Actualité Cinéma Photos Fonds d'écran Vidéos 3B Poèmes Histoires
Séries TV Musique Sondages Citations Blagues Jeux Blogs t'Chat Forums
Rechercher

Naturelle ballerine.

La clarté de ce soir-là était peu commune, la lumière était ambrée et comme suspendue, dans l'attente d'un quelconque mouvement, ou tout simplement posée là en paix à écouter le silence. Parce que la prairie, les feuillages et le ciel étaient silencieux, et le temps semblait couler comme du vent, comme un peu de vent au clapotis doux comme celui d'une source ou d'un murmure, pas vraiment un bruit. Un souffle.

Je m'assis sur le banc de bois dressé ici depuis si longtemps qu'il donnait l'impression d'être sorti de terre comme une plante, comme ce chêne aux membres imposants derrière lui. Il avait lui aussi ces allures bienveillantes et ce jeu de clair-obscur obsédant, dos au soleil décroissant. Le moment était magique.
De très loin me vinrent quelques premières notes de piano, d'abord éparses et indécises, puis enfin nettes. D'un même élan l'air sortit de sa torpeur: il se balança en tous sens et souleva la poussière endormie par tourbillons. J'étais là et je ne manquais rien de ce spectacle inattendu, envoûtant, grandiose; la lumière se fit plus blanche et le monde sembla soudain partagé en deux, l'ombre révélée par le jour et le jour mêlé à l'ombre, progressivement engloutie. Le piano se fit insistant, presque violent, l'on aurait cru la mélodie balayée voire étouffée par la vague d'Eole mais, des doigts invisibles tapaient avec vigueur et les cordent vibraient, n'avaient de cesse de vibrer. Et les feuilles mortes dansaient comme dans aucun ballet, virevoltant et tournoyant ensemble dans un accord parfait. C'était comme si l'impropable prenait vie, en passive spectatrice j'admirais ce déferlement féérique, cette fougueuse harmonie, et rien ne me venait à l'esprit que la folie de ce chaos, cette folie à se damner. Je restais là, fascinée.

Les minutes s'égrainèrent, des heures passèrent peut-être, et je réalisai que j'avais froid. La nuit avait coulé tout autour de moi comme de l'eau noire et légère, indétectable. J'émergeai de mon absence, rendue à la réalité par un profond contraste: le calme était revenu, aussi voluptueux que la nuit... pourtant! Pourtant le piano merveilleux ne s'était pas tu, j'entendais encore vaguement sa mélopée lointaine. Je m'endormis bercée par la complainte chaude et mélancolique, puis ce fut le silence.

Histoire publiée le 12/05/2008 à 01h16.
Thèmes : Danse, Musique, Nature, Tempête

Rappel : Ce contenu est protégé par le droit d'auteur. Toute reproduction, même partielle, est interdite sans le consentement de l'auteur.
Dernière visite aujourd'hui à 13h31

Dernière visite aujourd'hui à 13h31 Quandm-aime Dernière visite aujourd'hui à 13h31 - Voir ses histoires
 

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris
Envoyer à un ami
Envoyer à un ami
Attribuer une note
Note 1Note 2Note 3Note 4Note 5
Moyenne (7 votes)
Note 1Note 2Note 3Note 4Note 5

Commentaires

Avatar de chtitepops

Par chtitepops le 06/06/2008 à 21h48
Je garderais tes couleurs encrées dans mon cœur!

Pas mal!
J'aime bien, c'est poétique, doux, coulan, original... Ça change et c'est plaisant! Un joli texte! =)

Avatar de missangiedevilish

Par missangiedevilish le 15/05/2008 à 18h50
† Abandon, absence, mort...†

Magnifique ! J'aime beaucoup ton histoire, elle est vraiment très belle.

Avatar de lilnao13

Par lilnao13 le 14/05/2008 à 18h14
meilleure compétence? faire semblant.

C'est vraiment magnifique.

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire, inscrivez-vous gratuitement !