Le petit poncho écossais
Il était une fois une petite fille blonde qui vivait avec sa mère, son père, ses sœurs, Monique, Yasmina, Gisèle, Camille, Leïla, Eloïse, Mona et Ingrid, ses frères, Bernard, Mohammed, Yvan, Abdel, Simon, André, Yoshimistu, Juan Pablo, Alessandro et Isaak ainsi que ses 4 chats, Jacques, Bernadette, Nicolas et François. Un jour, sur son lit de mort, la tante de la voisine du petit cousin germain du frère de l'oncle à son père mais qui habitait juste à côté de leur appartement et que tout le monde appelait Simone lui avait offert un poncho en tissu écossais et la petite fille ne voulait désormais porter que ça. C'est depuis ce jour que tout le monde l'appelle : Le petit poncho écossais.
Cette petite fille blonde habitait dans une barre HLM, dans une cité au nord de Paris, réputée pour être un quartier où le calme ne régnait pas.
Un jour, sa mère lui dit :
- Tiens, toi ! Plutôt que d'glander toute la journée, sers moi donc à quelque chose et va porter c'te poche de médoc' à ta vieille grand-mère qui habite dans l'bâtiment B15.
- Mais il faut traverser la cité entière ! Je vais avoir peur toute seule !
- Tes frères et sœurs l'font chacun à leur tour toutes les semaines ! C'est à ton tour maintenant. Et ne traîne pas en route.
La petite fille avait peur de traverser la cité mais elle ne voulait pas que ses frères et sœurs la traite de trouillarde alors elle prit la poche de médicaments, et avec résignation, elle se dirigea vers la porte. Elle ouvrit les 8 serrures et 4 cadenas qui fermaient la porte et sortit de l'appartement. Avec prudence, elle descendit par les escaliers, jonchés de cannettes de bières vides ou dont la moitié était renversé sur le sol, de chewing-gums mâchés, de crachats, de capotes déjà utilisées ou non, de poussière, et elle remarqua même, non sans étonnement, car il faut dire qu'elle n'était que rarement sortie de chez elle, un string pour homme, posé dans un coin, sur le palier du 4ème étage. Elle n'aimait pas prendre les escaliers car il arrivait souvent qu'une bande de squatters soit assise sur les marches. Mais à part le chat borgne de sa voisine, elle ne rencontra personne. Une fois sortie de l'immeuble, les rayons du soleil la faisant rapidement transpirer à travers son poncho, elle se mit en route. Elle passa devant 3 immeubles et s'arrêta plus d'une fois pour tenter de déchiffrer ce que voulaient dire les graffitis qui ornaient les bâtiments.
Mais, tandis qu'elle s'apprêtait à traverser le petit pont qui menait à un parc qui menait à un nouvel immeuble, qui menait à celui de sa grand-mère paternelle, elle se fit aborder par une bande de jeunes :
- Eh ! Matez moi ça les keums ! C'est le petit poncho écossais qui sort d'son trou, fit le plus grand, le plus tatoué, le plus costaud et surtout celui qui semblait être le plus agressif.
- Tu vas où comme ça petite ? dit un autre qui ressemblait à un porc coiffé d'une casquette.
Il avait parlé d'un ton menaçant et un postillon s'était échappé de sa bouche et était venu se coller sous l'œil de la petite fille intimidée. Elle porta la main à son visage et de son revers, elle s'essuya la joue.
- Mais dit moi la gamine, que portes-tu sous ton poncho ?
- Ce sont juste des médicaments, pour ma grand-mère, expliqua-t-elle sur un ton timide.
- Et elle habite où la vieille ? demanda le plus grand.
- Au bâtiment B15, au 8ème étage, le premier appartement, mais je dois faire vite parce qu'elle est malade et il lui faut ses médicaments, débita-t-elle très rapidement. D'ailleurs maman a très peur que ce ne soit bientôt la fin pour elle. Elle ne nous l'a pas dit mais moi je le sais parce qu'elle en a parlé avec la voisine, celle avec le chat borgne. Elles papotent souvent ensemble le mercredi après-midi. Je sais que ce n'est pas bien d'écouter aux portes mais je le fais parce que sinon, je m'ennuie trop. Mes sœurs restent dans la chambre et disent que je n'ai pas le droit de rentrer parce qu'elles font des trucs de grandes. Alors qu'en plus Mona est plus petite que moi. Mais maman dit que si mamie meurt, ce sera pas une grande perte parce qu'elle a de l'argent et qu'on pourra récupérer l'héritage et se barrer de là. M'enfin, c'est elle qui l'a dit, moi je me plais bien ici. Par exemple…
- Ouais, c'est bon ta gueule, la coupa un petit chauve.
- Intéressant… souffla un autre, il était très maigre et tenait dans la main un mouchoir blanc avec lequel il se mouchait toutes les minutes. Et il y a des antibiotiques dans ta poche ?
- Non, répondit la petite fille, étonnée.
