Les cendres du Phoenix Part II
Le lendemain matin, Belen franchit la porte de son cours de TD d'histoire au 18e siècle, avec 10 minutes de retard.
Belen : Désolée m'sieur.
Un sourire de la part de son professeur lui indiqua qu'il n'en n'était rien. La jeune fille se promit intérieurement de continuer à se battre pour maintenir son niveau de tète de groupe, ce qui lui procurerait, comme elle venait de le prouver à l'instant, certain avantages.
Alors qu'elle s'assit comme à l'accoutumée au fond de la salle, aux cotés d'Elena, une tête brune à sa droite lui envoya un discret sourire.
Belen (murmurant) : Breaden …
Elena : Quoi ?
Belen : Qu'est ce qu'il fait la ce con ?
Elena : Il a changé de groupe. Maintenant il est avec nous. Génial non ?
Belen : Gé-nial.
Mr Slyr : Melles au fond ! Si vous vouliez bien écoutez, j'aimerai vous faire part du projet et des groupes de travaux pour le second semestre.
Résolues au silence, les 2 jeunes filles cessèrent leur discussions. Pourtant Belen ne cessait de sentir à sa droite le regard insistant de Breaden, qui n'en démordait pas.
Mr Slyr : Pour le 2nd semestre, vous aurez à rendre un projet en commun, sur un thème que j'aurai préalablement défini. Vous serez par groupe de trois mais la note sera individuelle.
Elena : On peut choisir notre groupe ?
Mr Slyr : Non Melle. J'aimerai faire des groupes homogènes et mettre certains bons élèves avec d'autres plus en difficulté. Cela ne pourra que les aider.
Belen ( tout bas ) : Et merde.
Mr Slyr : Melle Elena vous serez avec Melle Manon et Mr Cliven
Elena ( dans l'oreille de son amie ) : Je ne supportes pas cette fille ! Alors travaillez un semestre avec elle !
Mr Slyr : Un problème ?
Elena : Je suppose Mr que les groupes sont définitifs et que cela ne sert à rien d'insister, que vous ne reviendrez pas sur votre décision ?
Mr Slyr : Tout juste. Quand à vous Melle Belen, vous serez avec Mr Breaden, à votre droite. C'est un nouveau venu et vous êtes ma meilleure élève, il ne pouvait en être autrement.
Belen : Quoi ? Mais ..
Mr Slyr : Vous serez aussi avec Mr .. ( cherchant un nom dans ses fiches ) Ah ! Encore un nouveau, mais aux abonnés absent . Mr Noah Artagen.
Belen ( tout bas ) : C'est pas vrai …
Mr Slyr : Un problème ?
Belen : Ai-je vraiment le choix ?
Mr Slyr : Absolument pas.
La jeune fille passa le plus clair du reste du cour à marmonner, répétant inlassablement les mêmes mots, avec une préférence nette pour « putain » et « bordel de merde », sans daigner prendre une seule note.
A ses cotés Elena, qui avait décroché du cours depuis un bon moment, s'amusa de la réaction de son amie et occupa son temps à aligner des bâtons sur une feuille, qu'elle tendit à la fin du cours à son amie.
Belen ( prenant la feuille dans ses mains ) : C'est quoi ça ?
Elena : Quand tu marmonnais tout à l'heure. A chaque fois que tu prononçais le mot « Breaden » j'ai tracé un trait. Y'en a 74.
Belen : T'as vraiment des passes temps tordus.
Elena : Oses me dire que t'es pas du tout obnubilé par ce mec la.
Belen : Je ne le suis pas !
Elena : D'accord. Alors je les sors d'ou les 74 « Breaden » ?
Breaden : On parle de moi ?
Belen : C'est pas vrai …
La jeune fille attrapa son sac et décida de les laisser seuls. Après tout c'était son amie qui le trouvait attirant, pas elle. C'était Elena qui rêvait d'une conversation en tête à tête avec le jeune homme, pas elle.
Belen ( pensant ) : Et pourtant c'est moi qui vais me le coltiner tout le semestre …
Perdue dans ses pensées la jeune fille ne remarqua même pas qu'elle s'était arretté en plein milieu des escaliers, et qu'un jeune homme brun, les cheveux en batailles, la fixait ardemment.
