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Les amourettes de ma vie...

Je me tenais face à l'entrée du cinéma. Le film était bien prévu pour 17 heures, l'horaire était devant moi, aucune chance que je ne me trompe… Pourtant, je regarde ma montre, il était bien 17heures et demi ! Je n'ai pas pensé tout de suite à l'éventualité que Lucas m'aie posé un lapin volontairement...J'étais bien trop naïve. Pour moi, amatrice de film à l'eau de rose, le genre de garçon avec qui je pouvais bien me voir était celui qui se présenterait devant le cinéma un quart d'heure à l'avance, pour ne pas faire attendre sa dulcinée, avec un gros bouquet de 12 de mes fleurs préférées. Ah … j'étais bien loin de la réalité ! Moi Daisy Sawyer, j'étais assise là, sur une marche des escaliers, à attendre mon prince charmant, indignée. Après une heure d'attente, j'eus le reflexe tardif de l'appeler. Ca sonne… ah je reprends mon souffle ! Je suis heureuse, il va enfin pouvoir venir, on va enfin pouvoir voir ce film, l'un collé à l'autre. Je ne comprends vraiment pas comment j'ai pu m'en soucier. Il a seulement dût avoir un accident en route. Deuxième sonnerie... ah Lucas, mon poussin tant aimé. Je m'imagine qu'il est en train de tâter sa veste à la recherche de la poche contenant son portable. Il est sûrement très pressé de pouvoir me répondre … ce sentiment est partagé ! Qu'allais-je lui dire ? Troisième sonnerie … Lucas !! Que fais-tu ? J'imaginais déjà ce que j'aurais pu lui dire quand … « Salut c'est Lucas, j'suis pas là pour le moment, laissez moi un message, j'essayerai de vous appeler…si je vous aime bien ! biiiippp »
Mon sang se figea. Fidèle à ma réputation de rêveuse, je pensai, pendant un quart de seconde, que mon téléphone s'était subitement éteint. Mais je fus bien obligé de me résonner… il m'avait filtrée !
Je ne me mis pas à pleurer. J'avais bien les yeux ouverts, mais je me sentais comme dans un cauchemar. Je m'obligeai tout simplement à oublier. Dans un autre cas, j'aurai sombré dans une dépression incurable.
Je me résolus à quitter cette entrée de cinéma maudite. Je cherchai un mouchoir dans ma poche quand je retirai un papier rectangulaire … la place de cinéma ! Je la déchirai avec tant de haine que mes doigts se crispèrent. J'avais tant de rancœur en moi que je ne me sentais pas apte à rentrer chez moi et affronter mon excentrique mère. J'eus l'idée d'aller noyer mon chagrin chez ma meilleure amie, l'épaule qui peut apaiser ma peine, Jessica Bing.
Durant la route, je ne cessai de me répéter que je n'avais pas à m'en faire, il ne me méritait pas. Comment aurai-je pu tomber amoureuse avant même mon premier rencard avec lui ? Ca ne me ressemblait pas. C'était bien la première (et la dernière, je l'espère) fois qu'on me traitait ainsi. Je ne faisais pas attention à mon chemin. Je bousculai une vieille dame, que j'ai heureusement rattrapée de justesse, un enfant excité qui eut la mauvaise idée de venir m'embêter, et je rentrai dans une femme qui avait l'air aussi perturbée que moi…
Par mégarde, je tournai dans une ruelle que je n'avais pas l'habitude d'emprunter. Je dévisageais du regard cette rue qui m'était inconnue. Je ne reconnus rien à part … une moto CBR bleue coincée dans un bouchon. Le feu passa au vert et la moto roula devant moi à vive allure. Il devait bien être à 90 kms/heure mais son visage s'imprima quand même dans mes pensées. C'était bien Lucas, avec cette si jolie serveuse du « pizza place ». Je ressentis une profonde douleur qui ne m'empêcha pas de continuer mon chemin, broyant du noir. Je sentais mon âme toute fragile, mais mon corps continuait son trajet. Mes pieds s'activaient sans que je n'en aie le contrôle. Mon corps et mon esprit faisait deux. Je marchais je marchais, mais où allais-je ? Je me sentais mal, il fallait que je me défoule. Soudain je me mis à courir. Je rebroussai mon chemin et repris ma juste trajectoire. Je traversai la route, toujours en courant, ignorant les klaxons et les deux voitures qui étaient passées à 5centimètres de mes hanches. Les bruits assourdissants de celles-ci résonnaient dans ma tête, comme si elle était vide. Je les entendais bien mais je n'y faisais pas attention. Peut-être l'idée de mourir ne me dérangeait plus ?
