Lettre au vide, un dernier au revoir 2/2
En fait, c'était comme je l'avais déjà mentionné, quelques mois avant votre "découverte". Non, ce n'est pas l'adolescence ou je ne sais quoi. Ça c'était une coïncidence. Ne collez pas toujours la faute sur l'adolescence, c'est une simple période de vie. Et pour moi, c'était complètement différent. Ce jour là, j'avais subit le pire. Oui c'est ça, dites vous encore que je ne fais que jouer à la victime. Qu'est ce que vous en savez vous ? Rien, rien du tout...
Il m'avait salie, mais vous n'y voyiez rien. J'étais anéantie à jamais, mais mon petit sourire hypocrite vous l'aviez cru. Même si plusieurs fois, pendant un flash back, des petites larmes coulaient silencieusement, vous ne distinguiez rien. On m'avait toujours dit que les parents étaient ceux qui connaissaient leur enfant le mieux. Mais pourtant, moi vous ne me connaissiez pas. Depuis, ma vie tenait sur un simple fil capable de se briser à n'importe quel moment. Il avait fait une exploration de tout mon corps, j'étais détruite à jamais, et vous n'avez même pas cherché à savoir comment votre fille allait. Il m'avait volé mon bonheur, il m'avait pénétrée sans pitié, et vous n'avez jamais rien fait. Vous ne saviez même pas que j'existais.
Alors là, le nombre de tentatives de suicide était... innombrable.
Les jours se succédaient, la vie demeurait, je me sentais de plus en plus mal, pourtant j'existais toujours. Quelque peu plus tard, je commençais à diminuer la quantité de substances illicites que je consommais, jusqu'à totalement les supprimer, j'ai tout arrêté, je ne fumais plus, je ne me droguais plus, je ne buvais plus, je ne faisais plus que me mutiler, un peu mortellement, mais c'était tout. Pour moi, c'était déjà un grand pas, en une année seulement j'avais presque vaincu ce qui me rongeait. Enfin, presque... Et puis comme j'étais toute seule à devoir m'en sortir, j'allais toujours mal, c'est vrai. Mais je m'étais quand même privée de plusieurs choses, surtout après une dizaine d'overdoses. Là aussi je ne vous comprenais pas, vous m'aviez transportée à l'hôpital, c'est vous qui m'aviez guérie. Mais vous ne vous étiez pas rendue compte que je m'étais droguée. Sauf quand le médecin vous l'avait dit, bien sur. Là, des coups violents m'enveloppèrent. J'avais tellement peur de me faire battre encore plus fort que je vous ai dit que je ne savais pas ce que c'était, je n'avais fait que m'acheter un bonbon de chez le marchand près du collège. Naïvement, vous m'avez crue, avec vos regards méprisants.
Puis, petit à petit, quelque chose faisait dévier gravement le chemin que je prenais. J'entendais des voix, je voyais des choses que personne ne voyait. Je m'affolais. Cela m'arrivait depuis "le jour", mais ça s'aggravait de plus en plus. J'étouffais de peur. Quelques fois même je poussais des hurlements déchirants tard la nuit. Mais vous n'entendiez rien. Plusieurs fois, la porte avait disparu. Plusieurs fois, quelqu'un voulait m'étouffer. Plusieurs fois, les murs laissaient place à un sol lisse et plat qui brillait. Plusieurs fois plusieurs choses se passaient. Vous n'avez jamais entendu mes cris horrifiés. Si, une fois vous m'avez entendue. Enfin, ma maman. Tu t'es précipitée dans ma chambre et tu m'as demandée ce qu'il y avait. Je t'ai dit qu'il y avait une ombre, une ombre qui respirait. J'entendais des pas, des souffles, je ressentais une présence, la présence de quelqu'un qui avait crié. Ça voulait m'étouffer. Ça criait fort, très fort. Tu m'as dit que ce n'était qu'un rêve, que je devais me rendormir. Puis tu as quitté ma chambre. Je savais que ce n'était pas le cas.
En dehors des nuits, il y avait les jours. Logique. Mais mes jours à moi étaient aussi sombres qu'un ciel d'ébène, qu'un ciel le soir. Mais ça ne vaut pas vraiment la peine d'être développé, ce n'est pas quelque chose d'important. En fait rien n'est important. Rien ne vaut la peine d'être raconté. Je vous l'avais dit, vous auriez du arrêter de lire tout à l'heure.
Maintenant j'arrête de parler, ça ne sert pas à grand chose de continuer. Il ne me reste plus qu'à imprimer et je m'en irai.
Pour conclure, je voudrais simplement vous dire que je vous aime fort. Oui, j'ai donné une image très péjorative de vous tout au long de mon écrit. J'en suis désolée, j'aurais du mentionner aussi que sans vous je n'aurais jamais gouté à la vie (oui, car il y avait quand même quelques bons moments). Je me souviens encore de notre merveilleux séjour à Orlando. C'était vraiment féerique. Tous ces parcs d'attraction. Tous les parcs Disney : Epcot, Animal Kingdom, Hollywood studio, Magic Kingdom, Blizzar Beach, Typhoon Lagoon. Et puis Adventure Island et Universal Studio et plein d'autres sublimes choses. Toutes ces montagnes russes que j'ai essayé avec toi papa. Tous ces magnifiques délires avec vous. Et maman et ma petite sœur qui avaient trop peur de monter. C'était magique. Les gratte-ciel, tout était extraordinaire, vraiment.
Mais vous savez, les belles choses ne durent jamais assez longtemps. Rien qu'en me repassant en mémoire ces belles expériences, les larmes de regret traversent mes petites joues.
Là, je ne peux expliquer pourquoi, je ne peux pas, j'en suis sincèrement navrée, je vous demande de me pardonner. Je dois vraiment m'en aller, loin de là.
Je vous aime vraiment beaucoup, du fin fond de mon cœur... Je ne vous oublierai jamais. Je vous aime tous, je vous aime plus que tout... Je vous en prie, excusez moi...
Histoire publiée le 17/06/2010 à 16h52.
Thèmes : Adieu, Douleur, Larmes, Lettre, Mal, Pleurs, Souffrance, Souvenirs, Suicide, Vie
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Par angelll le 23/06/2010 à 11h54
You raise me up... <3
Woahhhh!

Magnifique
+5
Par anouchka19 le 17/06/2010 à 20h14
Au milieu des vipères, et combats de scorpions..."
Ya rien à ajouter!
+5
Par fophy le 17/06/2010 à 18h33
Un don pour s'attarder sur les mauvaises personnes
+5 encore et toujours... !
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