'arrange non jamais. La minorité est trop faible et moi aussi, je ne sers plus à rien mais ai je déjà servi à quelque chose à part semer le chaos et les pleurs? Tant mieux ils se plaignent de plus en plus de mon agressivité, cruauté et s'éloignent de moi; ça sera moins dur pour samedi soir...
Il vaut mieux qu'ils me haïssent pour moins me regretter, je mourrai encore si mon âme les sentait pleurer pour ce qui n'a jamais été...>>
Ces quelques phrases furent les plus marquantes je crois.
<<Samedi mais c'est quand samedi punaise?!!! Réfléchis, réflechis...>>me criais je.
J'avais perdu la notion du temps en ayant pris congé de mon...travail et par le coup à la tête. Heureusement mon portable marquait la date. Ainsi je pus me référer à mon calendrier et voir que samedi était...
<<...Quoi !!! Demain soir! déjà, impossible !!!>>
Je calculais et recalculais au moins cinq fois mes congés, les évènements marquants pour me donner des repères et samedi, ce maudit samedi était bien comme je le disais <<demain>>.
Parmis les chansons qu'elle avait recopié je retrouvais souvent des messages de désespoirs et d'appels au secours :
<<Les portes de la prison ne s'ouvriront pas pour moi, je rampe sur ces mains et ces genoux...tout ce que j'ai besoin c'est toi, viens s'il te plait je t'appelle et oh je cris pour toi ...Je tombe précipitamment. Les portes du paradis ne s'ouvriront pas pour moi car avec ces ailes brisées je tombe>>,
<<Je me suis réveillé dans un rêve aujourd'hui, au froid du statique et j'ai mis mes pieds froids sur le sol; oubliant tout d'hier,me rappelant que je prétends être où je ne suis plus,un petit goût d'hypocrisie et je suis seul dans le réveil de l'erreur ...Lent à réagir Bien que tu sois si proche de moi tu es toujours si distant et je ne peux pas te ramener...>>,
<<J'ai fait tant d'efforts et je suis arrivé si loin mais en fin de compte (in the end..), ce n'est même pas important. J'ai dû tomber pour tout perdre, mais en fin de compte (in the end...), ce n'est même pas important [...]J'ai fait tant d'efforts malgré la façon dont tu te moquais de moi, agissant comme si je faisais partie de tes biens en se souvenant de toutes les fois où tu t'es battu avec moi ; je suis surpris que ce soit allé si loin . Les choses ne sont plus ce qu'elles étaient, tu ne m'aurais même plus reconnu si tu n'avais pas su que je revenais...>>,
<<Je suis hanté par un murmure, un frisson passe en moi et je suis piégé durant cet instant .Je ne suis pas une victime, je ne suis pas anormal, pas un monstre...Libères moi avant que je ne meurs, quelqu'un peut-il m'aider ?J'ai vu le visage de ma douleur, de ma réalité et je suis torturé par le futur, des choses qui sont supposées arriver. C'est comme si le jour ne se lèverai plus jamais...je ne suis pas un héros... non, mais le poids du monde est dans mon âme>> ...
Je ne savais que faire : aller voir ses parents ou me taire pensant que "ça" se passerait... Surtout qu'avec ma blessure au crâne, ils m'auraient bien pris pour un de ces cinglés échappés de l'asile.
Je laissai quand même au dépourvu une page et allais me coucher afin de me lever tôt et pister cette âme en détresse...
Manque de chance mon réveil ne sonna pas : coupure de courant dûe à l'orage... Ce manque fut compensé car lorsque j'eus mis les pieds hors de mon lit, j'entendis le portail claquer; ce qui me fit précipiter à la fenêtre pour voir que c'était Elle qui partait .
Pas le temps de changer de vêtements, je garde ceux de la veille, ceux avec lesquels j'avais dormi.
Pas le temps de manger ou de me coiffer non plus, une vie était en jeu, enfin ma tête n'en étais pas encore vraiment sûre. Tellement j'étais sous l'influence de je ne sais quelle action ou pensée, je me croyais dans une science fiction totale et ne prenais les évènements du jour qu'à moitié au sérieux ...
