Lettre à Darling, fatigue et lassitude
Darling, ma sœur, elle était si belle, si belle ce soir... Une vraie femme. Elle allait à un bal et elle était magnifique. On aurait eu du mal à croire que je sois sa sœur. Elle est grande, elle a de jolies formes, elle a de longs cheveux, elle est adorable, avec ses airs sur de soi qui cache le fait qu'elle ne l'est pas vraiment, mais ça, on ne le sait qu'en la connaissant bien.
Moi, je ne suis pas très grande et les formes, bah, elles ne sont pas toujours là où il faut. Mes cheveux, c'est une vraie calamité parfois, et puis, je ne ressemble pas à une "femme". Plus à une petite fille. Elle était magique, ma sœur, ce soir. Je suis fière qu'elle soit ma fausse-jumelle.
Mais parlons d'un sujet plus sérieux, Darling. Le fait que je t'aime (et oui, l'histoire éternelle" comme tu as dit une fois). C'est assez difficile à porter, cet amour, depuis que tu ne me parles plus. Et maintenant que tu ne te fâches même plus et que tu m'oublies peut-être, c'est pire. Cela donne mal à la tête à force d'y penser. Marie m'a dit que j'étais un peu idiote quand même. C'est vrai. Et puis, c'était idiot de dire que je t'aime parce que si je ne te l'avais pas dit, peut-être qu'on se parlerait encore et que rien de désagréable ne serait arrivé. Quand je t'ai dit que j'avais été idiote de te le dire, tu avais répondu que je n'étais pas idiote, que j'étais juste sincère.
99,9 pour cent des gens que je connais m'ont dit au moins une fois que j'étais idiote. Vue mon attitude, ils n'ont pas tort. C'est vrai quoi, "arrête de t'attacher à ce qui t'a fait de la peine." "Abandonne, tourne la page". Cela fait un an et quatre jours que je te connais et cela fait huit mois et demi qu'on me répète ça.
Finalement, je devrais probablement suivre ces conseils un jour ou l'autre puisque tu n'as pas l'air de vouloir me reparler ou me pardonner.
Donc, j'ai décidé quelque chose. Jeudi, si tu ne t'es toujours pas manifesté d'une manière explicite, et quand je dis explicite, c'est vraiment explicite (exemple, laisser un mot ou deux en français sur ton blog, écrire "oui" si tu veux que je parte ou "non" si tu ne sais pas ce que tu veux.), si tu ne t'es toujours pas manifesté, alors, je me déciderai à ne plus me retourner sur ton souvenir et sur tout l'amour que je t'ai porté. Je l'enfermerai dans un coin à double tour et je l'enterrerai dans une boîte au fond du jardin samedi soir.
Sur DA, tu dis que tu ne détestes personne. Soit tu mens sur DA, soit tu mens sur ton blog. Mais tu mens forcément quelque part puisque sur ton blog tu as écrit que tu me détestes. Tu dis que tu n'as jamais souhaité la mort de quelqu'un, pourtant, tu as déjà écrit sur ton blog que tu voudrais bien pousser au suicide certains cas humains de ta vie. Cela dit, ça, tu l'as surement écrit pour rire, donc, on passera cela sous silence.
Mais tu te contredis. Soit tu me détestes et donc tu détestes quelqu'un, soit tu ne me détestes pas et donc tu ne détestes personne. Mais tu ne peux pas les deux à la fois. C'est ce qu'a conclu Descartes dans le Discours de la Méthode. Une chose ne peut pas être à la fois elle-même et son contraire.
Bye bye.
