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La vie, une maladie mortelle (chap 4 et 5)

-- Chapitre 4 : "un soir ordinaire"

Rose alla chez elle et courut vers sa chambre qu'elle ferma à clef. Perdue dans ses pensées, elle se mit au bord de la fenêtre et regarda le ciel, que fallait il faire ? Elle ne savait pas, elle n'en avait même aucune idée.
Elle jeta un regard en bas, et pensa tellement fort qu'elle se demanda si on ne l'avait pas entendu.
"Non mais regardez ces pauv' cons ! Ces enfoirés s'prennent pour je n'sais qui, ils s'croient pour des oiseaux qui planent, sont heureux ! Vraiment dégueulasse ! J'me demande quand ils vont ouvrir les yeux ! S'croient au paradis"
Paradis... Paradis... Le paradis...
Ah ce qu'elle aurait voulu y être ! Pourquoi ce monde n'est pas parfait ? En y pensant, peut être fallait il faire ce que le vieux lui avait dit, peut être pouvait elle aller au paradis, peut être serait elle enfin libérée qui sait.
Elle en prit un peu et prit soin de cacher le reste là où personne n'aurait l'idée de chercher, au fond du placard dans un de ses anciens sacs à main...
Elle se sentait envahie, envahie par une sensation pas comme les autres, une sensation qui lui semblait plutôt agréable. Elle avait tout oublié, elle planait dans ses rêves, elle n'était plus dans ce monde et nul ne sait où son esprit aurait bien pu aller. Physiquement elle n'avait pas bougé, toujours dans sa chambre, cette fois couchée sur son lit mais rien d'anormal. Elle se sentait libre.
Mais le bonheur ne durait pas assez longtemps, pas plus longtemps que quelques heures, mais ça ne faisait rien, elle avait encore tout un sac, elle pouvait en prendre autant qu'elle voulait, elle pouvait se libérer chaque fois qu'elle le désirait.
Au moment où elle voulait en ajouter un peu, une voix surgit : "Rose ! Viens ici !"
C'était sa mère qui l'appelait pour le dîner. Le dîner ?! Mais elle venait à peine de rentrer de l'école ! Non, elle est rentrée il y a 3 heures, pendant 3 heures elle était plongée quelque part...
Elle descendit à pas lents et s'assit sur une chaise autour de la table. Elle n'avait pas faim, son appétit était coupé, mais elle était obligée si elle ne voulait pas qu'on fasse attention à elle.
Son père ouvrit grand la bouche et dit : "Alors qu'as tu fait cette journée ?"
Elle ne montrait pas l'aspect de peur ni de tristesse sur son visage, elle lui jeta un sourire mécanique et répondit joyeusement : " Rien d'intéressant, maths, français, chimie puis deux heures d'histoire..."
La discussion continua sur ce qu'elle avait fait pendant chaque séance et rien ne leur semblait anormal. Ses yeux étaient rouges mais ses parents ne dirent rien, ils pensaient que c'était un simple signe de fatigue après une longue journée à l'école.


-- Chap 5 : "une journée en enfer"

Le lendemain, la routine.
Elle alla à l'école presque à moitié endormie à cause de son insomnie la veille mais rien de très grave, tout le monde à l'école -ou presque- savait qu'elle était insomniaque donc elle ne craignait rien.
Ce n'était que lors du TP en chimie que Rose s'était aperçue qu'elle avait oublié sa veste dans la salle précédente, comme il faisait trop chaud et personne ne prêtait attention à elle, elle l'avait enlevée.
Elle espérait qu'on ne remarquerait pas toutes les blessures sur ses bras mutilés mais dans des cas pareils, il est pratiquement impossible de ne pas les voir.
Son professeur aussi les a vu mais a fait comme si de rien n'était, Rose s'en était aperçue d'ailleurs. A la fin du cours, elle courut voir si sa veste était toujours à l'endroit où elle l'avait laissée. Elle l'a reprit, l'a mis, puis partie.
Ses cours finissaient à 6 h du soir alors toutes les rues étaient vides et sombres, normal on était en plein hiver. Elle devait passer chercher d'abord sa petite soeur de chez sa tante, à l'autre bout de la rue, puis attendre que le chauffeur vienne la chercher.
En route vers la maison de sa tante, elle sentit des pas derrière elle, quelqu'un la suivait, un homme la guettait, puis le noir absolu. Elle savait ce qui c'était passé mais elle refusait de l'admettre. Elle avait peur. Elle se sentait humiliée. Elle était détruite à jamais. Vous comprendrez surement ce qu'elle venait de vivre, pas la peine de connaître les détails traumatisants de ce cauchemar...
Elle pleurait mais il fallait qu'elle se retienne devant les autres, elle ne voulait pas que l'on découvre l'horreur qu'elle venait de vivre, non, elle ne voulait pas...
Une fois arrivée, elle mit du temps pour s'essuyer les larmes qui avaient inondées ses petites joues, une fois exercée à sourire, elle frappa à la porte.
Sa soeur se précipita pour ouvrir, puis la suivit. Rose se forçait à rigoler à toutes les blagues qu'on lui racontait. Elle avait mal mais il ne fallait pas pleurer, non, pas maintenant.
Le chauffeur ne tarda pas à venir, la route fut longue mais Rose patientait.