- Alors elle est pas malade ta grand-mère, rétorqua-t-il.
- Ben si.
- Elle est sous antibiotique alors ?
- Mais non.
- Elle est pas malade alors.
- Si.
- MAIS VOUS ALLEZ LA FERMER LES DEUX IDIOTS ?! cria le plus grand.
- Mais, Edmond, c'est que je me sens vraiment pas bien… souffla celui avec le mouchoir.
- De toutes façons, toi, ya tout le temps quelque chose qui va pas. Et je t'ai déjà dit de m'appeler Rocky, et pas Edmond ! cracha le plus grand, que nous nommerons désormais Rocky… Ou Edmond.
Pensant déjà au vol qu'il pourrait faire chez la riche grand-mère, il s'accroupit à la hauteur du petit poncho et d'une voix qui se voulait rassurante, il lui confia, presque en chuchotant :
- Tu vois, là bas, les jeux, pourquoi n'irai tu pas faire un tour de toboggan ? Il fait si beau, c'est une lourde responsabilité que l'on te demande là. Tu devrais poser ton sac quelques instants et t'amuser un peu.
La petite fille, qui était fatiguée d'avoir marché sous le soleil, se dirigea vers les jeux, posa délicatement le pochon de médicaments, et, faisant s'entrechoquer les flacons de sirop pour la toux, elle monta sur le toboggan et commença à glisser le long du métal brûlant.
Pendant ce temps, la bande de jeunes s'en alla vers le bâtiment où habitait la pauvre grand-mère. Arrivé dans le bâtiment, Rocky regarda ses compagnons et leur hurla tout en désignant le ciel :
- Matez ça les keums ! Des bouteilles d'une célèbre boisson gazeuse à base de caféine dont je ne citerai pas le nom volantes !
- Où ça ? demandèrent-ils, tous en cœur.
- Elles sont passées derrière l'immeuble, vite !
Courant après les bouteilles imaginaires, la petite bande contourna le bâtiment, laissant Rocky tout seul avec ses idées sombres.
Il ouvrit la porte, connaissant par cœur le code de l'immeuble où il habitait depuis maintenant 13 ans. Mais contrairement à d'habitude, il ne s'arrêta pas au 2ème étage. Il monta les marches, encore et encore, faute d'avoir d'ascenseur car lui et sa bande l'avait déjà mis hors service et le remplissant de pétard, il y a de ça une semaine maintenant.
Enfin arrivé au 8ème étage, il frappa doucement à la porte du premier appartement. La grand-mère, pensant que c'était un de ses petits enfants, dit d'une voix enrouée : « C'pas trop tôt ! Ca fait une éternité que j't'attends ! ».
Rocky entra dans l'appartement sombre et enfumé. Ouvrant la porte vitrée qui menait au salon, il fut surpris de trouver la grand-mère assise dans un fauteuil tournée vers la fenêtre, qui ne laissait deviner qu'un chignon tordu dont les mèches blanches dépassaient en grand nombre ainsi qu'un cigare d'où s'échappait la fumée.
Rocky s'avança doucement dans la pièce et, attaquant la grand-mère par derrière, ce qui est un geste très lâche, surtout lorsqu'on pense que la vieille dame a dépassé les 108 ans, mais bref, attaquant la grand-mère par derrière, il l'assomma à l'aide d'un vase hideux trouvé sur le rebord de la cheminée. Puis, tandis que la grand-mère inanimée, la tête pendant sur le côté laissait son cigare tomber sur le sol, le jeune homme se dépêcha de fouiller l'appartement à la recherche de l'argent.
Avide de billets et de bijoux coûteux, il retourna tous les cadres, souleva tous les tapis, ouvrit tous les placards, fouilla tous les tiroirs, vida armoires et commodes, sans aucun résultat.
Mais alors qu'il était dans la salle de bain en train de fouiller dans la cuvette des toilettes, le petit poncho, qui en avait rapidement eu marre de faire du toboggan, entra dans l'appartement , découvrit avec horreur sa grand-mère et écrasa le cigare, qui avait commencé à noircir le tapis. Elle se dirigea vers la salle de bain d'où provenait des bruits étranges. Sans se méfier, elle ouvrit la porte mais Rocky se tenait juste derrière et l'attrapant par les jambes, il la retourna et secoua la petite fille, espérant que elle au moins, elle aurait un peu d'argent sur elle. Mais le petit poncho écossais était encore très jeune et les petites filles ne se promènent pas avec des l'argent sur elle, surtout lorsqu'elles traversent des cités qui comme précisé plus haut sont réputées pour ne pas être très calmes. C'était peine perdue pour le jeune homme, tout son plan se retrouvait à l'eau : Il n'y avait pas d'argent ici. Il reposa la petite fille encore sonnée sur le sol carrelé de la salle de bain et sortit.
