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La fillette du parc

Moi j'te l'dis, les Green Day c'est les meilleurs au monde. Hein quoi, déjà là ? Woh relou l'autre ! Bon, okay, on commence alors.


Voilà. C'était l'histoire…


Comment ça pas comme ça ? C'est pas toi qui fais l'histoire, si ? Bon alors écoute merde…


Bon c'était l'histoire… bordel ça y est, j'sais plus c'que j'voulais dire.


C'était l'histoire d'un écureuil… Nan ça commence trop mal là.


Attend attend. C'est l'histoire d'un truc dément, faut absolument que j'te raconte.





Tu vois, c'était y a pas si longtemps que ça ; toi et moi, on était au lycée ce jour-là, mais lui tu vois, au lycée, il y allait pas. Parce que, bon, le lycée, ça va, mais il avait autre chose à faire le mec. Du coup il traînait un peu dans le parc. Ben ouais, parce qu'en fait, il avait décidé subitement de sécher les cours, comme ça, d'un coup, lorsqu'il est arrivé devant la grille du lycée. Ça l'a emmerdé de voir que personne ne l'attendait, et donc qu'il prenait aucun plaisir à venir. Et ça l'emmerdait de venir à pied, même s'il faisait pas froid, parce qu'avant, c'était sa mère qui l'emmenait, mais tu vois, sa mère elle s'est trouvée un nouveau Jules alors bon ben c'est la vie quoi, et elle est allée la vivre ailleurs. Donc ben, notre gars, là, il s'est rendu compte que tout le monde en avait rien à foutre de lui, alors il s'est dit qu'il avait rien à foutre du monde. Sauf que, ben en fait, le monde, t'es obligé d'y vivre.


Et sécher les cours, c'est marrant, mais seulement si t'as des potes qui sèchent avec toi. Et not' gars, là, il avait pas de potes, c'était bien ça son problème. Et du coup il s'emmerdait encore plus. Et ça le foutait encore plus en rogne ; il avait trop envie de faire quelque chose de mal. Genre piquer un truc dans un magasin, ou quèque chose comme ça… Juste histoire qu'on s'intéresse un peu à lui.


Il se sentait trop seul.


Finalement, le parc n'était pas désert. Il entendit des sanglots, quelqu'un qui reniflait. Il approcha.


Sur le banc, il y avait une petite fille. A côté d'elle, il y avait un cartable rose. Elle pleurait.


Le lycéen s'en approcha. Elle releva la tête.


Elle avait un joli visage, avec des yeux énormes qui lui mangeait presque toute la figure, et rougis par les larmes. Son nez coulait un peu.


Je me suis agenouillé en face d'elle, et là, je sais pas ce qui m'a pris, j'ai repoussé du doigt une de ses mèches qui pendait devant.


- Qu'est-ce qui t'arrive ?, lui a demandé le gars.


Elle a battu des cils pour chasser les larmes qui lui brouillait la vision, puis elle s'est essuyé les yeux et dans un dernier hoquet, elle finit par me répondre :


- Ma maman m'a déposé devant l'école, mais moi je n'y suis pas allée. Je me suis promenée dans la rue, j'ai pris le bus pour aller au centre commercial, mais je me suis trompé d'arrêt, et maintenant je suis perdue, je ne sais plus comment rentrer !


Elle allait se remettre à pleurer, elle allait se remettre à pleurer. Je ne voulais plus qu'elle pleure.


Arrête.


Mais quoi ?


Arrête ; n'y pense même pas.


Je ne pense à rien, je ne pense à rien du tout.


Si tu penses. Tu calcules votre différence d'âge.


J'ai 16 ans. Elle doit avoir dans les 11 ans. Ya pas tant d'écart que ça.


La ferme !


- Quel âge as-tu ?, demanda le gars en s'asseyant sur le banc à côté d'elle, déposant tranquillement son cartable par terre.


- 11 ans, et demi, répondit-elle, un peu calmée.


- Et tu n'avais jamais pris le bus ?


- Si, mais d'habitude je suis avec un adulte, alors je ne fais pas très attention aux arrêts.


- Bah, ça arrive à tout le monde de se tromper. Moi aussi, il m'arrive de me tromper de station quand je prends les transports en commun. Une fois je me suis même retrouvé à Pamplume alors que je me rendais chez ma grand-mère.


La fille rit. Elle avait… un sourire lumineux. Il n'avait rien dit de franchement drôle, mais elle riait comme si c'était la meilleure blague du monde. Et lui, il se sentait tout chose ; il avait le cœur qui commençait à battre à la chamade, et il se sentait rougir, et il était content, et en même temps il se demandait ce qui lui arrivait, et en même temps il ne pouvait s'empêcher à des trucs qu'il jugeait lui-même malsains.


Les autres filles, celles du lycée, elles ne le regardaient pas. Les autres filles ne l'intéressaient pas de toute façon. Elles le méprisaient, et il ne les aimait pas. Elles étaient moches. Elles étaient sans saveur.


Ici c'était différent. Il avait l'impression d'exister pour quelqu'un. J'avais l'impression que je lui plaisais, et au fond de moi, j'étais bien content que quelqu'un me regarde, et j'aimais tellement ça que j'aurais aimé que ça dure toujours ; le reste avait peu d'importance.


