La vie, une maladie mortelle (chap 7)
-- Chap 7: "un séjour en enfer"
Elle était là, bouche bée, attendant que quelqu'un vienne la sortir de ce mauvais rêve. Mais hélas, c'était bel et bien la dure réalité, la pauvre petite allait être enfermée. Elle restait plongée dans ses pensées.
Elle passa la nuit réveillée à penser à ce qu'elle aurait bien pu faire pour mériter une telle vie, pensant à tout et en même temps à rien qui n'avait un réel sens. Elle cherchait vainement des réponses à ses questions venues de nulle part...
Voilà déjà 2 jours qu'elle habitait avec cette pensée, toujours seule avec, toujours glacée de sa présence, toujours courbée sous son poids. Sans vie, sans personne, sans rien... Avec en prime une peine de 10 années d'emprisonnement.
Une horrible, une sanglante, une implacable idée. Captive entre 4 murs sombres et des barreaux.
Quoi qu'elle fasse elle était toujours là, cette idée infernale, à la hanter comme un fantôme, chassant toute distraction, face à face avec elle même, la secouant de ses deux mains de glace chaque fois qu'elle tentait d'oublier.
Une fois de plus, toutes les horreurs qu'elle avait bien pu vivre se glissèrent sous toutes les formes où son esprit voulait fuir. Elle l'obsédaient réveillée et repassaient dans ses rêves sous la forme de couteaux à double lame transperçant son pauvre coeur qui saigne.
Elle était là, seule, avec comme seul compagnon son chagrin intense, entre quatre murs pour avoir essayée de fuir ce qui la hantait.
Elle pleurait jour et nuit et personne n'était là pour la consoler. Elle aurait voulu crier, hurler mais elle n'en avait pas la force. Elle était épuisée. Elle aurait pu faire n'importe quoi pour se jeter dans les bras de quelqu'un, n'importe qui, et pleurer, tellement elle allait mal. Mais ce "n'importe qui" n'existait malheureusement pas.
Quelques jours passèrent et l'état de Rose ne faisait que s'aggraver. Elle ne mangeait rien, elle n'osait même pas toucher à la nourriture, son appétit était définitivement coupé.
Quelques fois elle demandait au concierge de lui donner quelques feuilles et un stylo pour pouvoir écrire. Après tout, elle ne pouvait rien faire d'autre pour tuer le temps qui semblait s'être arrêté.
Quelques fois elle levait la tête pour voir ce qui se passait à l'extérieur de la cellule.
Mais jamais elle n'a pu consoler ses peines.
Ses larmes ne cessaient de couler, chacune encore plus douloureuse que l'autre, et son coeur ne cessait de saigner. Erreur d'un passé...
Dans ses textes on pouvait clairement distinguer ses larmes de peine, sa souffrance éternelle... Elle aurait voulu pouvoir décrire un monde magique comme cendrillon et son prince charmant, comme blanche neige et les sept nains, mais elle en était incapable. Tout ce qui sortait de ce stylo n'était que noir et morbide, comme sa vie.
Une fois même, lorsque la gardienne est passée devant sa cellule juste par hasard, Rose essaya d'entamer une discussion. Elle lui avait demandé si elle avait déjà connue la tristesse, elle lui a demandé si elle avait déjà essayée de trouver un sens à sa vie vainement... Mais la gardienne répondait toujours d'une voix rauque, sans éprouver aucun sentiment de compréhension... Elle était toujours pressée, elle n'avait jamais le temps de discuter. Bref, une vraie brute.
Emprisonnée dans ses pensées tristes et dans sa solitude Rose n'avait aucune raison de vivre.
La nuit suivante, sans se rendre compte, elle s'était ouvert le bras vu la pression qui l'écrasait. Le coussin était plein de sang. Mais comment avait elle bien pu faire ? Nul ne le sait... Oui, sauf elle...
En s'apercevant pour la première fois, que Rose était dans un état critique, la gardienne s'arrêta près de la cellule et dit d'un air pas très amical et d'une voix sèche :
"- Tu sais, y a un psy en prison.
- Non merci, être un numéro de dossier comme tant d'autres ne m'intéresse pas, je sais que ça ne servira à rien, lui même ne s'intéresse qu'à ce qu'il peut gagner.
- Bah alors... fais ce que tu veux !
- Attendez...
- Quoi?!
- Est ce que j'ai le droit d'avoir un ours en peluche ? demanda-t-elle entre deux sanglots
- Non mais ! T'es en prison pas en maternelle !"
Et la gardienne repartit, laissant Rose nageant dans son bain de larmes.
L'idée de la peluche pouvait sembler gamin, mais il fallait comprendre que Rose avait sincèrement besoin d'affection, et la chose la mieux qualifiée pour ça était un ours en peluche. Mais qui avait un coeur pour comprendre ce qu'elle ressentait ?
Histoire publiée le 25/08/2009 à 12h56.
Thèmes : Chagrin, Drogue, Prison, Solitude
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Par lunna2902 le 04/06/2010 à 19h08
Ne jamais oublier, ne jamais pardonner.
Vraiment touchant !
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