Le bonheur du moment
Les gens m'oppressent, ils sont là, tout autour de moi, les grands, les petits, les minces, les ronds. Tous là à me regarder. Je ne pense pas à eux, je ne pense qu'à mon but. Ce but si près et en même temps si lointain, ce but si simple et en même temps si compliqué, tellement de contradictions...
L'effet de l'alcool et de la marijuana prennent possession de ma tête, ils me font voir et penser différemment. J'ai chaud alors qu'il ne doit pas faire plus de 5°C. Je n'entends pas un son, alors qu'autour de moi crient les gens et chante la musique. La tête me tourne, le sol tangue, mais la route pour te retrouver est toute tracée, un trait rouge me montre le chemin.
Tu m'as dit que tu étais là à cette heure-ci. Depuis que cette phrase tu me l'as dite, je n'arrête pas d'imaginer notre rencontre. Saurais-je te parler, saurais-je te sourire ? Tellement dur de réfléchir, l'alcool se ballade dans mon sang. Tellement dur de rester calme, quand je sais que tu es quelque part devant. Je vois l'enseigne du restaurant au loin, ton stand ne doit pas être loin...
La foule devant moi se disperse. Une troué apparaît. J'avance lentement, mes pas pèsent une tonne, la peur m'entaille le ventre. Le stand est là, son inscription écrite en grand. Encore un pas, je touche le bar, la machine à pression me bouche une bonne partie de la vue. Et là, tu apparais, tu te diriges vers la pression et verse une bière pour les fêtards complètement ivres.
Mon cœur arrête de battre, puis repart de plus belle. Tu es là, devant moi, depuis le temps que je voulais te revoir en chair et en os, et non te parler juste derrière un écran...
Il fait froid, mais tu as le T-shirt de ton stand, un bonnet te couvre le crâne et tes cheveux ondoient dans la lumière artificielle. Tes yeux bleus et ta bouche sourient. Je fais comme si je ne t'avais pas vu, comme si je n'espérais pas cela depuis longtemps. Une cigarette à la bouche, je regarde la foule autour de moi. Mais je ne vois rien, seule toi que je vois du coin de l'œil m'importe.
Je te vois qui me regarde et qui souris encore plus. Tu avances vers moi. Je te regarde bien en face, et un sourire fend mes lèvres. L'alcool semble me posséder encore plus. Tout devient flou, tout sauf tes yeux, ils me regardent et lisent en moi. Tu t'appuies contre le bar en face de moi :
- Hello! Tu vas bien? tu le dis avec un sourire tellement rayonnant que j'en reste sidérée.
-Salut! Très bien et toi ? je te réponds.
Tu me réponds quelque chose, mais je ne t'écoute pas, trop occupée à regarder ton visage.
Lentement ta joue se tend vers moi. Je reste pétrifiée sur place, te regardant comme si tu étais la première personne que je voyais. J'arrive enfin à bouger et approche mon visage à seulement quelques centimètres du tien. Nos joues se frôlent. Soie tellement douce contre ma peau, ta chaleur, ton odeur, tout me rend plus ivre encore. Tu te recules et me regardes en riant, tu as remarqué mon état second. Je souris plus gênée qu'autre chose, et détourne le regard.
Tu me proposes un verre, comment le refuser à une si gentille créature ? Je te réponds que je prendrais un verre avec plaisir. Tu me proposes plusieurs cocktails et j'opte pour le plus corsé. Tu me souris (comme d'habitude, de ton sourire si franc et si rayonnant), tu recules et vas remplir un verre de vodka et d'autres ingrédients. Je regarde tes gestes si méthodiques, si gracieux et harmonieux. Tes mains sont si parfaites, des mains d'écrivain, adaptés à tenir un crayon pour écrire de la poésie. La foule n'existe toujours pas autour de nous. Nous sommes comme emprisonnées dans une grande pièce vide et blanche, où aucun son ne pénètre à part le bruit de mon cœur.
Tu reviens vers moi, je sors mon porte-monnaie, et te demande le prix. Un petit mouvement sec et extrêmement touchant secoue tes épaules. On dirait une petite enfant à qui l'on pose une question et qui ne sait pas la réponse. Tes joues se rosissent et tes yeux pétillent. Je pourrais écrire des centaines de phrases sur tes yeux, qui changent d'expressions et de grandeur tout dépend tes sautes d'humeur. La fois où je les ai vus, les plus merveilleux du monde, c'était une matinée d'été.
"L'école se terminait. Je te vouvoyais encore. Je m'étais approchée de toi et t'avais tendu une lettre en te disant que je n'avais ni fleurs ni chocolat, juste un texte. Tu m'avais regardée et avais sourit. Tes yeux avaient pétillé comme jamais. Ils étaient devenus d'un bleu azure et des larmes perlaient dans leurs coins. Tu m'avais regardée avec tellement de tendresse, mais tu m'avais regardée comme une sœur, et non avec passion. Mais tout est mieux que rien. Ensuite nous nous sommes séparées, et nous ne nous sommes vues que 3 fois depuis cette scène qui c'est passé il y a quatre mois."
J'en reviens au stand. Tu me tends mon verre, et je te demande le prix. Tu me regardes, souris, et montes tes épaules en signe de silence. Puis tu te penches vers moi et me souffle à l'oreille: "offert par la maison". Ce mouvement me cloue sur place. Tes cheveux me frôlent le visage, et ton odeur de fleurs me chatouille les narines. Tu te recules, me souris, je te tends mon verre, nous faisons santé. Ensuite nos joues se frôlent à nouveau, et un baiser se pose sur ma joue. La chaleur monte à mon visage et je te rends ton baiser. J'inspire ton odeur à plein nez et recule. Te fais un signe de la main et pars mon verre encore plein.
Voila, la foule apparaît à nouveau et se referme autour de moi. La respiration me manque, déjà je veux te revoir, mais je sais malheureusement que je ne te verrai pas avant un moment. Que la prochaine fois, la rencontre sera peut-être encore plus merveilleuse.
L'alcool reprend totalement possession de mon esprit, et je repars, clopi-clopant en direction du lac. La foule s'éloigne derrière moi et je marche, je marche. M'enfonçant de plus en plus dans l'eau froide. Les vagues sur mon corps sont comme des bras m'entourant de leur chaleur. Je pars, je pleure, je repense à ton sourire. Je me force à refaire surface et à sortir de cette chaleur de glace.
Je remonte sur la rive. Personne ne m'a vue, et toi tu n'en as rien su. Tu viens de me sauver, par l'espoir, l'amour et l'amitié, que jusque-là pour toi j'ai éprouvé...
Histoire publiée le 03/10/2010 à 22h34.
Thèmes : Absence, Alcool, Amitié, Amour, Bonheur, Existence., Foule, Peur, Rencontre, Yeux
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Par dead-rose le 05/11/2010 à 12h52
Wouah
Par bast52 le 16/10/2010 à 22h31
C'est du Gucci, c'est du goût de chiotte
Vraiment superbe =D
Par angelll le 04/10/2010 à 20h52
You raise me up... <3
Ohhhhhh!
C'est vraiment, euh comment dire
Sublime, magnifique, époustouflant!
+5 sans hésiter!
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