L'Amitié, l'indétrônable (4/5)
Je ne cesse de réfléchir à cela pendant mon séjour en Thaïlande, pendant lequel Alice se trouvait en séjour au Japon. C'est vrai, je suis dur envers eux. Je les remercie en les quittant, et cet acte est vraiment impardonnable. J'espère qu'il n'est pas trop tard pour réparer mes fautes. En d'autres termes, de renouer des liens solides comme avant avec Guillaume. Puisqu'il est vrai que tuer une amitié qui nous a apporté beaucoup n'est vraiment pas un acte de galanterie.
Quand je rentre de l'autre-bout du monde, je vais voir de manière spontanée Guillaume, chez lui, dans sa maison où j'ai passé trop peu de temps à mon goût. Je sonne chez lui, il vient m'ouvrir, totalement décoiffé et les yeux mi-clos :
- Bonjour Guillaume.
Je jette un coup d'œil à l'horloge de mon téléphone portable, qui affiche « 14h19 » et lui montre l'heure par la même occasion :
- Toujours si lève-tôt je vois. N'oublies pas que tu as un petit-déjeuner et un déjeuner à rattraper Coco, poursuis-je.
- Salutations !, se contente t-il de dire, comme à l'accoutumée à chaque fois qu'il salue.
Il n'a pas changé pendant ces longs mois. Il reste le même Guillaume toujours là pour m'emmerder. Il pense m'enquiquiner, mais j'interprète cela comme des actes emmerdants. La preuve, comme pour m'accueillir comme un chaton abandonné, il fait bien ressortir de ses mains son index, puis appuie sur mes grosses joues avec. Ses penchants homosexuels, qu'il dit ne pas avoir, m'inquiètent sérieusement...
- Je suis venu en toute paix, dans le simple but d'occuper cette journée à l'ennui imposant.
- Je vais prendre ma douche, dit-il en montant les hautes marches de l'escalier en bois menant à l'étage.
Il ne me laisse pas le temps de prononcer le moindre mot. J'attends donc dans son salon, assis dans un sofa, à regarder la télé laissée allumée. Je me rappelle de cette maison, de son décor, de ses meubles. Je me souviens, la dernière fois que je suis venu ici, c'était il y a encore quatre mois. A l'époque où nous étions encore bons amis, bien qu'il semblait demander plus, au vue de son orientation sexuelle inquiétante. C'était aussi la veille du jour où Alice m'a dit qu'elle m'aimait.
Il décide enfin de descendre les escaliers, ses longs cheveux gardant encore un souvenir de son passage sous l'eau de la douche. Je voulais m'engager dans une conversation, mais il ne m'en laisse pas les moyens ; il est toujours là pour « m'enquiquiner » comme il dit. Pour me faire rire, en bloquant mon passage, en me poursuivant dans sa propre maison. Je vois que ces vacances n'ont pas été bénéfiques pour son intelligence qui jusque là lui faisait défaut à moitié.
Au bout d'un certain temps, il se lasse enfin de ses propres conneries, mot qui peut aisément être remplacé par « gamineries » :
- Alors tes vacances en Thaïlande ?
- Bof. Tu le sais bien, je t'ai envoyé mon compte-rendu par mail. A toi et à tout le monde.
- C'est vrai qu'il y a pas d'eau chaude là-bas ?
- Je ne vois pas pourquoi j'irai à raconter des conneries. Oui, ça dépend où.
- Et Alice elle rentre demain alors ?
- Oui. Je pars d'ailleurs ce soir pour l'aéroport. Je vais l'attendre toute la nuit là-bas ; son vol de Tokyo arrive à 4h15. Ça va me faire du bien, de la retrouver après un mois d'absence.
- Certes. Ah oui, tu dois me montrer des photos de toi. Ta fiche...
J'incline ma tête lentement de gauche à droite, comme pour interpréter mon hésitation. Je m'engage cependant :
- Allons-y alors. Montons.
Il s'engage dans les escaliers, et m'invite à le suivre jusque dans son bureau. Je le suis, un peu à la traîne puisqu'il semble très pressé de vouloir voir des photos de moi, ce qui ravive mon impression sur lui, sur le fait qu'il soit gay. Bref. J'arrive dans sa chambre tandis qu'il est déjà assis sur sa chaise. Je tape l'adresse du site où des photos de moi sont publiées, toujours avec hésitation. Rien qu'à voir ma première photo, il rigole déjà :
- La pose... C'était où ?
- A Pattaya. De son paysage, tu ne vois que son sable, dans le coin gauche.
Il poursuit la lecture de mes photos. Je vois dans son regard comme un air « admiratif » vis-à-vis de moi. Il les regarde toutes en silence, mes 14 photos, et s'abstient de prononcer le moindre commentaire à leur sujet. Il jette par la même occasion un œil sur ma description, lis rapidement les histoires qui sont le résultat de tant de temps d'écriture, et me pose enfin la question :
- Alors quoi de beau ? Tu viens faire quoi ici, « Marraut. »
Histoire publiée le 26/08/2008 à 19h29.
Thèmes : Amitié, Amour, Conflit, Rivalité
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (4 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Aucun commentaire pour l'instant, soyez le premier à en rédiger un !
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !