Le grand secret
Le sommeil se dissipe. Migraine. Je garde les yeux fermés, essayant de me rendormir. Sombrer au pays des rêves. Encore. Pour oublier. Pour effacer durant quelques minutes, quelques heures, cette bulle hystérique dans laquelle je vis.
Il y a du mouvement à côté de moi. Les draps glissent sur mes hanches, on pose une main sur mon épaule en me secouant légèrement.
- Bouge toi, feignasse.
Marilyn.
- Dis-moi où tu l'as planqué, elle continue.
- Chérie, as-tu oublié de prendre tes médocs ?
J'ouvre enfin les yeux. Elle se trouve à mes côtés, ses longs et épais cheveux noirs coiffés en un joli fouillis artistique, retombant en torsades sauvages dans son dos, en mèches folles sur son front, créant une frange asymétrique pas assez épaisse pour dissimuler ses yeux. De grands yeux cernés de noir, faisant ressortir de magnifiques iris verts incroyablement clairs. Son regard exprime une rage immense, mais surtout un manque intense. J'y lis l'angoisse, une déchirure donnant tout droit accès à une plaie béante, sanglante. Non pas une blessure physique, quelque chose de bien plus intime. C'est son âme qui a mal. Elle ne me l'a jamais dit, mais je le sais depuis toujours ; elle est moi, en quelque sorte.
Marilyn me fixe encore. Elle est énervée, elle veut ses médocs. Ses mains se crispent sur mes épaules, je la repousse brutalement, me lève et vais chercher une boîte de pilules rondes et bleues dans l'armoire à pharmacie de la salle de bain. Je retourne dans la chambre. Marilyn à genoux, sur le lit. Ses cheveux sauvages, emmêlés, son corps amaigri. Beauté folle.
Je lui lance le flacon. Les pastilles s'entrechoquent.
- Tu vois, ils n'étaient pas cachés loin, je lui dis. Alors heureuse ?
Elle me lance un regard froid, tétanisant. Marilyn verse les pilules dans sa paume. Elle en absorbe beaucoup... beaucoup trop. Je la vois se détendre, se coucher sur le flanc, sourire bêtement. Ma vision se trouble, tout s'obscurcit. La pièce se floute, Marilyn disparaît. Un mal de crâne intense m'oblige à m'asseoir, quelque chose m'oppresse la poitrine. Je me couche à même le sol puis...
Un divan...un psy.
- Monsieur, comment expliquez-vous que après avoir ingéré des drogues votre amie ait disparue ?
Silence. Je ne sais comment expliquer.
De son regard, il fouille les profondeurs de mes prunelles grises-vertes, essayant d'y trouver une réponse à sa question. Cherchant mes mots, je m'amuse à passer mes doigts dans mes cheveux couleur corbeau. La migraine revient.
J'entends Marilyn me dire :
- Ne lui dis pas la vérité à mon sujet. Notre sujet. "Ton" sujet ; tu le regretterais.
Pourtant, je décide de ne pas l'écouter. Enfin, de ne pas m'écouter.
- Je ne pense pas que ce soit véritablement Marilyn qui ait avalé autant de comprimés. Elle n'est qu'illusion, c'est la partie féminine de mon être que je voies et entends. Ce fameux jour, j'ai dû prendre trop d'antidépresseurs et...
- N'en dites pas plus, vous êtes disloqué psychologiquement... et dangereux. Nous allons devoir vous placer dans un centre psychiatrique.
J'avais raison, j'ai regretté...
Histoire publiée le 28/06/2010 à 20h12.
Thèmes : Drogue, Femme, Homme, Psycholoque., Schizophrénie
|
| Ajouter aux favoris |
Envoyer à un ami |
Moyenne (5 votes) ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() |



Par dead-rose le 09/07/2010 à 12h30
J'adore
5*
Par jenn323 le 06/07/2010 à 00h26
Wowwww cest super bon... jadore la fin : J'avais raison, j'ai regretté! Beau punch final!!!
Par stillbreathing le 01/07/2010 à 13h18
it's a promise that you must keep
Très touchant .
Par angelll le 29/06/2010 à 15h59
You raise me up... <3
Sublime!

J'adore <3
+5
Par bast52 le 28/06/2010 à 22h25
C'est du Gucci, c'est du goût de chiotte
Magnifique, j'adore
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !