Métropolitain - Ligne 1
L'escalator m'entraîne dans un autre univers. Peu à peu, je m'enfonce sous terre. Passage du ticket. Couloirs couverts de carreaux blancs. Lumière électrique. Recoins mal éclairés. Un sans-abri fait la manche. Quelques personnes avancent en se dépêchant. Le quai. Une minute d'attente. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. Quelqu'un court. Trop tard. Les portes se referment déjà. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. Mémé tire son caddie plein. Elle doit rentrer chez elle après être allée au marché. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. On vient s'asseoir en face de moi. Une jeune fille, les écouteurs dans les oreilles. On démarre. Tout disparaît, sauf une jeune fille assise en face de moi.
Lumière. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. Un homme, seul, sur le quai, téléphone. Bien habillé. Sûrement un homme d'affaires. On démarre. Tout disparaît, sauf la jeune fille assise en face de moi.
Lumière. La jeune fille assise en face de moi enlève ses écouteurs. Elle se lève. Grincement. La jeune fille descend, quelques personnes montent. Sur le quai, elle retrouve son copain. Ils s'embrassent. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Foule anonyme entassée sur le quai. Beaucoup de personnes descendent, énormément veulent monter. On se pousse. Les portes tentent de se fermer. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Station déserte. Deux personnes descendent. Ils partent dans des directions opposées, chacun vers son escalier. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Je me lève et me fraye un chemin vers la porte. Grincement. On a déjà pris ma place. Comme beaucoup d'autres personnes, je descends. Je ne regarde pas les autres monter. Petit couloir aux carreaux blancs noir de monde, quelques marches à monter. Patrouille de CRS. Long, très long tapis roulant. A nouveau un escalator, toujours plus profond. Nouveau quai noir de monde. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. J'attends le prochain. Il démarre. Il disparaît. Trois minutes d'attente. Grincement. Je monte. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. Un bruit lointain d'accordéon parvient à mes oreilles. Puis il s'arrête. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Vue sur la ville. Viaduc d'acier. En bas, des voitures coincées sur le boulevard. Un carrefour bloqué. Vue bouchée. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. Sur le quai, quelqu'un prend des photos de la verrière au dessus de notre tête. On démarre. La ville réapparaît.
Les quais. Un bateau est accosté. L'eau est sale. Un métro dans l'autre sens me cache la vue. Un tronc flotte à la surface. Au loin, le port. Flot de voitures dense sur les quais. Quelqu'un court après un bus. Une place arborée, déserte. Bâtiments en pierre, jolie architecture le long du boulevard. Vue bouchée. Grincement. Quelques personnes descendent, d'autres montent. Je profite d'une place qui vient de se libérer pour m'asseoir. On démarre. La ville réapparaît.
Forte descente. Le boulevard disparaît. Et puis lumière. Grincement. Quelques personnes descendent. Seuls sur le quai, deux hommes s'embrassent. Surpris par l'arrivée du métro, ils s'arrêtent brusquement et montent. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Quelques personnes descendent. Une jeune fille sur un banc du quai lève la tête de son bouquin, lève ses fesses de son siège, monte, repose ses fesses sur un siège, et rabaisse sa tête dans son bouquin. On démarre. Tout disparaît.
Lumière. Grincement. Terminus. Tout le monde descend. Couloir à carreaux blancs. Gens pressés. Escalator. Remontée vers la surface. Fin du voyage.
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La suite est disponible : Métropolitain - Ligne 2
Histoire publiée le 08/05/2008 à 12h17.
Thèmes : Gens, Metro, Quotidien, Routine, Ville, Voyage
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Par andrea1 le 11/07/2008 à 20h44
Les courtes phrases créent une ambiance lourde et très vite fatiguante, bref ça représente bien la routine désagréable de tout les jours.
Par misscupi22 le 16/05/2008 à 18h51
Trop de chocolat ne tue pas le chocolat.
Sympa. Les petites descriptions anodines de gens anodins : effet réussi.
J'trouve aussi que la répet de "grincement, gens qui montent, gens qui descendent" crée un certain malaise, une ambiance assez lourde. Bref c'était bien joué !
+5.
Par loubna75 le 14/05/2008 à 16h08
J'aime bien.

Ta façon d'écrire est originale, et ton histoire raconte la vie que des centaines de personnes vivent au quotidien...C'est tellement banal mais pourtant c'est notre vie, la routine.
+5
Par missangiedevilish le 08/05/2008 à 21h07
† Abandon, absence, mort...†
Hmm. Pas mal, bien qu'on ne comprenne qu'à moitié le résultat de l'histoire. Enfin, cette fiction est faite pour des personnes vivant en périphérie parisienne ou Paris même. Mais bon, l'histoire en soi même n'est vraiment pas mal du tout, puisque j'ai appréciée pour mettre un + 5.
Bye
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