La revanche de Gaïa
Nous sommes le lundi 9 avril 3010. Le dernier animal (une fourmi) est mort 11 ans plus tôt, la dernière plante (un cactus) un peu plus tard. L'homme a pris le monopole de sa planète et a érigé une grande ville la recouvrant entièrement. Le seul océan restant (le Pacifique) ne mesure plus que 50 km de long et 20 de large, son niveau baissant de plusieurs mètres par an. Le soleil n'a plus été aperçu depuis 50 ans, caché par un nuage de pollution de plusieurs km d'épaisseur. La population humaine a dépassé les 20 milliards et son espérance de vie est d'environ 152 ans.
Chapitre 1er
Linus s'étira longuement. Il prit sa télécommande et alluma sa télévision avec écran 2x3 mètres. Rien, comparé à celle du salon. La météo annonçait encore une apparition prochaine du soleil, mais Linus n'y croyait plus. A vrai dire, Linus ne s'intéressait pas beaucoup au soleil ; son arrière-grand-père le lui avait décrit comme une immense boule de feu qui brille comme une ampoule et chauffe comme un radiateur. Que trouver d'intéressant sur une boule de feu qui brille comme une ampoule et chauffe comme un radiateur ? Les ampoules et les radiateurs remplissaient déjà très bien cette fonction.
Il sortit de son lit en pestant contre les horaires de son collège. 11h-13h, il n'en pouvait plus. Il était forcé à se lever à 10h du matin, ce qui était bien trop tôt à son goût. Il prit une barre de céréales synthétiques et s'étala sur le canapé de son salon. Aux informations, il parlaient d'un séisme qui avait fait 2 morts et 5 blessés.
Il était 2h55 lorsqu'il arriva devant son collège. Il admirait le bâtiment de béton, de verre et d'acier pour sa beauté colossale. Il était gris clair, couleur qui dominait sur la planète. IL avait 3 heures d'histoire ce jour là. Cette matière, il la détestait au plus haut point. Il se fichait éperdument de ce qu'il y avait eu avant, de la « nature » qui n'existait plus. Il avait vues des image d'arbres et d'animaux, mais jamais il n'avait vu quelque chose de plus laid. Ces arbres d'un vert provoquant, ces animaux tout poilus, tout cela lui donnait des frissons. IL était très heureux que ce soit le passé car il ne pouvait s'imaginer côtoyer de telles choses.
Il parvint chez lui soulagé d'en avoir fini. Il d'apprêtait à jouer à son jeu préféré sur sa console lorsque le sol se mit à trembler.
Chapitre 2ème
Ecrasée, étouffée, aveugle et sourde, Gaïa tremblait de rage. Des centaines d'années plus tôt, elle avait cru succomber et s'endormir à jamais, mais ce jour là, elle s'était réveillée, bien vivante. Tous es animaux, qui étaient à la fois ses yeux et ses oreilles, ses arbres qui étaient ses poumons, avaient disparu. Mais quelque chose subsistait, quelque chose d'atroce, d'hideux. Cette espèce qui s'était arrachée à elle pour ensuite la détruire. Mais c'est était fini d'eux, elle avait été indulgente trop longtemps, cette fois elle n'en pouvait plus, elle ne pouvait plus se contenter de subir, cette fois, elle allait faire subir.
L'humanité n'avait qu'à bien se tenir, cette espèce qui se croyait supérieure, qui croyait pouvoir l'emporter sur la Nature, sur Gaïa. Ils allaient voir qui était réellement supérieur.
Chapitre 3ème
Linus tremblait comme la terre l'avait fait. Mais lui, tremblait de peur. Il sortit lentement de sa cachette, s'étant abrité sous un bloc de béton, lorsque tout s'était écroulé. Il balaya le paysage autour de lui du regard et en resta bouche bée.
Plus aucun bâtiment n'était debout, plus rien. Le sol était parsemé de cadavres, certains déchiquetés, broyés par leurs propres habitations.
-Hé ho !! cria-t-il. Est ce que quelqu'un m'entend ??
Da voix résonna dans le silence mais n'obtint pas de réponse. Linus aperçut soudain sa mère.
-Maman ?? dit-il, plein d'espoir.
Il posa sa main sur la joue de la jeune femme, gisante sur le dos, les bras le long du corps. Elle était aussi froide que la glace.
Des larmes se mirent à couler sur les joues de Linus et un sanglot résonna dans le silence pesant.
-Nooooon !!
Ce cri s'était échappé de la bouche du garçon, qui se mit à courir de toutes ses forces.
Soudain, il vit une silhouette, au loin, sur un tas de gravats. Ce n'était pas un cadavre, elle était en mouvement.
-Hé !! Toi, là-bas !! l'interpella l'homme.
Linus s'approcha de lui. Il était plutôt frêle et devait certainement s'approcher de la quarantaine d'années. Il ne semblait pas plus blessé que Linus, c'est-à-dire pas du tout.
-Viens, petit, faut trouver les autres survivants.
Linus ne chercha pas à protester, trop heureux d'avoir trouvé quelqu'un.
Tous ces évènements avaient du mal à parvenir jusqu'à son cerveau ; le tremblement de terre, la destruction de la ville, la mort de tous ceux qu'il connaissait…
Ce n'étaient que des mots pour lui. Comme s'il regardait un film particulièrement captivant, comme si ce n'était pas réel.
Il se contentait seulement de suivre l'homme à travers les décombres de la ville.
Chapitre 4ème
Gaïa sentait le nombre d'êtres humains diminuer, leurs cadavres puants parsemés par-ci par-là. Elle en avait rêvé depuis si longtemps, si longtemps elle avait désiré tous les balayer ; elle n'allait pas s'arrêter là, pas avant qu'ils soient tous morts, quitte à laisser sa surface inhabitée. Ils l'avaient fait souffrir, ils l'avaient mutilée, mais, à présent, leur tour était venu.
Chapitre 5ème
Plusieurs heures s'étaient écoulées. Linus avait appris que l'homme s'appelait Maxime et qu'il était pauvre et célibataire. Il n'avait dont perdu rien ni personne de cher lors du séisme. Ils n'avaient trouvé qu'un seul survivant, une petite fille, et avaient abandonné les recherches. Le nombre de survivants était apparemment si bas qu'il ne servait à rien de les chercher.
L'air était de plus en plus froid et la faim et la soif commençaient à se faire sentir. Pour pouvoir boire et manger, il leur faudrait parvenir jusqu'au centre commercial, qui se trouvait à une cinquantaine de km de l'endroit où ils se trouvaient. Or, la petite fille était vite épuisée, et le petit groupe se voyait contraint à faire des haltes fréquentes. Minus la trouvait étrange. Elle semblait très intelligente mais n'avait pas encore prononcé un seul mot. Elle tenait la main de Linus sans vouloir la lâcher, comme si elle craignait qu'il parte en la laissant toute seule.
Ils avaient trouvé une petite maison qui, par miracle, ne s'était effondrée que partiellement. Personne ne se trouvait à l'intérieur, ses occupants ayant vraisemblablement été absents lors du séisme. Les deux pièces qui subsistaient étaient lé cuisine et la chambre à coucher, une chance pour les trois personnes affamées, assoiffées et désirant ardemment dormir.
En fouillant la cuisine, Maxime avait déniché des biscottes synthétiques que tous trois dévorèrent avec appétit, malgré leur goût cartonneux.
Tous les trois étant épuisés, ils eurent vite fait de s'endormir dans les lits de la chambre à coucher.
Mais leur repos fut de coutre durée.
Ils furent réveillés dans la nuit pas un affreux vacarme. Linus s'assit sur son lit. Qu'est ce que cela pouvait être, encore ?? Maxime arriva en trombe dans la pièce.
-Vite, sortez !! Un nouveau séisme !! cria-t-il de toutes ses forces pour couvrir le bruit sourd.
Linus prit la petite fille affolée par la main et se rua dehors. Comme tout était déjà à terre, ils ne couraient pas plus de danger dehors que dans la maison, qui allait d'ailleurs certainement s'effondrer dans les prochaines minutes.
Sous les yeux ébahis de 3 personnes, une montagne se mit à croître.
Linus ne se mit à courir que lorsque le sommet commença à cracher de la roche en fusion.
Chapitre 6ème
Gaïa fulminait de rage. Des centaines de volcans émergeaient un peu partout à sa surface. Elle n'avait encore jamais fait ça, elle n'était encore jamais entré dans une telle fureur, ni même lors du Big Bang. La majorité des humains de se relèverait plus, mais cela ne suffisait pas. Si elle ne les exterminait pas tous, maintenant, ils se reproduiraient, et tout redeviendrait comme avant. Ils fallait TOUS les tuer, et détruire à jamais ce qu'ils avaient érigé. Et à l'heure qu'il était, même si elle l'avait voulu, elle ne pourrait plus revenir en arrière.