Breaden : Tu crois sincèrement que tu vas pouvoir m'éviter tout le semestre ?
Belen ( reprenant ses esprits ) : On prend les paris ?
Le jeune homme grimpa d'une marche, réduisant d'un peu plus la distance entre leur 2 corps.
Et Belen recula d'une marche à son tour.
Ce petit jeu dura jusqu'à ce qu'elle soit forcée de s'appuyer contre le mur, faute de marche.
Le jeune homme marchait vers elle, d'une démarche féline, et d'un regard qui ne trahissait nullement la moindre de ses pensées.
Il s'approcha d'elle, posant son visage à quelques centimètres du sien.
Breaden : Et si tu perds ? J'ai quoi en échange ?
La jeune fille ne répondit rien. Ses yeux vagabondaient de part et d'autres. Cherchant une échappatoire. Derrière le jeune homme, elle vit un groupe de filles lui lancer des regards haineux qui en disaient long sur leur jalousie de part la proximité des 2 jeunes gens.
Belen : Paris stupide.
Breaden : Je n'ai fais que te suivre. C'était pas mon idée.
Belen ( pensant ) : Pas con .
Breaden posa ses mains contre le mur, de part et d'autre de la tête de la jeune fille, réduisant au maximum la distance entre leurs visages.
Breaden : Et si je t'embrassais ..
Belen : Essais et je te jure que je te laisse te démerder pour l'exposé. La note est individuelle, rappelle toi.
Breaden : Qui a dit que j'avais besoin de toi ?
Belen : C'est ce que je voulais entendre. T'es capable de te démerder seul, alors fous moi la paix.
Le jeune homme fut forcé de reconnaître qu'elle n'avait pas tort et qu'il s'était laissé piégé par ses propres mots.
Résolu, il retira ses bras, et recula de quelques pas. Belen profita de son éloignement pour le contourner et profiter de cet échappatoire.
Breaden : J'ai toujours ce que tu veux.
Belen : J'en doute pas. Mais je sais ce que tu voulais. Profites, ( en montrant le groupe de jeunes filles au dessus d'eux ) y'a les Pussy Cat Dolls qui t'attendent.
Ramenant son sac en bandoulière sur son épaule, elle dévala quatre à quatre les marches des escaliers. Fuir le plus loin de lui possible.
Pourtant, ne sachant ce qui la prenait, elle s'arretta un étage en dessous du jeune homme, se cacha, et passa discrètement sa tête dans l'escalier, voir si elle avait eu raison.
Adossé contre le mur, Breaden souriait béatement, puis confirmant les idées de Belen, il grimpa les escaliers pour rejoindre le groupe de jeunes filles.
Belen : Quel con !
Elena : Parce qu'il t'a pas embrassé ?
Belen ( se retournant ) : D'ou tu viens ?
Elena : Hey j'ai pas quitté votre scène des yeux ! Pour quelqu'un qui se disait pas attirée par lui je t'ai pas vu le repousser à coup de griffes.
Belen : T'as vu comment il est musclé ? Jamais j'au-
Elena : Tu vois qu'il te plaît !
Belen : C'est pas parce que je dis qu'il est musclé que forcément j'vais me marier avec Elena !
Elena : Ca te déplairai pas.
Belen : J'suis contre les mariages.
Elena ( levant les yeux au ciel ) : Ah oui c'est vrai j'avais oublié avec toi ; pas de mariage, pas de gosses. Pas d'amis aussi ? Si je te fais chier tu me le dis hein ?
Belen ( souriant ) : Promis.
Elena : Hey ou tu vas ?
Belen ( prenant son sac ) : J'te rappelles que j'ai un autre « partenaire » et qu'il est hors de question que je foire mon exposé car il est jamais la. Donc je vais le trouver.
Elena : Fais gaffe avec lui. Tu sais pas comment il est. Il est pas net.
Belen : Comment ça il est pas net ?
Elena : Je sais pas. Il m'inspire pas.
Belen : A part Breaden y'a pas grand chose qui t'inspires.
Elena : Je ..