P.S : Je suis fatiguée Darling. Vraiment fatiguée. Je peux bien t'aimer pour toute la vie, mais je ne peux pas vivre de ta haine ou de silence. Darling, tu vois, moi, je suis une personne. Pas un jouet. J'ai fait des trucs dont je ne suis pas fière dans ma vie, j'ai été cruelle, mais j'ai toujours compris avant qu'il ne soit trop tard pour réparer et regretter ou perdre ceux que j'aime, voir même, me perdre moi-même. La chose que je chéris par dessus tout, c'est la liberté. Je déteste donner ce qu'on exige de moi, mais je donne volontiers ce qu'on demande sans exigences, je déteste capituler. Mais j'aime vivre et j'aime rire. Pleurer aussi parce que ça fait grandir, mais, Darling, je suis libre de partir ou de rester si j'en ai envie. Et en ce moment, il se passe tant de choses intéressantes, il y a tant de gens géniaux à connaitre, je ne peux pas tourner le dos à tout cela, alors, j'ai envie d'avancer. Tu peux ne jamais donner de réponse aux questions que je t'ai posé tout au long de ce blog et dans les lettres qui t'étaient adressées et que Emma t'as transmises. Lettres effacé de ce blog, en tous cas pour celle que tu as lu avec certitude.
Cela ne sert probablement à rien d'écrire ici, il n'y a aucune garantie que tu lises ces mots, que tu te souviennes de tout, qu'un fantôme vienne te voir pour te parler, ou autre. Il est encore plus inutile d'espérer un revirement de tes sentiments, une réponse ou une manifestation quelconque, mais tu vois, je suis une idiote, et Emma disait, le soir du 24 décembre où tu as lu la première lettre qu'elle t'a transmise et dont j'espérais stupidement qu'elle provoquerait un changement. Emma m'a dit, quand je lui ai dit que j'y avais cru jusqu'au bout : "tu n'es pas idiote, tu es naïve et on ne peut pas t'en vouloir pour ça." Eh bien, j'y aurai cru jusqu'à la fin, avec cet entêtement qui est le mien.
Darling, je t'aime, tu vois, mais si je n'existe pas pour toi, j'ai suffisamment d'intelligence pour avancer et enfermer cet amour que je te porte et qui restera envers et contre tout. Toi, tu t'accroches aux sentiments que tu as eu pour Bloempje, tu t'accroches au souvenir de votre bonheur ensemble, tu l'as aimé à en pleurer, tu as pleuré encore quand vous vous êtes séparés "à cause de la distance et d'autres choses", tu m'as dit. Darling, Bloempje, si tu l'aimes toujours, dis-lui et fait le lui comprendre explicitement, rabaisse un peu ta fierté pour une fois, et va le voir. Sinon, toute ta vie, tu vas passer à côté des choses qui sont vraiment importantes pour toi, tu le regretteras, tu ne le reconnaitras jamais parce que ta fierté ne te le permet pas et tu détruiras tout ce qui risque de menacer ton amour pour Bloempje, amour auquel tu te raccroches comme à une bouée que tu n'oses pas lâcher de peur de voir ce qui va arriver.
Mais Darling, je ne sais pas si tu te rends compte qu'en faisant ça, tu t'enfermes. En plus, tu blesses des gens qui t'aiment. Darling, essaye de lâcher une main de cette bouée pour voir les autres qui se tendent vers toi, regarde vraiment les amis qui t'entourent, rend toi compte de ceux qui sont sincères et des autres. Darling, c'est inutile de prendre sur toi un poids que tu n'arrives plus à porter tout seul. D'accord, tu es heureux d'être célibataire, moi aussi d'ailleurs, puisque tu as l'amour que tu portes à Bloempje pour te tenir compagnie. Moi, j'ai ma liberté et l'amour que je te porte. Mais la différence entre toi et moi Darling, c'est que je ne blesserai plus les gens par inconscience ou parce que je me raccroche à un amour solitaire.
Voilà. Je ne réécrirai pas ici avant jeudi soir. Avant que je ne me sois décidée. Car, pour tirer un trait sur un amour aussi fort, il faut bien cinq jours au moins pour s'y résoudre.
Histoire publiée le 01/02/2010 à 20h27.
Thèmes : Amour, Résignation, Solitude
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