J'arrivai au seuil de chez Jessica. Je passai une main sur mes cheveux bouclés, essayant de les aplatir. J'essuyai les larmes coulantes sur mes joues rouges. Je redescendais mon haut froissé. Et je sonnai. Aucune réponse… J'entendis un bruit provenant sûrement de la cave, ce qui m'incita à resonner nerveusement. J'entendis des pas s'avançant vers moi, la porte s'ouvrit violemment et… ETAT DE CHOQUE… !! Eberluée, je dévisageais ce beau spécimen. Je le regardais de bas en haut, de haut en bas… quel canon ! Ses pieds à l'air étaient d'une perfection sans exemple, son beau jean le moulait parfaitement, son torse dépourvu de teeshirt, laissait apparaître des tablettes de chocolat travaillées de manière parfaite, son beau sourire qui me faisait planer, son beau regard qui révélait ses yeux d'un vert parfait, et ses cheveux longs d'un blond éblouissant…matière à tourner pour une pub de shampooing. Aaaah… que de perfections !!! Rien qu'à la vue de ce beau chef-d'œuvre, je ne me souvenais plus de ce que j'étais venue faire ici. Il me réveilla brusquement de mon voyage au pays des rêves :
- Oh, oh ! Je peux t'aider ?
« Embrasse-moi et ça ira, pensai-je. »
- n … non…enfin si ... je suis bien là pour quelques choses…euh …Jessica ! C'est elle...que…je viens voir ! Elle est là ?!
- ben tu viens de la rater. Elle est allée faire des courses il y a 5minutes ! Rentres, installes-toi ! Elle devrait revenir dans une vingtaine de minutes.
- Non, pas la peine merci… je l'attendrais dehors !
- Euh … si ça t'amuse de t'asseoir sur le sol à moitié trempé, pour attendre Jessica qui risquerait de ne revenir que dans vingt minutes… c'est comme tu veux ! Je serai rentré à ta place, surtout que l'arroseur automatique se met en marche dans à peu près 2 minutes.
- ah …je préfère ne pas prendre le risque !
Je me décidai à rentrer, toute timide. Je montai ces trois marches, les yeux rivés sur ses cheveux brillants. Je faillis trébucher quand je me rééquilibrai à l'aide de la rampe. Je regardai s'il avait aperçu quelque chose. Non, il continuait son chemin vers le salon. C'était toujours la même maison, pourtant je l'apercevrais de manière différente. Depuis l'instant où j'ai vu ce mélange entre Brad Pitt et Jude Law, le fauteuil noir sur lequel Jessica et moi s'asseyions devant nos séries, avait changé de statut dans mes pensées ; il était devenu le fauteuil sur lequel s'allongeait cette belle musculature. Je découvrais cette maison une nouvelle fois, malgré le fait que j'y passais mon temps. Je remarquais que cette spacieuse salle à manger était particulièrement lumineuse. Aussi, je n'avais pas observé auparavant cette statut si représentatif de l'homme préhistorique. Et puis ce pot de belles roses blanches, posé à quelques centimètres de la télévision, c'était bien joli. Mais je me demandais tout de même qui était-il. Un si bel homme chez Jessica, elle m'en aurait parlé ! Je ne l'avais jamais vu pourtant il avait l'air de vivre comme chez lui. Je tournais mon visage et me demandai : Peut -être est-ce lui ? dis-je en observant une photo de famille toute poussiéreuse, sur la cheminée. Je ne l'avais pourtant jamais remarquée, cette photo.
- écoute, je me demandais … est-ce que tu t'appelles Stan ?, dis-je pour entamer la discussion.
- Ouais Stan Bing, c'est moi. Je te connais ?
- Non, non, c'est Jessica qui m'a parlé de toi ! Enfin elle m'a parlé de son demi-frère. Et puis comme tu t'appelles Stan et que tu es sur la photo de famille, je me suis dit que ce pourrait être toi …
- Quelle bonne observatrice !
- Merci, c'est gentil, réponds-je machinalement, assez fière de moi.
- Oui donc, c'est bien moi, le fils de son père.
- Euh … salut ! moi j'suis sa meilleure amie, sa confidente, sa pote, enfin tout ce que tu veux ! je me demandais juste pourquoi j'avais jamais vu cette photo sur la cheminée, pourtant j'suis plus souvent chez elle que chez moi !
- Oui c'est normal, j'étais justement en train d'ouvrir un carton de vieilles photos !
- Ah …ben puisque je suis là, dis-je en haussant les épaules. Je me dévoue…tu veux de l'aide ?
- Je veux bien … !

Je le suivis dans la cave pour embarquer un nouveau carton. Il le souleva d'une force vertigineuse, le porta à son épaule et le fit monter au salon. La quelque vingtaine de marches ne le fatiguèrent pas. Moi-même qui n'avait aucune cargaison, je fût essoufflée quelle impressionnante performance !

Histoire publiée le 14/10/2007 à 13h18.
Thèmes : Amour, Peine, Trahison, Tristesse...

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