Belen : On se retrouve à midi au resto U. A tout à l'heure.
La jeune fille dévala de nouveau les escaliers, atterrit dans le hall d'entrée, et commença à chercher ou pouvait bien être le jeune homme prénommé Noah.
Malheureusement dans la foule alentour, elle ne l'apercut pas.
Elle le chercha pendant encore 20 minutes, lorsque, résolue a rejoindre son amie à la cafétéria avec un peu d'avance, elle le vit, au dehors, près du parking, adossé nonchalamment contre une voiture, tirant sur sa cigarette.
Il fallait l'avouer, il était impressionnant, et terrifiant à la fois. Belen inspira un bon coup, compta jusqu'à 3, partit à 25, et se dirigea vers lui.
Lorsqu'il la vit arriver, le jeune homme n'esquissa aucun mouvement.
Belen ( se postant devant lui ) : Salut.
Noah ne lui accorda aucune réponse. Il se contentait de la regarder avec une expression proche de l'ennui.
La jeune fille elle, ne pouvait s'empecher de remarquer qu'il était extrêmement beau garçon.
« Comme Breaden » pensa t'elle.
Belen ( pensant ) : Merde Belen ! Arrête de penser à cet abruti.
Noah était grand et musclé. Il avait un teint pale et des yeux extrêmement verts, qui rivalisaient avec ceux de Belen. Il avait des cheveux noirs comme l'ébene, lisse et long, qui lui tombaient par mèches devant le visage pour les plus courtes, s'arettant un peu en dessous du menton pour les plus longues.
Belen ( devant son inactivité ) : Je vois. Inutile que je te demande de t'excuser pour hier de m'etre rentré dedans, c'est sûrement pas la peine. En revanche t'étais pas en TD du XVIIIe ce matin. Oui, on est dans le même cours ( ajouta t-elle devant le regard interrogatif du jeune homme ). Et pour ton information, pour le deuxième semestre on est réparti en groupes pour faire un exposé. Les sujets seront donnés la semaine prochaine. Mais pour info toi, moi, et un autre gars on est dans le même groupe. Et j'ai pas l'intention de foirer ma note pour un con et un autre qui en a rien a foutre. Donc t'as plutôt intérêt à être la la semaine prochaine.
Elle avait débité son texte à une vitesse ahurissante, plus occupée a essayer de se détacher de l'emprise du regard du jeune homme, insistant sur elle.
Noah jeta sa cigarette à terre et redescendit une des manches de son tee-shirt. Belen fut étonnée qu'il soit si peu vêtu. Un pantalon noir, un tee-shirt a manches longues de la même couleur, et c'était tout, en plein hiver.
Noah : C'est bon ? T'as finis ?
Belen : Quoi ? Que ..
Noah : Autre chose ?
Belen : C'est tout ce que ça te fait ?
Le jeune homme haussa un sourcil et s'adossa un peu plus contre sa voiture. Belen remarqua tout de suite que c'était le genre de personnes à qui il fallait un sacré boulot pour leur arracher un sourire, et que de toute évidence, rire, il connaissait pas. Comme elle, remarqua t-elle.
Noah : Tu veux quoi ? Des applaudissements ? Je reconnais qu'il a du te falloir un sacré courage pour oser venir me parler.
Belen : Tu n'es absolument pas intimidant.
Sans qu'elle puisse l'éviter, Noah lui attrapa le bras et la fit basculer contre sa voiture, se colla contre elle, et s'approcha à deux centimètres de son visage.
Noah : Tu es sure ?
Le cœur de la jeune fille s'emballa dans sa poitrine de peur. Elle avait beau essayé de paraître constamment forte aux yeux des autres, la forte pression de la main de Noah sur son bras, son souffle contre son visage, lui fit perdre tous ses moyens.
Le jeune homme s'amusa de sa réaction, complètement paniquée, comme toutes les autres.
Il lui relâcha le bras et s'écarta d'elle.
Noah : Dégages de ma voiture.
Sans oser lui tenir tête de nouveau, Belen ramassa son sac en vitesse et couru le plus loin possible du jeune homme.
Histoire publiée le 31/12/2007 à 01h00.
Thèmes : Amitié, Amour
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