Elle me souriait toujours. Elle avait l'air de me faire totalement confiance ; et c'est sûrement parce qu'elle me voit comme un adulte. Un de ces précieux adultes sensés la protéger des gens dangereux, des pervers, des pédophiles.


Moi, je me situe dans quelle catégorie ? Je n'ai rien fait, mais j'y pense un peu non ? Est-ce que ça fait de moi un pédophile ? Pourtant je n'ai pas envie de lui faire du mal… je veux juste qu'elle m'apprécie.


Mais au fond, je sais bien que si je veux qu'elle m'apprécie, c'est aussi pour…


Tais-toi, tais-toi ! Ferme-la ! Ferme-la j'te dis !


- Tu habites où ? Peut-être que je peux t'aider à rentrer chez toi ? Heuuu…


Franchement, quand j'ai dit ça, j'avais trop l'impression d'avoir un panneau sur le front avec écrit en lettres fluos « PERVERS ». Ça tourbillonnait dans ma tête, et j'étais mort de honte. Mais elle, elle a été gentille ; elle n'a pas eu l'air de remarquer mon trouble, et elle m'a dit où elle habitait. Alors je me suis levé, et puis je l'ai regardée. Je me suis gratté la tête, j'ai ramassé son cartable et je lui ai tendu.


- Bon ben heu, je sais où c'est, enfin je crois, alors, je pense que je peux t'aider à rentrer chez toi.


- Super !, s'exclama-t-elle en se levant.


Et comme un bel idiot, je l'ai emmenée avec moi.


Oh, ne vous en faites pas, ça c'est très bien passé ; elle est arrivé à bon port, et en parfait état. En fait, elle n'était pas très loin de chez elle, c'est juste qu'elle ne connaissait pas le chemin.


Elle s'appelle Gabrielle. Elle vit à deux pâtés de maison de chez moi. Heureusement, sa mère n'était pas là, le jour où elle s‘était perdue, sinon je me serais enfui après l'avoir raccompagnée.


En fait, nous sommes restés en contact.


Des fois, je viens la voir discrètement à l'école ; parfois c'est elle qui vient me voir à la maison. Elle semble beaucoup plus autonome depuis qu'elle m'a rencontré. Elle vient me voir souvent, en cachette ; elle reste même de plus en plus longtemps.


Et moi, je me sens bien avec elle. Pourtant, je ne l'ai jamais touchée, je vous l'jure ! C'est elle… je… moi ça me fait peur. J'ai peur de ce que je pourrais faire.


Mais elle, elle n'a pas peur de moi, au contraire ; on dirait vraiment qu'elle fait exprès…


Un jour, qu'on était tous les deux dans ma chambre, tu vois, ben elle a essayé de m'embrasser.


J'étais tellement surpris et tellement choqué que je suis tombé sur le cul, par terre.


- M-mais qu'est-ce que tu fais ???


Elle s'est agenouillée en face de moi et elle s'est blottit contre ma poitrine.


- Je t'aime tu sais.


Je sais. Je savais depuis le début.


C'est trop facile.





Voilà. J'espère qu'mon histoire t'as plu, ami lecteur. En tout cas, si c'est pas le cas, fais-le moi savoir, ou pas, j'm'en fous.


Finalement, je me rend compte que c'est pas aussi « dément » que ce que je voulais dire ; bah, ce sera pour la prochaine fois.


En tout cas, que ça te serve de leçon. Il y a un truc à retenir. Le truc vraiment important, mais qu'on a du mal à discerner, c'est l'influence qu'on a sur les autres. Parce que plus on est vieux, plus on est fascinant. Pour les jeunes du moins. C'est pour ça que les filles de seize ans se la pètent de sortir avec des gars de trente balais. C'est de la naïveté.


Mais de l'autre côté, celui de ces mecs de trente piges qui sortent avec des gamines, tu vois, ben c'est profiter de la naïveté, de l'innocence, et ça c'est franchement ignoble.


Mais en fait… je fais cette comparaison pour prendre de la distance. C'est juste que quand t'as les pieds dedans, tu ne vois pas les choses comme ça, et le gars de mon histoire, il se sent à la fois coupable et amoureux. Mais elle est où la vérité là-dedans ?


Chais pas.








-_-° -_-° -_-° *raclement de gorge* shame & gêne

Histoire publiée le 23/09/2007 à 01h17.
Thèmes : Adolescence, Amour, Enfance, Fillette, Naïveté

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
Dernière visite le 05/04/2012 à 01h29

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Commentaires

Avatar de xx-souchis-xx

Par xx-souchis-xx le 05/02/2009 à 21h18
Courage- Superchick.

J'adoree, feras- tu une suite ?? J'espère que oui !

Avatar de clotte

Par clotte le 26/12/2008 à 14h55
Plus là !!

Superbe histoire. J`aurais bien aimé connaitre la suite ..

Avatar de carocaro10

Par carocaro10 le 26/05/2008 à 23h05

ses trop hot comme histoire vraiment mais ses seulement que comment dire euh....ses comme cour un peu car on pense que ça va finir autrement et je trouve sa un peu plate que le fini aussi courte bin ses sa trop hot l'histoire

Avatar de eternal-loner

Par eternal-loner le 15/02/2008 à 00h14
frustrated

j'ai adoré

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