Le taleau Maudit de Di Vinho (Part.3)
8 janvier 21h30 :
Quelle tempête ! Le vent glacé souffle dans toute la maison. La pluie m'empêche de faire ma promenade dominicale. Seul dans mon manoir, je décidai de faire un état des lieux pour voir les dégâts qu'avait causé la tempête.
Quand je montai au grenier, j'aperçus une flaque d'eau sale. La toiture avait souffert du vent et de la pluie torrentielle qui avaient duré toute la nuit. Après avoir mis un vieux seau rouillé pour recueillir l'eau qui tombait goutte à goutte, je redescendis au second étage pour étudier plus précisément le tableau posé sur mon bureau.
La folie m'aurait-elle une fois de plus emporté ? Je le crains hélas…Quand je me trouvais face au tableau posé à plat sur mon bureau…une fois de plus, je sentis une force s'accaparer de moi, de mon esprit, de mon être, de mon âme…j'eus des visions...et puis là, je vis sur la toiture peinte un filet d'eau…la même odeur, la même couleur, la même texture que l'eau retrouvée au sol dans les combles auparavant. Le plus surprenant était que la peinture ne souffrait pas de cette eau...Au contraire, cela rendait le tableau encore plus beau, encore plus magnifique. Cette eau n'était point peinte, j'aurais pu la boire si je l'avais voulu. Cette eau qui occupait à présent un plus grand espace ne cessa de grossir, de noircir. A présent, ce liquide recouvrait l'ensemble de la toile…Pris de panique et de peur, je m'empressai d'aller au grenier, mais à peine étais-je arrivé au troisième étage que je vis un filet d'eau le long de l'escalier qui donnait accès aux combles…l'eau devînt de plus en plus sombre et de plus en plus tumultueuse…il était déjà très tard et je me sentis emporté par cette étrange fatigue dont on ne peut se libérer…mon dernier souvenir était la vision de cette dame ronde et blanche régnant dans le ciel étoilé que je pouvais voir de la fenêtre, allongé au sol, ne trouvant la force de rejoindre ma chambre….tout me semble si irréel…est-ce un rêve ?...
9 janvier 11h00 :
Quel étrange songe ! Le tableau…une flaque d'eau…le tableau…mon imagination me joue encore des tours…Je suis monté au grenier pour me rassurer mais tout me semblait normal. Le tableau toujours posé sur le bureau me fascinait de plus en plus…après de longues recherches dans ma bibliothèque j'appris enfin plus de choses sur ce tableau. Signé Di Vinho, j'appris son origine méditerranéenne…ou bien…du pacifique…dans tous les cas, ce portugais avait un réel talent et maitrisait parfaitement l'art du clair-obscur, du relief mais surtout celui du trompe l'œil. Je dus supporter mes tremblements durant tout le temps de l'expertise du tableau. Mes mouvements incoordonnés ne m'aidaient pas durant ma recherche, cependant, après des heures d'études dans mes livres je retrouvai les traces de Di Vinho. Ce peintre était donc du XVIIIème siècle, « né sur les rives du Douro dans une ville nommée Villa Nova De Gaia, grande ville portuaire du nord du Portugal, il serait issu d'une famille bourgeoise. Très vite il serait tombé d'amour pour la peinture et se fit un nom dans le monde fermé des grands peintres. Apres une invasion ennemie, il aurait tout perdu. Contraint à vendre son dernier tableau pour pouvoir se nourrir, il serait mort deux jours après dans de terribles souffrances d'une maladie inconnue. La légende veut qu'en prononçant ses derniers mots, il aurait maudit un tableau qui représentait un manoir, un grand manoir pénétrant dans une forêt au bord d'une falaise se jetant dans une mer déchaînée. » Voici les seules informations que j'ai pu trouver ; cependant, celles-ci me suffisent pour savoir que je dispose d'un tableau qui ne m'apportera que des malheurs, que de la souffrance…A la suite de cette découverte, je me posai de nombreuses questions : comment ce tableau a-t-il pu se retrouver dans ma résidence, alors que rien ne me dit que ce Di Vihno ait voyagé en France ? Comment ce tableau peut-il représenter mon manoir ? Et pourquoi est-ce que je souffre de plus en plus en voyant ce tableau ? Je me souviens encore, lorsque j'ai découvert cette œuvre, de la plénitude qui régnait dans les combles…je me sentais si bien…
Mes tremblements reprennent rien qu'en pensant à ce chef d'œuvre maudit…rien qu'à cette soi-disant merveille…
Cette peinture doit disparaitre, mais pas seulement de ma vue, elle doit disparaître définitivement de ce monde ! Je dois la détruire avant qu'elle ne me détruise !...Les flammes s'en occuperont, les flammes la réduiront en cendres, elle finira comme mon corps quand mon heure viendra.
9 janvier 00h00 :
Quel soulagement ! Quelle sensation de légèreté ! Je me sens enfin libéré de l'emprise du tableau ! Fin tragique pour une œuvre comme celle-ci, mais, il le fallait bien…le feu est en train de la ronger petit à petit…de la dévorer. Ce tableau finira en cendre…calciné…en poussière…réduit à néant…mais…que se passe-t-il ?...Je m'en vais vite…une étrange fumée épaisse et noire emplit le manoir…je me sens asphyxié…la fumée…le feu…j'ai peur.
Histoire publiée le 14/06/2009 à 21h40.
Thèmes : Délire, Fantastique, Fantôme, Fou, Nouvelle, Peur
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