Mais les cris de la petite fille avait alerté le voisin de la vieille dame et un vieux Tchécoslovaque Canadien aux longs cheveux roux, nommé Feliks, se tenait devant l'entrée, entouré de ses chiens : 2 Lévriers Russe, un berger Finnois de Laponie, un Rottweiler et un Yorkshire. Tombant nez à nez avec Feliks, Rocky s'arrêta net. La petite fille sortit en rampant de la salle de bain, trop étourdie pour se relever.
La scène avait de quoi être déroutante : Ils se trouvaient dans un appartement sombre où de la fumée semblait s'échapper de tous les coins, un tchécoslovaque roux et un homme bronzé se faisant appeler Rocky se tuait du regard dans l'entrée, attendant que l'autre baisse les yeux, tandis qu'un Lévrier Russe s'accouplait avec un Yorkshire près de la table sur lequel était posé un téléphone et un bocal où nageaient 3 poissons nommés Esteban, Zia et Tao. Un berger Finnois était en train de faire ses besoins et une grand-mère à la permanente foutue et avec le visage ensanglanté apparaissait à la porte du salon. Ses yeux lançaient des éclairs et elle tenait à la main une énorme batte de baseball agrémentée de pointes hautes de 5 bons centimètres.
Et tout à coup, un goéland railleur espèce d'oiseau très rare, surtout dans la région parisienne, percuta la fenêtre de la cuisine avec un grand bruit. Tandis que les regards se tournaient vers la source du boucan, la grand-mère, profitant du moment d'inattention, monta sa batte de baseball aussi haut que ses vieux bras pouvaient et en hurlant, elle l'abattit sur les deux intrus qui se trouvaient dans son entrée. Les deux hommes s'effondrèrent d'un coup. Le Rottweiler, mécontent qu'on s'attaque à son maître, réagit au quart de tour et bondit sur la grand-mère. Mais en fouillant dans la cuvette des toilettes, Rocky avait provoqué involontairement une fuite et l'eau avait coulé dans toute la salle de bain et commençait maintenant à inonder l'entrée. Et comme chacun le sait, lorsqu'on court sur du carrelage mouillé, on a de fortes chances de glisser. Le pauvre chien glissa, il percuta les deux chien en train de s'accoupler, qui fort en colère d'être dérangés pendant leurs ébats, se mirent à lui courir après. Le Rottweiler, la queue entre les jambes, sortit en trombe de l'appartement, suivis des deux chiens aboyant bruyamment.
Le Tchécoslovaque se releva, malgré les pointes qui lui avaient transpercé la boîte crânienne et s'en alla en courant, heureux de quitter l'appartement de fou. Comme quoi, même quand on a un bon cœur et qu'on veut aider les petites filles en danger, on ferait quand même mieux de rester chez soi à regarder des chiffres et des lettres. La grand-mère, vraiment très, mais alors vraiment très très énervée se mit à lui courir après. Et il faut dire que malgré ses vieilles jambes, la vieille n'avait jamais perdu sa fougue d'autrefois. Je ne peux vous raconter exactement ce qui se passa pour ces deux là. L'histoire serait bien longue et il faut rappeler que celle-ci s'appelle « Le Petit Poncho Ecossais ». Bref, la grand-mère et Feliks partis, si il vous reste encore quelques neurones pour compter, il reste dans l'appartement une petite fille, 2 poissons, un ayant été avalé par le Yorkshire, un Lévrier Russe et un Berger Finnois de Laponie, ainsi qu'un homme nommé Rocky ou Edmond, étendu et perdant tout son sang sur le sol. La petite fille, voyant que le soleil commençait à baisser dans le ciel et sachant que son émission préférée, portant sujet sur la chasse des phoques en Albanie allait bientôt commencer, enjamba le corps du jeune homme et commença à descendre les escaliers. En effet, elle avait entendu dire par l'amie du frère du cousin à un ami d'Yvan que l'ascenseur de ce bâtiment avait été rempli de pétards le 14 juillet par une bande de voyous et qu'il n'était toujours pas prudent de s'y aventurer.
Morale de l'histoire : Il n'y a pas de phoques en Albanie.
Histoire publiée le 30/04/2007 à 20h20.
Thèmes : Conte, Humour, Parodie
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Par lilnao13 le 25/11/2007 à 16h06
meilleure compétence? faire semblant.
Il faut en effet des neurones pour y conprendre quelque chose, à ton histoire!!! j'étais complètement ptdr quand j'ai lu la morale!
BRAVO!
Par psychedelicgirl le 12/04/2007 à 23h03
Excellent !! j'adore !
Bravo!
Par missangiedevilish le 11/04/2007 à 09h05
† Abandon, absence, mort...†
Je suis mdr!!! on pouvait pas faire mieux pour la parodie!!! et tout comme corally02, VIVE LES PHOQUES D'ALBANIE!!!!
Par corally02 le 10/04/2007 à 19h01
http://miss-lady-co. skyblog.com
Morte de rire !! elle est trop marante ton histoire !
et vive les phoques d'albanie!!
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