Une fois chez elle, elle se précipita une fois de plus vers sa chambre et s'enferma à double tour. Elle pleurait sans arrêt, elle avait une seule envie : celle de disparaître.
Elle ouvrit grand son placard et commença à chercher... Son sac... Où est son sac?... Non... Mais où est il?... Non...
Quelques instants de panique passèrent, mais elle finit par le retrouver, elle l'avait oublié sous le lit, heureusement qu'il était toujours à sa place...
Elle respira un bon coup et prit une bonne dose de cocaïne. Ah, ça lui faisait presque du bien, presque, elle n'arrivait toujours pas à oublier ce qu'elle venait de vivre... Encore... Encore !
Elle pensa alors que peut être sa lame à rasoir la consolerait elle. Elle la saisit alors, les larmes lui brouillant la vue, et commença à se caresser. Ah c'était doux, c'était... sanglant!
Soudain, un cri retentit... C'était encore sa mère, mais cette fois ci elle ne l'appelait pas pour le dîner, cette fois ci elle l'appelait pour autre chose...
Rose sentit qu'elle était juste derrière la porte mais avait elle le courage d'ouvrir ? Peut être... Elle s'essuya les larmes, remit sa veste, cacha tout ce qu'elle avait mis sur son lit et avança d'un pas feutré vers la porte.
L'ouvrir ou pas ?
Sa mère l'appela une deuxième fois, tellement fort qu'elle en fit trembler la porte.

Rose n'osait pas lui ouvrir, elle avait peur, mais elle essaya quand même de se calmer et laissa sa mère pénétrer.
Sa mère lui enleva la veste d'un geste brusque et vit toutes ces blessures, tout ce sang dans les bras de sa fille toute tremblante. Cette dernière n'en pouvait plus, la pression l'écrasait, elle se lâcha, elle explosa en pleurs... Cette journée était pour elle le pire cauchemar jamais vécu.
Mais sa mère n'avait eu aucune réaction de gentillesse avec sa fille, elle était en colère, elle était en rage, elle aurait voulu la tuer -si ce n'était pas illégal-... Elle lui jeta un regard cruel et commença à la bombarder de questions. Le pourquoi du comment, sans oublier le quand et le où. Rose ne voulait pas répondre, elle ne pouvait pas répondre à celle qui la battait jour après jour.
Pendant un instant elle eut un sentiment fort, pendant un instant elle aurait voulu plonger dans les bras de sa maman et pleurer comme une vraie bonne maman serre sa fille dans ses bras. Mais elle se désillusionna vite, elle ne pouvait pas pleurer sur l'épaule de la femme qui l'avait toujours maltraitée...
Elle se contentait de répondre en inventant question après question des réponses bidons...
Elle ne savait plus où elle en était, elle ne savait plus si elle rêvait ou si elle était encore dans la réalité.
Elle avait laissé au bout de quelques instants sa mère parler toute seule. Elle était perdue dans ses idées.
Sa mère était une simple folle qui venait encore de la gifler, une fois, deux fois, une dizaine de fois. Elle lui a aussi confisqué son ipod, ses tableaux tous sordides et tous ses cahiers où elle conservait ses dessins... Puis elle sortit en claquant la porte...

Rose était encore dans l'irréel.



-- Chap 6 : "le cauchemar éternel"

Le lendemain matin, école.
Elle prit son cartable et se mit en route, plus pensive que jamais.
A l'entrée un agent de police qui passait par là remarqua qu'elle était dans un drôle d'état.
Il l'interpella..
"- Hey toi!
- Quoi, moi?!
- Oui viens là... t'as les yeux rouges.
- ...
- Pourquoi?
- ...
- J'ai dit pourquoi t'as les yeux rouges ?
- ...
- Tu vas répondre oui ?
- Mais j'sais pas moi ! Une aller..."
Rose n'eut même pas le temps de finir sa phrase qu'elle s'évanouit dans les bras de l'agent qui se pressa d'appeler un médecin pour l'examiner.

Histoire publiée le 21/08/2009 à 11h49.
Thèmes : Drogue, Mutilation, Parents violents, Professeurs, Solitude

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