Monologues dans un hôpital
Monologue 1
Annie, satanée mégère, c'est elle qui a prévenu tout le voisinage en me mettant dans de sales draps « L'hôpital recrute » qu'elle avait dit à ma mère. Et bien sûr, elle, comme je l'imagine, avait sauté sur l'occasion. Quoi de mieux pour sa fille ?
« Je serai si fière de toi! » qu'elle m'avait soufflé. Je la vois encore avec son sourire idiot et son air tellement enjoué à l'idée d'avoir une fille dans le médical. Elle s'est pourtant bien gardée, j'en suis persuadée, de m'avouer que cette mascarade était surtout un excellent moyen de se débarrasser de moi. Mais moi, oui moi, Lola, 25 ans, bonne à rien selon mes parents chez qui je vis toujours, je ne ressens pas le besoin de changer. Je suis très bien comme ça. A la maison, on me fait tous mes caprices et cela ne me coûte rien. Alors partir, pourquoi ? Un travail est inutile.
Surtout qu'ici, cet hôpital où je poirote pour cet entretien, je paris qu'ils n'ont aucun repos. Dans ces séries qui passent l'après-midi, ils courent sans cesse et ne dorment jamais. M'étonnerait pas que ce soit vrai. Hors de question que je subisse ça.
Et cette blouse blanche à vomir qu'ils ont tous, quel est l'affreux qui a décidé de cet uniforme ?? Ah non, jamais de la vie je ne porterai un truc pareil.
Elle m'a sacrément mise dans de beaux draps la vieille. Sales draps, beaux draps, draps d'hôpital !
Monologue 2
J'ai la tête qui me tourne. On s'acharne sur moi, c'est évident.
Je regrette de m'être autant goinfrée tout à l'heure. J'en avais tellement envie pourtant. Ces nausées sont ma punition j'imagine. Une de plus qui s'accumule à toutes celles que j'ai depuis le jour où cette chose est apparue en moi, dans mon ventre.
A un moment, je croyais pourtant être parvenue à l'accepter en tant qu'être humain. J'avais même réussi à trouver ça merveilleux. J'ai passé des nuits entières à m'imaginer ce que ce serait. Nous étions tous les trois dans le jardin, le poupon dormait tranquillement le pouce entre les lèvres pendant que nous deux discutions doucement. Ma main ne cessait de caresser la petite main fragile de l'enfant...
Je ne sais pas pourquoi j'ai changé aussi radicalement de point de vue. C'est lorsque ses pieds ont commencé par me torturer par leurs coups que j'ai compris que je n'étais pas faite pour ça. Je ne sais même pas me prendre en charge moi-même : je ne suis pas stable, ni mature, ni responsable, ni rien du tout. Je ne saurais jamais assumer ça tout seule.
Je vais remplir ce formulaire. Qu'est-ce que ça change mon nom ou X c'est la même chose.
Histoire publiée le 05/12/2010 à 11h31.
Thèmes : Enfant, Hopital, Monologue
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Par demolition-lovers le 10/05/2010 à 21h34
Oui, lylih c'est tout à fait cela, mon personnage a d'abord pensé à garder l'enfant puis elle a décidé de le faire naitre sous X
Par lylih le 09/05/2010 à 15h00
Etre ou ne pas être telle est la vie
Je crois que le deuxième monologue parle d'avortement ou d'adoption .
Superbe monologue
Par toutchi13 le 08/05/2010 à 20h13
Syndrome de la feuille blanche...
Super originale ! Même si je n'ai pas comprit le deuxième monologue...Ton personnage et très égoiste c'est ce qui le rend encore plus vivant ! Bravo !
Par the-dreamy-fairy le 08/05/2010 à 18h43
Paris magique <3
J'aime vraiment bien
L'idée est originale, et en plus, je veux faire médecine alors xD
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