Chapitre 7ème
Linus courait aussi vite qu'il le pouvait, la petite dans les bras, évitant à grand-peine les projectiles qu'expulsait le volcan. Il s'était toujours demandé si l'enfer existait réellement ; maintenant il savait. Oui, l'enfer existait, il s'y trouvait, en ce moment même.
Il entendit Maxime pousser un cri de douleur, quelque part derrière lui: il était touché par une des roches incandescentes.
Tout-à-coup, Linus trébucha sur un morceau de métal et s'étala de tout son long sur le sol. Il rampa jusqu'à un débris de béton et s'abrita en-dessous, y traînant la petite. Il ne savait pas pourquoi il la protégeait, elle ne représentait rien pour lui. Ce n'était no sa sœur, ni sa cousine, rien. Mais il commençait à s'y attacher.
Lorsqu'il retrouva ses esprits, tout était calme. Il ne se souvenait pas s'être évanoui. Une odeur affreuse flottait dans l'air, comme des oeufs pourris. La petite, elle aussi, était inerte, elle s'était sûrement évanouie, elle aussi. Linus la secoua de toutes ses forces, mais elle ne réagit pas. Il ne comprit que lorsqu'il palpa son poignet froid où le sang ne battait plus : elle était morte.
Le seul espoir qui lui subsistait à présent était de retrouver Maxime, s'il n'était pas mort lui aussi. Plus il se rapprochait du volcan, plus l'affreuse odeurs d'œufs pourris était forte et le faisait tousser. Il repéra soudain le corps de Maxime, son visage figé dans une expression de souffrance.
Linus était resté seul.
Chapitre 8ème
Plus rien ni personne ne subsistait à la surface de Gaïa, elle avait réussi. Enfin, presque personne ne subsistait. Gaïa détectait encore cette présence infâme…
Un jeune garçon. Il ne restait plus que lui à éliminer ; ensuite ce serait fini, Gaïa aurait la paix, elle pourrait s'endormir à jamais. Ou bien tout recommencer depuis le début. Cette idée avait germé dans son esprit lorsqu'elle avait fait surgir les volcans. Cela lui avait rappelé le tout début, les bactéries microscopiques, et comment la vie s'était développée à partir d'elles. Ça lui avait donné l'envie de recommencer, de pouvoir voir et entendre à nouveau, de pouvoir à nouveau respirer.
Oui, elle allait tout répéter depuis le début, sans refaire la même erreur. Non, pas une 2ème fois.
Chapitre 9ème
A présent, Linus savait qu'il n'en réchapperait pas, qu'il était condamné. Il errait sans but à la surface de la Terre qui ne voulait plus des siens. Il n'attendait plus qu'une seule chose. Que la terre se mette encore une fois à trembler. Plus que la mort qui allait, lui aussi, venir le chercher. Pourquoi tout cela était il arrivé, il ne savait pas. Il ne se posait plus de questions. A quoi bon chercher une réponse qu'il ne trouverait de toutes manières pas ?? Autant mourir ignorant.
Il s'accroupit dans la poussière. Il n'en pouvait plus, il n'arrivait même plus à pleurer.
Il sentit le sol trembler sous ses pieds sans s'affoler. L'odeur d'œufs pourris revenait, mais cela lui était égal. Il ne se retourna pas au moment où le sommet du volcan explosa. Et quand une nuée ardente vint le cueillir, Linus sentit sa vie le quitter sans regrets.
Chapitre 10ème
Le dernier homme était mort. Gaïa arrêta de cracher de la lave, elle se mit à fabriquer des nuages. Elle fit ensuite pleuvoir pendant de longues semaines, si bien qu'à la fin un océan d'eau douce recouvrait l'humanité et ses restes. Et le soleil brillait à nouveau, toute pollution était à terre, dans l'immense masse d'eau. Déjà des milliards de milliards de bactéries s'affairaient à l'absorber. Ces bactéries allaient se développer jusqu'à devenir de reptiles, des mammifères, des oiseaux…
Tout allait redevenir comme avant. Ou presque…
Histoire publiée le 30/10/2006 à 16h50.
Thèmes : Gaia, Humanité, Nature
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Par bastet2 le 01/11/2006 à 22h32
It's true, were'all a little insane...
J'avoue que je fais plein plein de fautes de frappe
Par bastet2 le 30/10/2006 à 18h37
It's true, were'all a little insane...
Par cece2 le 30/10/2006 à 18h32
Les petits ruisseaux font les grandes rivières
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