La voix.
La voix est toujours là. Dans une rafale de mots douloureux incessante. Elle ne veut pas me quitter. Mes paroles pour la faire partir ne font que redoubler la méchanceté de ces termes. Et tout continue. Sans jamais s'arrêter.
La voix est toujours là. Des fois, les gens me regardent bizarrement, comme si, eux aussi, ils entendaient cette voix. Ou comme si j'étais folle. Ce genre de regards qui vous font baisser les yeux et vous font rougir de honte. Ce genre de regard qui fait crier la voix.
La voix est toujours là. Elle veut que je la tue. Elle veut que je prenne un couteau et que je tranche sa chair. Elle veut que je la fasse souffrir pour toucher la mort. Mais moi, je ne veux pas. Je me sentirai bien seule sans elle, même si elle est méchante avec moi, elle est devenue mon amie. Lui faire mal ? Mais pourquoi ferai-je cela ?
S'en ai trop. Elle le veut, elle me l'incite, elle me l'oblige et elle me hurle son désir dans l'âme. Mon cœur n'en peut plus.
Le couteau est dans ma main, je le regarde, sans aucun sentiment bien précis. Dire que bientôt, il tranchera ma chair. Ma chair ? Mais non, c'est sa chair qu'il ouvrira, pas la mienne. Pourtant une pensée m'obsède : j'ai l'impression que c'est moi que je vais tuer, que c'est moi qui veut toucher la mort, que c'est moi qui veut souffrir. « Cette impression est stupide, me chuchote t-elle, vas-y, tue-moi, je sais que tu le désires autant que moi. »
Et je la vois enfin. Elle m'apparaît clairement dans la douce lumière du soleil levant. L'intensité de son hurlement augmente de seconde en seconde, je vois son visage cireux se tordre sous la colère et l'impatience. Je vois ces yeux pleurer de rage et de tristesse, ces yeux renferment une flamme, une flamme mystérieuse, sans rien de bien précis.
Le couteau s'abat sur sa chair. Il tranche, détruit, ruine, déchire, lacère, écorche, entaille, tue…Les gouttes de sang giclent sur les murs blancs et sur mon visage. La voix se transforme en un hurlement atroce de douleur. La mort passe dans les flaques de sang, et je vois ces orbites vides, un souffle froid se fait sentir. Un dernier coup fatal retombe. Tout se stoppe. Le miroir me renvoie mon image, je suis couverte de plaies, mon sang dégouline à flot sur mon corps et je vois mes larmes se mêler au rouge. Ma voix s'éteint en un seul souffle.
Je suis ma propre meurtrière.
Histoire publiée le 10/11/2006 à 07h20.
Thèmes : Meurtre, Schyzophrénie
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Par shinobugogol le 19/04/2008 à 14h37
vend maison 300m² en champagne ardenne
O_O spécial dis donc ! Mais j'aime bien.
Par artificialflower le 09/12/2006 à 09h39
give you the gun..blew me away
bien écrit
Par ornella2602 le 14/11/2006 à 20h37
ouais
Par lazagnette le 11/11/2006 à 22h11
écrire c'est hurler en silence...!!.
vraiment lugubre !
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