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La piste du destin

Je ne saurais dire comment j'ai découvert ce mot. Ce matin-là, je ne pensais pas que quelques lettres sur un bout de papier pouvaient véritablement changer ma vie. Pourtant, c'est ce qu'il s'est passé...
C'était un matin de printemps. Je venais de réemménager dans la maison qui m'avait vue grandir. La mort brutale de mon frère, cinq mois plus tôt, m'avait plongée dans un brouillard épais, dont rien ni personne ne semblait pouvoir me sortir. En me tenant, là, sur le porche je ne savais pas encore ce que cette vieille maison aux murs blancs allait raviver en moi.
Après avoir rangé les dernières affaires que j'avais rapportées de mon appartement, je m'apprêtais à entrer dans une pièce que je redoutais de retrouver : la chambre de mon frère. Je ne sais pas exactement de quoi j'avais peur. Je craignais sans doute que mes émotions ne me submergent, et d'être incapable de les surmonter.
Je n'avais pas pleuré en apprenant sa mort. Aucune larme n'avait coulé sur ma joue lorsque cette voix avait résonné à l'autre bout du fil pour m'annoncer que son corps avait été découvert sur le bord de la route.
Aussi, en me tenant devant la porte, je redoutais de pénétrer dans cette pièce emplie de souvenirs que j'avais chassés de ma tête. Mais la sensation à laquelle je m'attendais ne vint pas. A la place, un sentiment de stupeur me surprit lorsque je découvris une chambre entièrement vide. Seul un morceau de papier, punaisé au mur, restait accroché sur la tapisserie dorée, autrefois recouverte d'affiches du groupe de mon frère et de posters de grands acteurs britanniques.
Tremblante, je m'approchai du mur et pus déchiffrer alors la phrase qui y était inscrite : "Je suis mort".
- Abby ?
Je sursautai. En me retournant, je reconnus mon voisin, Phil, qui se tenait sur le pas de la porte.
- Phil, murmurai-je, terrifiée... Qu'est-ce qui...
- Tu l'as vu aussi, n'est-ce pas?
- Quoi?
- Cet homme qui est sorti et a emporté les affaires de Mike.
- Quelqu'un est venu ici? Quand?
- La nuit qui a suivi la cérémonie des funérailles.
- Mais... Pourquoi? Phil, je ne comprends rien...
- Il avait une grande camionnette blanche. Il m'a demandé de l'aider à transporter les meubles. Et de ne pas poser de question. Je l'ai suivi. Il s'est rendu dans un hangar...
- Amène-moi là-bas.
Au ton de ma voix, empreinte à la fois de détresse et de détermination, il sembla comprendre que c'était important pour moi. Je le suivis rapidement jusque chez lui et montai dans sa voiture, le coeur battant.
Au bout d'une dizaine de kilomètres, nous arrivâmes à un hangar délabré. Des voix s'en élevaient, comme si des gens psalmodiaient à l'intérieur.
Je passai le portail d'entrée et pénétrait dans l'édifice. Aussitôt, je restai figée sur place. Des hommes formaient un cercle en se tenant la main, et au centre, imperturbable, se tenait...
- Mike!!!
- Bonsoir, soeurette.
Bouleversée, je m'appuyai au mur pour rester debout. Mes jambes chancelaient et ma tête tournait.
- Mike, tu es... tu es...
- Tu n'as pas vu le mot que je t'ai laissé, Abby? Tu dois m'oublier. Je suis mort. Mort.
- Alors pourquoi... pourquoi es-tu devant moi?
- Je suis mort, mais ma rancoeur, ma haine, mon désir de vengeance... Tout cela existe encore, et c'est ce qui est représenté en ce moment-même devant toi. Je ne suis que l'image de ces émotions qui m'ont détruites et qui ne demandent qu'à s'exprimer à travers toi.
- Je ne comprends pas, Mike...
- J'ai besoin de toi pour renaître. J'ai besoin que tu me venges.
- Mais... Pourquoi?
- Parce qu'ils m'ont tué.
Je reculai prudemment vers Phil.
- Qui t'a tué, Mike?
- Ceux qui te tueront si tu ne m'aides pas. Ceux qui sont dehors et qui attendent ta décision pour agir.
Je perçus le bruit du portail rouillé qui s'ouvrait, et je poussai un hurlement de terreur.
- Mike, qu'est-ce qu'il se passe?
- Abby, dépêche-toi, me répondit celui-ci, parfaitement calme.
Je criai lorsque quelqu'un m'agrippa le poignet.
- Abby, c'est moi, dit Phil d'une voix ferme. Suis-moi, vite.
Nous courûmes en passant par le portail de derrière, avant de rejoindre sa voiture. Mes jambes tremblaient tant que Phil dût me porter.
Je me précipitai chez moi dès que le véhicule s'arrêta, et Phil m'aida à barricader la porte de ma chambre. Plusieurs hommes surgirent de nulle part et nous menaçaient avec des couteaux aiguisés.
Soudain, l'un d'entre eux vint se planter dans ma commode préférée, laissant une grande entaille à hauteur du deuxième tiroir. Je sentis quelque chose de dur heurter ma tête, puis plus rien, rien que du noir.
Quand je me réveillai, tout était normal. Phil me faisait signe par la fenêtre, je n'avais aucune bosse sur ma tête et les meubles de mon frère se trouvaient bien dans sa chambre.
J'avais rêvé... Mais d'où venait donc, alors, la marque étrange qui se trouve encore aujourd'hui sur ma commode ?

Histoire publiée le 31/07/2008 à 20h02.
Thèmes : Frère, Mystere, Suspense

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
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Commentaires

Avatar de th3-fridaii

Par th3-fridaii le 02/08/2008 à 17h20

merci beuacoup pour ton commentaire ! j'adore écrire depuis très très longtemps mais c'est la première fois que je fais lire mes textes à quelqu'un d'autre que moi-même...

Avatar de andrea1

Par andrea1 le 02/08/2008 à 15h29
Jusqu'à hier.

C'est super bien écrit, 5* pour toi!

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