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Instant extraordinaire.

Il était une fois un rien, une banalité.

Il était une fois un tableau simple, comme on en voit tous les jours. S'il faut que je plante le décor, il faut s'imaginer une rue grise, des immeubles en pierre abîmée, des chaussées sales. Un souffle d'air froid, un air de guitare, un froissement de tissu, une odeur de tabac, un mur couvert de pancartes.

Ce n'est rien de grand, rien d'original. Juste des lumières au loin, une nuit qui tombe, un brouhaha incessant. Une foule qui va, qui va, qui ne s'arrête pas.

Et puis toi. Et puis soudain te voilà, encore. Et puis ta silhouette qui s'arrête, et qui hésite. Toi et ton sac de cuir usé. Puis tes yeux verts qui fixent un endroit que toi seul vois. Au milieu de la foule qui te bouscule. Toi et tes cheveux blonds qui tombent devant tes yeux, toi et tes yeux rieurs soudains sérieux. Toi qui vois ce qu'ils ne voient pas. Fasciné par un détail, surement, par un rien de poétique, par une beauté qui échappe aux autres. Toi dans ce monde morne, toi si extraordinaire.

Tout autour de toi, des gens. Beaucoup, une masse. Qui passe, qui s'enfuit. Loin. Personne ne voit ce que tu regarde. Personne ne s'arrête pour prêter attention. Personne ; Sauf moi. J'attends pour une raison quelconque, et tu me fascine. Comme toujours. Moi qui regarde autour pour passer l'ennuie, l'air de rien, l'air du vide. Moi qui t'as remarqué.

Dans ce tableau je n'ai pas ma place, pas de présence. Je suis juste une spectatrice. Juste une paire de yeux, juste un regard qui fixe.

Qui y a t-il dans tes yeux ? Comme j'aimerais entrer dans ton monde et voir à ta manière. Pour apercevoir tous ces détails que tu observes, tout ce que toi seul remarques. Pour faire parti de ton monde. Je pourrais t'observer mille fois sans que tu me remarques rien qu'une fois, trop absorbé par ton monde.

Mon portable sonne soudain, des passants me regardent. Je m'excuse faiblement. Je réponds. Il faut que je parte. Un dernier regard vers ta silhouette. Juste un coup d'œil, comme pour te capturer.

De l'autre côté de la rue, sur un autre trottoir, il y a une vie qui nous sépare. Toi que j'adore croiser, adore frôler. J'aurais aimé entendre le son de ta voix, t'écouter parler, te comprendre, vivre ce que tu vis, voir ce que tu vois, toucher du doigt ton monde, ressentir ce que toi seul peux comprendre.

Adieu inconnu adoré, et puis rien. Rien du tout.

Histoire publiée le 11/12/2011 à 14h51.
Thèmes : Banalité, Extraordinaire, Instant, Rien

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
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Dernière visite le 17/05/2012 à 19h22 Sakura91 Dernière visite le 17/05/2012 à 19h22 - Voir ses histoires
 

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Commentaires

Avatar de vampirette18

Par vampirette18 le 15/12/2011 à 21h18
Louis...

Magnifique !

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