A ma surprise je la vis pleurer, cela faisait si longtemps...puis s'étendre sur une tombe jusqu'à ce que le garde champêtre la renvoie en lui aboyant dessus. Rapidement et discrètement je furetais autour de moi et me faufilais vers la tombe où je compris que c'était sûrement l'un de ses amis ou membre de la famille qui était mort à la fleur de l'âge; alors je me rappelai ce passage qu'elle avait écrit : <<pourquoi lui et pas moi alors que nous avons eu la même peine. On aurait dû être emportés tous les deux...>>.
C'est ainsi que je perdis de la vitesse et la loupais de peu.
La journée se déroula étrangement pour moi mais pour cette fille tout semblait si mélancoliquement banal que je ne m'inquiétais plus vraiment...
La nuit commençait à dévorer le jour telle la menthe religieuse lors de son union au mâle pour ensuite prendre la seule et unique place jusqu'au retour du cycle éternel de la vie...comme le jour le faisait à l'aube en attendant la prochaine nuit.
Je reçus un appel : c'était mon...travail qui me dit que je devais reprendre plus tôt, qu'il y avait eu une urgence...là-bas...
La voyant avec une personne ayant l'air de l'aprécier, je pris la décision d'obéir à l'ordre reçu, laissant la mission qui aurait dûe être la principale...
Je retournai chez moi, pris la voiture et allait au boulot la tête dans les nuages, l'esprit divaguant ça et là.
Lors de mon trajet je croisais la petite jeune mais seule. Je n'y avais pas prêté attention, j'étais dans la préoccupation d'un sujet dont je ne me souviens plus ou que je ne préfères pas citer aujourd'hui...
A destination, "là-bas", je me rendis compte qu'on me fit déplacer pour des broutilles, pour les incompétences d'un bleu qu'il fallait que je résolve car j'étais soit disant le seul cerveau pouvant le faire. J'avais perdu un quart d'heure de mon temps, de mon temps à la surveiller pour des ennuis de pacotilles pouvant attendre mon retour lundi !!
Après avoir gentiment résolu le problème malgré mes grognements successifs, je m'affalai à un bureau et penchais ma chaise en arrière cherchant probablement un peu de détente.
Un vieux réflexe me fis mettre les mains d'en mes poches et j'en sortis la page que je n'avais pas lu la veille quand j'avais ramassé les deux autres sous la pluie.
Dépliant le papier qui craquait sous mes doigts, je lu la suite des textes recopiés :
<<Avec les yeux injectés de sang, je t'observe dormir. La chaleur que je sens près de moi se fane lentement
M'entendrait-on, si j' appelais leurs noms ?Me retiendrait-on, si on savait ma honte ?Il y a toujours quelque chose de différent qui tourne mal, le chemin que j'emprunte est la mauvaise direction [...] Cette pièce détruite que j'ai vue avant, les os brisés ne se guérissent plus, plus maintenant et avec mon dernier souffle, j'étouffe...Ça ne se terminera jamais, j'espère. Mon monde est fini, une nouvelle fois .Putain, il y a toujours quelque chose qui s'accroche. Quelqu'un peut-il m'aider à améliorer les choses ?>>,
<<Une fois de plus, je te dirais “au revoir”. Déchiré les coutures et mes rêves tournent aux larmes, je ne sens pas cette situation. Cours loin, essaye de trouver l'endroit sûr ou tu pourras te cacher, c'est la meilleur place où être quand tu te sens comme...Moi ! Toutes ces choses que je déteste tournent autour de moi !! Car une fois de plus, tu me racontes ces mensonges quand tu dis ces choses dans mon oreille...Toutes ces choses que je déteste tournent autour de moi !! Alors recule, avant que je ne craque !!>>, <<S'il te plaît, s'il te plaît, pardonne-moi; mais je ne rentrerai pas à la maison .Peut-être qu'un jour tu lèveras les yeux et à peine conscient tu demanderas : n'y a t'il pas quelque chose qui manque ? Tu ne pleureras pas pour mon absence je sais, tu m'as oubliée il y a bien longtemps. Suis-je tellement sans importance? Suis-je si insignifiante? N'y a t'il pas quelqu'un à qui je manque ?>>...
Le plus important je ne l'avais pas lu à cause d'une fatigue superficielle et d'un dérangement qui me prit un quart d'heure, en fait vingt minutes de mon... son temps pour la sauver...en réalité à cause de moi tout court .
<<Merde !!>>
Je sautais de mon siège et me ruait dans mon véhicule faisant tout le trajet inverse pour la voir, voir son coeur battre bien au chaud dans sa poitrine. Je roulais assez vite au péril de ma vie peut être, et alors sa vie aussi l'était !! J'entendis dans ma torpeur des sirènes d'ambulances ce qui me fit accélerer et aurait put provoquer d'autres accidents par mon manque de respect du code de la route... Qu'est ce qu'on est idiot et irréfléchi, égoïstes que nous sommes...
Débarquant tel un malade drogué du volent je laissai ma voiture en stationnement au milieu de la route et apercevant une silouhette "là haut", je me jetais pour monter quatre à quatre les marches menant en haut du pont.
Toutefois, une fois en haut, je ne vis personne à part des personnes effrayées et criant comme des singes devant un feu auquel ils ne pouvaient échapper .
<<Quoi?!! Non !!!>> , il parait que j'ai hurlé ça des dixaines de fois .
Me précipitant au bord de la rembarde, je vis en bas un amas de voitures, la circulation stopée et son corps gisant sur la route .
Je descendais en manquant de me rompre le cou et poussait violemment toute personne m'empêchant d'approcher la jeune fille.
Cependant les pompiers intervenus, la recouvrirent d'un drap jusqu'à la tête.
Comme un insecte paralysé dans la toile d'une araignée victorieuse, j'étais en proie au destin et m'effondrai au sol. Personne ne put m'approcher, parait - il.
Il s'en suivit que les cinq minutes qui suivirent je remontai "la haut" et je me souvins qu'à la rembarde je vis qu'Elle avait percuté une voiture et que des éclaboussures avaient taché la blancheur de la peinture industrielle.
Ayant échoué, moi, comme tout être humain, en parfaits égoïstes que nous sommes, banalisant les appels de jeunes comme Elle; je ne pus me pardonner ce manque de civisme et voulus me jeter dans le vide.
Parait il que les policiers en haut présents parvinrent à m'en empêcher mais que j'en blessa grièvement un dans ma rage démesurée....
Depuis tout me semble si injuste, si douloureux, si flou que lorsque j'ouvre les yeux je sais que ce n'est qu'un cauchemar qui se répète jours et nuits devant mes yeux. Ce qui compte, c'est que par ma fenêtre je l'observe tous les jours partir en courant; toujours pressée...surtout en retard ... Des fois prenant la voiture de ses parents pour y mettre tout le matériel qu'elle transporte, un matériel qui m'a toujours été inconnu .Je l'ai observée de jours en jours, je l'ai vu mourir de jours en jours et, comme tout bon être humain égoïste, je n'ai rien fait. Et je ne peux plus rien faire de l'asile où ils m'enchaînent me considérant comme un danger car moi, au moins, j'ai essayé de sauver quelqu'un même si j'en ai perdu, selon eux, la raison par la mort de la jolie Suzon...
Je crois que c'était son nom... Je ne crois pas... Je ne sais plus...Plus beaucoup de choses depuis qu'ils m'injectent leus infâmes produits.
Parait-il qu'il faut dix minutes pour sauver quelqu'un avant qu'il essaie de se suicider...J'ai mis des années comme une loque, aujourd'hui je ne mettrai pas longtemps à la rejoindre. Eux l'appelaient princesse et la tuaient, moi je l'appelerai princesse pour qu'elle veuille bien me pardonner...
Histoire publiée le 22/02/2007 à 19h46.
Thèmes : Appel, Solitude, Tristesse
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Par scorpiongirl le 09/04/2007 à 14h00
des fois il faut se sortir les doigts du c** et to
surement pas en mieux
Par nell666 le 08/04/2007 à 12h07
j'ai l'impression de me retrouver un peu dans la fille...C'est vraiment bizarre...
Par scorpiongirl le 06/04/2007 à 00h12
des fois il faut se sortir les doigts du c** et to
en pire...
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