Mais le moi est haïssable...
Je... Je ne sais par où commencer. J'ignore totalement où je suis, et j'ignore ce que cette lueur fantomatique fait devant moi. Ils m'ont enfermée ici depuis plus d'une centaine de siècles. Le temps s'est arrêté. Je n'en suis pas réellement certaine. Mes histoires sont de plus en plus ennuyeuses, je le sais et je le comprends tout à fait. Ce ne sont pas des histoires, ce sont mes pensées, c'est différent. Je n'ai pas à écrire ça maintenant mais il le faut. Ma tête est emplie d'implacables idées, des idées sanglantes, je ne tiens plus en équilibre. Les promesses que je lui avais faite ne tiennent plus. Il ne s'intéresse même pas à moi. Depuis exactement cinq semaine j'attends impatiemment un "ça va?" mais rien, rien du tout, il n y en a entre aucune ligne; il ne fait que me hurler dessus à travers ses mots tranchants. Je ne veux pas parler de lui maintenant... En fait si, mais non. Je ne sais pas. Je prends le risque, mais ne lisez pas (ne me demandez pas pourquoi, je l'ignore, et en plus ce n'est qu'une perte d'un temps précieux). Finalement, je ne prends pas le risque. Je n'en ai pas envie. Et je n'ai même pas envie de continuer d'écrire. Je suis fatiguée. Mes membres sont en cendres. J'ai envie de m'allonger et me laisser bercer par l'ivresse des rêves. La lueur fantomatique que j'aperçois devant moi n'est que mon propre reflet sur la glace illuminée par l'éclat d'une seule bougie. Mon regard est transpercé d'une lame invisible. Je suis vide. Je suis morte. Un véritable zombie se tient là.
- Fermes les yeux...
Mes paupières s'alourdissent, mes pupilles se dilatent, je vais bien. Je me sens étrange. Je me sens hors de mon corps. Mais, non... Je me sens réellement mal. Il y a lui, et puis l'autre, et puis eux, et puis les autres, et puis moi, et...
- Calme toi, je suis là moi, oublie les, oublie tout, ne leur dit rien, ignore les, ouvre toi à moi, je suis là pour toi, toi seulement
Ma gorge se noue, mon cœur se resserre, je veux mourir, je veux m'enterrer, je veux disparaître
- Sèches tes larmes, ils n'en valent pas la peine... Je sais que tu pourras tenir le coup jusqu'à la fin, je serais là pour te soutenir...
Plus aucune promesse ne sera tenue. Qu'il fasse ce qu'il veut après. Il m'a déjà abandonnée alors que je me déchirais en deux, il ne peut m'abandonner plus que ça. Je ne résisterais pas pour lui.
- Regarde moi...
Mes paupières s'ouvrent. Je la regarde. Moi. Mon reflet. Une seringue à la main. Mes bras sont en sang. Mes yeux en larmes. Je meurs. Je saigne. J'ai de la rage dans mon sang, de la mélancolie dans ma rage, du sang dans ma mélancolie. Le "il" de tout à l'heure n'en est pas la "cause". Les autres non plus.
C'est vraiment stupide de me parler à travers un miroir, puis de l'encre, puis une feuille. Mais comprenez le, moi je me console, moi je me connais, moi je me comprends...
Mais le moi est haïssable. Un philosophe lui-même l'a dit, je ne connais pas vraiment son nom, faute dune mémoire défaillante...
Histoire publiée le 05/08/2010 à 17h30.
Thèmes : Désespoir, Détresse, Mal-être, Malheur, Moi, Pleurs, Tristesse, Vide, Vie
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Par loudanette le 13/08/2010 à 01h05
Ceux qui ont peur de la mort sont ceux qui ont peu
C'est vraiment bien
Par joe-evasion le 10/08/2010 à 20h31
A chaque pas son mot...
Super beau
*5
Par andrea1 le 09/08/2010 à 02h34
Jusqu'à hier.
J'aime...
Par candiies le 08/08/2010 à 19h09
Quant il a dit que le moi était haïssable, c'était dans le sens où l'on ne pensait qu'à soi en méprisant les autres, un genre d'égoïsme où l'on passe toujours avant tout.
Ce n'était pas pour dire qu'il ne fallait pas penser à soi.
Par fophy le 08/08/2010 à 14h57
Un don pour s'attarder sur les mauvaises personnes
magnifique, comme toujours...
Par angelll le 08/08/2010 à 11h25
You raise me up... <3
C'est....

J'ai même pas de mots pour exprimer comme c'est magnifique!
+5
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