Juste pour ne pas vous inquiéter...
- Salut, tu vas bien ?
C'est quoi cette question stupide ? Et après tout, qu'est ce que ça peut leur faire ? Je viens de perdre ma raison de vivre, la drogue me consume et l'anorexie me ronge mais ils me demandent comment je vais… Peut-être que je devrais l'être, cela a l'air tellement simple à leurs yeux. Les sentiments n'ont rien de durable chez eux, ils aiment, ils se donnent et ils jettent. C'est un étrange slogan tout de même, et une étrange façon de vivre principalement, à croire que l'amour n'est que passager ? Est-ce parce que je souris que je semble heureuse ? Ou est-ce lié à leur éternel aveuglement ? Ils prétendent être mes amis mais ils ne voient pas mes yeux emplis de larmes, tous ces pleurs que je ravale mais qui sont pourtant visibles…
Mon regard est perdu, ma voix tremble et mon corps vacille, légèrement, tout doucement. Ils me parlent mais ce n'est qu'un écho qui m'arrive, je ne comprends pas ce qu'ils me disent. On ne doit pas parler la même langue, il y a comme un décalage et je m'isole. C'est comme si j'étais seule tout en étant accompagnée. Leurs conversations bien futiles ne m'intéressent plus, seul le vide m'attire, c'est une attraction violente, plus puissante que la force gravitationnelle. Je m'enfonce dans cette dépression, une chute interminable qui me mènera six pieds sous terre. Comment pourrais-je leur dire cela sans les blesser ? Je ne peux pas, bien évidemment…
J'ai mal à l'âme, mal au cœur, et je pleure à l'intérieur. J'ai l'impression de demeurer une inconnue au milieu de ces gens qui me connaissent pourtant. Je souhaiterais leur parler de mes problèmes mais j'en suis incapable, les paroles me manquent, chaque mot pèse un peu plus lourd que le précédent. Ils ont un sens si destructeur, juste le fait de prononcer ton prénom emplit mon esprit de pensées que je préférerais éviter. TON nom, je dis cela comme si c'était à toi que je m'adressais mais c'est impossible puisque tu n'es plus là. Depuis que tu es parti, j'ai perdu le goût de tout, même manger me semble être un calvaire, seuls mes rails de cocaïne réussissent à me donner envie, à éveiller un étrange appétit. C'est un manque de toi que je cherche à combler à tout prix. Mais qu'est-ce qui serait assez fort pour remplir le vide qui siège dans mon cœur ? Ton absence se fait bien trop présente… Mais je n'oserai jamais leur avouer tout cela et je ne veux surtout pas les inquiéter donc je lève la tête, comme pour me redonner un minimum de dignité, je les regarde et réponds…
- Oui, je vais bien…
Cette courte phrase flotte dans l'air pendant un temps qui me parut interminable. Ils me sourient, ils m'ont crue. Je ne sais pas si je devrais m'en réjouir…
Histoire publiée le 10/07/2010 à 12h23.
Thèmes : Amitié, Anorexie, Dépression, Drogue
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (8 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par emilie067 le 19/07/2010 à 19h36
Mes livres : http://www.edilivre.com/je-ne-veux-pa
J'aime bcp, je me reconnais bien dans ton écrit, ta souffrance. Courage !!!
Par kiwilove le 19/07/2010 à 02h37
Eh vlam! Direct au coeur!
Comme Ziloo l'a dit, change de fréquentations, il y a du monde, sûrement très près de toi, qui ressentent la même chose que toi et ils pourront t'aider!!
Courage!
Par dead-rose le 12/07/2010 à 14h47
Courage, c'est la vie dit on, avec ses hauts et ses bas...
Par ziloo le 12/07/2010 à 03h29
Carpe noctum
Ma pensée t'accompagne...J'ai l'impression qu 'on vit dans une société de consommation où tout est devenu jettable, même les ralations humaines !
Et si tu te sens seule même entourée, c'est que tu n'es pas comprise, change peut être de fréquentations et d'environnement...
+5
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !