La Petite Boite.
Au fond du placard, tout au fond, cachée, dissimulée, camouflée : la Petite Boite.
Elle est mauve et parfaitement carrée.
Mauve et en fer.
Le couvercle est soudé grossièrement, celui de la Petite Boite.
Elle est d'abord enveloppée d'un ruban vert pomme, un long, très long ruban : regarde le, il fait tellement de fois le tour de cette Petite Boite qu'il la camoufle presque.
Cette Petite Boite reste bien dans sa tanière, derrière un montagne, une forêt, une jungle d'habits vieux, usés.
Elle est bien cachée derrière la barrière des souvenirs.
Parfois si j'y pense très fort, ferme les yeux et me concentre, je peux les enfermer à double, triple, quadruple tours, ces sentiments.
Je les visualise et ça parait alors si réaliste que ça en devient logique de pouvoir les cacher.
Sur une pulsion je fais alors disparaitre mes sentiments ;
Quand je ré-ouvre mes yeux, la lumière me fais mal comme si je n'étais plus habituée.
Quand je ré-ouvre mes yeux, je ne ressens plus rien.
Je ne ressens que l'oubli.
C'est comme ça que je me vide, quand le trop plein déborde de mes yeux.
Trop de fierté pour exprimer mes faiblesses, je préfère les farder pour mieux les celer.
C'est comme ça que je marche, car sinon je ramperais juste.
Pour mieux tenir droit, je crée la négation.
C'est comme ça que j'avais toujours fait, avant de te rencontrer.
Puis ma Petite Boite, ça a vite été toi. Mes sentiments, je n'avais pas à les dissimuler, à défaut de les détruire. Il me suffisait de te les dire, et tu les apaisait tous. Car mes faiblesses tu les lisais, j'étais ton livre préféré. Une fois que tu en dévoilais une, que tu l'acceptais, j'allais mieux. Et tu tournais la page. Mon bonheur était une courbe exponentielle, j'allais mieux, j'étais meilleure.
Je t'aimais.
Si fort.
Si fort.
Mais chaque livre a une fin, tu as fini le dernier chapitre. Sur la dernière partie, ça devenait vraiment dur pour toi. Tu as survolé l'épilogue, et n'a même pas lu les mots sur les auteurs. Tu as refermé le livre, l'a remis à la bibliothèque, et en a ouvert d'autres. Pleins d'autres.
Toi comme une étoile.
Partis, j'étais retournée dans le noir.
La rechute m'a estropiée.
Je n'étais pas intacte, je n'étais pas entière.
Je suffoquais, je ressentais physiquement comme mentalement le manque.
Je tremblais.
Et je te détestais.
Si fort.
Si fort.
Instable je suis devenue.
Je ne me reconnaissais plus.
Alors, sur un coup de tête, j'ai enfoui toute ma rancœur. Puis elle a laissé apparaitre ma douleur. J'ai mis une main sur mon cœur, ça faisait mal. J'ai ensuite éclipsé ma peine, en fermant très fort les yeux, en me mordant très fort les lèvres. Elle a laissé place à mon amour pour toi. Et ça c'était la plus étrange des sensation, je n'avais plus rien d'autre que ça. Je n'avais à ce moment qu'une boule dans le gorge, une impression d'être compressée, d'avoir des mains qui serraient mes poumons, et ton image dans ma tête, et ton image dans ma tête. C'était insoutenable, comme si j'étais aspirée dans un entonnoir.
J'ai alors tout vidé, tout arraché, les papiers peints de mon subconscient. J'ai détruit ton image, l'a réduit à une photo souvenir en lambeau. J'ai tout mis, tout, au fond de la Petite Boite.
J'ai fermé les yeux très fort.
Très très fort.
J'ai également serré les lèvres.
Je ne pleurais pas.
Il y avait cette Petite Boite, je ne l'ai jamais autant scellée. Ça m'a pris du temps, de la concentration. Puis je l'ai enfoui, si loin, si profondément, pour que je ne puisse jamais la retrouver.
C'est fait.
Elle est loin au fond de moi cette Petite Boite, si loin que je me demande si elle ne s'est pas évaporée.
Il ne me reste plus rien de toi, sauf les mentaux de souvenirs de notre existence.
A ce stade, il ne me reste qu'un abysse quand je pense à toi.
Et une Petite Boite mauve en fer, enroulée de ruban vert pomme, qui se met à frémir.
Était-ce vraiment ça la solution ?
Histoire publiée le 09/01/2012 à 11h33.
Thèmes : Absence, Manque, Métaphore, Sentiment
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (3 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par angelll le 09/01/2012 à 17h18
You raise me up... <3
C'est super beau !
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !